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Botnar à Hrafntinnusker

Rédigé le 01/07/2008 - Lu 3678 fois
Botnar à Hrafntinnusker - Trek du Laugavegurinn
Journée 3 : de Botnar à Hrafntinnusker

Réveil à six heures trente, lever à sept heures trente.

Le temps est superbe : ciel bleu marqué de quelques nuages. Ce matin je mange de tout mon saoul car je m'attends à une longue marche : un bouillon de pâte, une barre énergétique et un thé avec des biscuits pour bien démarrer la journée. Fort de cette énergie, la vaisselle nettoyée, les dents brossés, la tente séchée, le sac fait, je repars plein nord.

Le trajet débute par une montée légère, puis de grands plats sur lesquels s'étend de la caillasse grise que traverse le chemin de poussière. Les tons sont d'un gris pur. A l'inverse des paysages précédents, les tons relatifs aux lichens, mousses et scories ne colorent pas le sol bien que toujours présents sur les hauteurs des montagnes environnantes. Le chemin, très large, semble se diriger droit vers le majestueux Hattafelll. La beauté de ce petit pic tient en ses courbes parfaites couvertes de zébrures marrons et vertes violemment éclairées du soleil. Au final le chemin le contourne en se séparant en une route et un sentier. Ce dernier traverse un cours d'eau près duquel un campeur se réveille. Au loin, un groupe de trekkeurs accompagnés d'animaux de bât font une pause.


Le mont Hattafell sur fond de ciel bleu ... perfection minérale, immensité et pureté.

Après quelques autres montées, le drame : la batterie de mon appareil photographique est à plat. Comme par hasard, débute une succession de paysages superbes dont je ne pourrai témoigner à mon retour.

Devant moi plane une mer de sable sombre. De mon point de vue, elle est immense et d'une superficie non mesurable. Sur le moment, je sous-estime complètement le temps de traversée. En géologue imaginatif, je lui invente une histoire. Ce vaste plateau, entouré de montagnes, dut être un temps un large cratère, puis un lac dans lequel les glaciers, toujours présents sur un tiers de sa périphérie, s'écoulaient au printemps approchant. Le sol est sablonneux, d'un sable noir et dur : c'est un régal de naviguer dessus. La lumière du soleil est à la fois douce et glacée. Mon seul regret est de ne plus pouvoir prendre de photographies. J'apprends sur le tas.


L'heure de traversée sera longue et plaisante. En son centre, un pont enjambe une forte rivière dirigée depuis les langues des glaciers jusq'au plus bas de la vallée. Un homme est assoupi sur le pont de bois. Le sentier rejoint la route F210 par lequel passent bientôt trois jeeps. Puis un gué, à traverser. En face un trekkeur solitaire analyse le meilleur passage. Dès ce moment, je prends l'habitude de "regarder faire" avant de faire (comme le groupe d'allemands m'a regardé faire auparavant). Je m'assieds pour faire une pause figues et bananes séchées. Il se plante monumentalement, en mouillant ses chaussures de randonnée de l'intérieur ce qui lui présage de bonnes heures de nage pédestre. C'est un jeune italien qui garde le sourire en passant devant moi. Je traverse le gué en sandale. Puis un pont, et je sors de l'étendue sableuse pour atteindre le refuge Hvanngil au creux d'une vallée verdoyante.

Le refuge est propre, presque neuf mais le gardien est absent, ce qui est souvent le cas durant la journée. Après avoir enlevé mes chaussures, je cherche à l'intérieur une quelconque prise électrique. Que dalle bien sûr, malgré les quatre-vingt matelas rangés ici et là. Je ressors et reprends mon chemin.


L'herbe est courte et s'étend sur de vastes collines entre lesquelles coule parfois un cours d'eau. Le plus important est un gué à passer, encore une fois. Le couple en face choisit de mettre les sandales. Je scrute la rivière : vingt mètres plus haut, il me semble possible de traverser en chaussures de randonnée. Jouant à l'équilibriste des deux bâtons, je ne tarde pas trop sur les pierres car le courant passe fortement sur une hauteur de presque dix centimètres. Cela passe sans problème, avec une pointe de fierté il est vrai. Je remercie mes bâtons. Depuis mon premier trek en Ariège, ce sont mes meilleurs amis.

Au détour d'une descente, le lac Álftavatn apparaît. Le lieu est étonnant : sur ce terrain plat, le refuge Álftavatn offre une vue magnifique planté en face du lac. Mais le cadre semble en même temps misérable et dépressif, ambiance de films tel Bagdag Café, loin du monde en terre austère. Coupés du monde. Pourtant la route débouche sur le refuge : une jeep arrive tirant une énorme remorque de valises, denrées et équipements de toute sorte. Le conducteur est un "indigène français" : un émigré donc. Après m'être mis au courant des dernières nouvelles météo (c'est-à-dire incertaines à 2 heures près), je repars encore et encore vers le nord.

Le sentier suit son court, emportant mes pas sur un nouveau kilomètre. Une rivière barre le chemin : il s'agit d'un gué moyen. Certaines pierres s'alignent de travers, laissant supposer qu'il est possible de traverser sans mettre les sandales. Après avoir fait l'aval et l'amont de la rivière sur plusieurs dizaines de mètre, je me dis qu'il ne serait pas prudent de tenter le diable pour ce gué. En face, deux jeunes changent aussi de chaussures tandis que la troisième, une jeune fille du genre guerrière, scrute l'eau de ses yeux noirs. Je fais un petit signe pour dire "sans moi". Au final tout le monde traverse l'eau glaciale. L'expérience de faire trempette dans une eau tout droit fondue des glaciers est douloureuse pour les nerfs mais excellente pour la circulation. Après m'être séché les pieds, je les réchauffe bien vite dans mes chaussettes aux odeurs de fromage.

Soupir prévisible depuis longtemps : se dresse maintenant une forte montée, qu'il va falloir affronter. Celle-ci est digne d'un dénivelé alpestre : chaque montée en cache une autre et ne semble jamais finir. Ayant pointé mon GPS au gué, je mesurerai au final un dénivelé de trois cents mètres avec une pente à 30%. J'ai connu bien pire. La règle est de monter doucement, au rythme de la respiration et de la poussée des bâtons, en ne faisant aucune pause. En terme physique, le trek est accessible à condition de ne pas combiner sédentarité, cigarette, boisson et télévision (en particulier TF1). Il est aussi nécessaire d'être équipé pour jouer contre la météorologie, surtout en solitaire. Je ne suis pas encore arrivé en haut de la montée et parfois je me penche de coté ... sentant qu'une étape importante est en train de se dessiner. Avant de dépasser définitivement l'arête de Jökultungur, je pose mon sac à dos, me retourne et, tout en sortant le saucisson sec, porte mon regard sur la vallée d'Álftavatn .

La vue s'étend autour du lac et des vallées environnantes. Il y a quelque chose d'inhabituel dans ce que la nature nous propose depuis cette perspective. Que ce soit en profondeur ou en largeur, aucun autre paysage vu de ma vie n'a rivalisé en terme de dimension, si vastes étaient ces dimensions. Les nuances sont toujours du même vert pour les monts et du gris pour les plats que traversent des filets d'argent en guise de rivière. Mais ce ne sont ni les dimensions, ni les couleurs qui rendent ce paysage particulier. C'est un tout dans la simplicité, comme si la beauté s'était posée en nombre d'or dans le moindre de ses atomes et se révélait soudainement à un esprit réceptif par l'effort de montée. Du haut de mes trois cents mètres de dénivelé jusqu'à la dizaine de kilomètres cerclées de glacier s'étendant sous mon corps au coeur battant, la nature s'offre en Olympe à l'imaginaire. La lumière, malgré le ciel gris, rayonne au travers des nuages jusqu'en la terre soumise. L'ensemble ressemble à une planisphère idéale, sur laquelle un Dieu aurait agencé la perfection. J'aurais donné toutes mes précédentes photos pour pouvoir saisir celle-ci : une carte postale idéale que l'on souhaiterait figer dans un globe de neige pour les soirées d'hiver. Nous frôlons l'utopie. Maintenant, je comprends ce pourquoi j'ai entrepris ce trek. Je suis venu pour voir cela, et ne jamais oublier que cette terre sera toujours plus belle que tout ce que l'être humain peut inventer. Sur le moment,je me suis même juré de revenir, uniquement pour revoir CELA. Plus tard sur Internet, je voulus savoir si cette sensation m'était propre ou si cette vue avait réellement quelque chose d'unanimement particulier : les témoignages sont nombreux bien qu'aucun guide touristique ne le confirme. Mourir sans le voir est une erreur et ne pas le croire une hérésie. Les photographies et les textes ne peuvent le restituer. Je ne peux qu'évoquer mes impressions.

Avec regret, sangles du sac à dos ajustées au dos, je dépasse le sommet pour basculer dans un autre univers. Je ne verrai plus ni verdure, ni faune. Des monticules de terre claire marron dégagent des vapeurs soufrées. Je ne sais trop où donner de la tête d'autant que je suis seul à vivre cette expérience. Les vapeurs, poussées par le vent, créent une brume passagère en travers du chemin. Je passe tout en m'enivrant de la solide odeur d'oeuf pourri, tout à la fois excité et inquiet de devoir avancer dans un paysage lunaire mais encore actif. Les yeux ne piquent pas. Le sentier traverse à quelques mètres une fumerolle. Je réalise qu'autour, les couleurs sont extravagantes : je ne sais si ce sont des dépôts de minéraux, des lichens ou des espèces aliens qui donnent à la surface palpitante ces couleurs blanches et rouges, teintées de bleu et vert. De petites bulles explosent tout autour, me rappelant les coques de mer libérant leur sel à marée basse sur les plages de Normandie. Peureusement, je plante le bout de mon bâton dedans, imaginant par un effet papillon déclencher une éruption volcanique ... mais rien ne se passe : ni tremblement de terre, ni même un jet de gaz. Entre ces collines de souffre et ces vapeurs, il m'arrive de me perdre mais jamais très longtemps car l'inquiétant terrain me fait douter rapidement et revenir sur mes pas. Les collines se multiplient, en descente et en montée. Parfois le sentier se sépare en deux passage sur quelques mètres selon que les randonneurs soient intrépides ou prudents. Le plus important est de garder en vue le prochain poteau.

Bien qu'il ne soit pas si tard, le temps est gris, la bruine légère et le vent assez froid. Marchant sur un des bouts d'écorce les plus chauds de notre bonne vieille terre, j'ai l'impression de visiter le début du monde, quand nos ancêtres cellulaires apprenaient à nager. Sur ma droite, à quelques cents mètres, un volcan de taille moyenne se dresse sombrement dans les brumes. Sa pierre est noire de basalte mais son flanc gauche est percé d'un glacier en forme de coeur. Un chemin se dessine en lacet jusqu'au sommet. Bien sûr je ne le monterai pas, même si la curiosité me pique.

Je suis un plateau bordé d'orgues basaltiques. Une brèche s'ouvre sur la gauche et dévoile le futur paysage : une somme de colline de souffre s'étend sur un même niveau, jusqu'au bout de l'horizon. Idéalement, un rayon de soleil vient éclairer la scène. C'est grand, trop grand. Le minéral se renouvelle à l'identique à perte de vue, de colline en colline. Au bord du plateau, un couple d'amoureux s'enlacent chaudement. Je passe discrètement pour ne pas briser leurs projet d'avenir. Puis j'entame les montées et descentes des collines dont les couleurs se noircissent de la cendre du soir. Au bout, planqué contre le versant d'une crête, se profile en rouge et vert le refuge de Hrafntinnusker. Les poteaux sont plantés au haut des collines, laissant la liberté du chemin pour traverser les creux. Parfois, un ruisseau coule et des vapeurs surgissent lorsque l'eau des glaciers se confronte à une petite fontaine d'eau brûlante. Pour tester, je passe rapidement la main sur un de ces jets, très rapidement même. Puis je remplis ma bouteille de cette eau froide dont je peux garantir la pureté. La traversée des collines est longue et fastidieuse mais comme toujours, j'arrive au bout et au refuge de Hrafntinnusker.

Le refuge comporte un sas d'entrée, pour défaire ses chaussures, et deux chambres avec lits, faisant un "T" avec les cuisines. Les toilettes, douches et lavabo sont dans l'autre partie du bâtiment, accessibles par dehors. Sur le versant, à quelques dizaines de mètres les uns des autres, sont empilés des arcs de pierre. Ils dépassent le mètre de hauteur et entourent une terre meuble. Ce sont des coupe-vents pour protéger les tentes. La température extérieure sous abri de zéro degré combinée à un vent de trente km/h équivaut à une température extérieure réelle de moins dix degrés. Les petites murailles permettent un gain important en température sous tente.

J'hésite encore à continuer ce soir sur Landmannalaugar. La dernière étape du trek est à environ trois heures en marche rapide. Les autres trekkeurs me conseillent de ne pas le tenter. Il est presque vingt et une heures et le temps est salement mauvais. Je suis leur conseil, d'autant plus que j'ai déjà vécu des randonnées difficiles sous pluie la nuit. Durant ce trek plus qu'auparavant, je collecte un maximum d'informations, précieuses pour m'éviter de commettre des erreurs de débutant. Je monte la tente à l'abri des pierres, tandis qu'un jeune couple débute la partie volcanique en direction du refuge du lac d'Álftavatn. Encore aujourd'hui, je regrette de ne pas leur avoir conseillé de ne pas partir. Dieu sait quelle galère ils ont vécu. Au refuge, j'attends une réponse pour pouvoir utiliser les douches. Dans les locaux, il fait très, très chaud. Le chauffage est branché sur des fumerolles souterraines, sans système de régulation. C'est invivable. Le gardien me sort un baratin en anglais que je ne comprends pas si ce n'est le millier de couronnes pour pouvoir dormir. Tout en tournant ses yeux, il gesticule étrangement son doigt devant ses lèvres. Puis il part s'occuper de ses locataires. Je décide de vivre en autonomie dehors.

Le blizzard s'installe en vague dans la vallée. Il est vingt deux heures, il fait sombre et le vent glisse sur le toit de la tente après avoir sauté le mur de pierre. La pluie tombe par intermittence. La terre mouillée se colle au bord des absides de la tente. Souhaitant vraiment me laver mais ne pouvant utiliser les douches, je réfléchis à une technique personnelle. Il me reste un sac poubelle que je découpe au couteau suisse pour l'étaler au milieu de la tente. Je porte ma lampe frontale pour m'éclairer. Après m'être déshabillé du haut, je m'asperge d'eau, goutte à goutte, en frottant avec des copeaux de savon. L'eau provient de la rivière : sous l'effet du froid, ma peau semble durcir et je souffle, je souffle pour contenir mes cris. Alors je frictionne plus fort pour me réchauffer. Heureusement la douleur froide est tonifiante et se laver devient sportif. De l'eau dégouline entre les rigoles du sac poubelle : je la surveille attentivement pour ne pas qu'elle s'écoule dans la tente. Quelques gouttes pour rincer l'ensemble puis après m'être habillé du haut, je m'attaque au bas. Autant dire que la tente est basse, ce qui pose un problème pour mes 1m83. Je note dans mon journal : trouver une technique plus simple pour se nettoyer dans une tente.

Ce soir là, je commets une autre faute. Je réchauffe mon repas sous une des absides de la tente. C'est extrêmement dangereux, et surtout inconscient, car si un faux mouvement, le vent ou autre chose fait tomber les flammes gazées contre la toile, j'ai bien peur de terminer ma vie avec une seconde peau plastifiée. D'ailleurs, portant l'eau bouillante au milieu de la tente pour boire mon thé, je la renverse à moitié sur ma jambe. Autant je me retenais de crier pour la douleur froide, autant je crie sans retenue pour la douleur chaude. C'est atroce. La brûlure se fera ressentir plusieurs jours mais disparaitra au bout de deux semaines. Je note dans mon journal : cuisiner dehors quelque soit le climat.

C'est la nuit la plus difficile de tout le trek mais cela reste supportable. Seul le nez sort du sac de couchage, serré dans l'encolure du tissu. Les bourrasques tournent au dessus de la tente : je les sens chercher une proie en s'abandonnant en monceaux de pluie sur la toile. Puis elles disparaissent en terre, vainement. Je m'endors en ayant le sentiment que le monde est tout de même bien fait.

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Baltar

Sébastien LANOE
Rédacteur
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