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Bongo – Youga Piri

Rédigé le 25/12/2009 - Lu 9217 fois
Bongo – Youga Piri - Randonnée au Pays Dogon
  • 20 km – 7 heures de marche

Le soleil à peine levé, nous partons pour trois jours d’exploration pédestre au cœur du pays Dogon, peuple malien dont la simple évocation nous envahi d’images de brousse africaine et de greniers en toit de chaume.

Nous devons cette notoriété à Marcel Griaule, ethnologue français, qui découvrit la région en 1931. Il porta à la connaissance la cosmogonie Dogon suite à un entretien de trente-trois jours avec Ogotemmeli, un ancien Dogon. Je reviendrai sur certains de ces points au cours du récit.

Nous voilà donc entrain de monter sur le plateau de la falaise de Bandiagara. Aussi étrange que cela puisse paraître, la ville de Bandiagara n’est pas sur la falaise. On y donna son nom parce qu’elle est le chef-lieu du cercle de Bandiagara. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1989, la falaise est longue de 200 km.
Nous venons de quitter Bongo, un des 56 villages de la commune de Sangha. Sur le plateau, les arbres sont encore verts en ce mois de décembre. Nous traversons d’anciens champs de mil. En juin, les terrains seront à nouveau labourés. Les Dogon sont essentiellement agriculteurs. Outre le mil, le sorgho et l’oignon sont également cultivés.
Les herbes rases sont déjà jaunies par le soleil brulant. Dans quelques semaines, les arbres perdront leurs feuilles. Paysage bichromique en rouge et jaune. Les falaises de grès rougeoient au crépuscule comme les joues d’un enfant intimidé.

A Koundou Dâ, nous apercevons nos premiers greniers en toit de chaume qui symbolisent tant les Dogon. Des femmes pilent le mil pendant qu’un vieillard prépare des clôtures à base de seco, une plante sauvage qui pousse à proximité du village.

Les villages se succèdent : Kikinou, d’en haut puis Kikinou d’en Bas. Les villageois ont en grande partie quitté le village d’origine pour aller dans la plaine du Séno-Gondo. Il est plus facile d’y vivre car le puits y est plus proche. Pas besoin d’effectuer des allers-retours incessants et épuisants pour les femmes qui portent les vingt litres d’eau que contient une jarre.

Ici comme dans les villages précédents, les enfants sont nombreux. La démographie chez les Dogon ne cesse de progresser, ce qui n’est pas sans poser de problèmes. Tous les enfants ne vont pas à l’école car le besoin en main d’œuvre est bien réel. On les retrouve donc aussi dans les champs à aider les parents. Certains villages ont des écoles fondamentales (publiques) mais devant le grand nombre d’enfants à éduquer, l’Etat ne forme pas suffisamment de professeurs. Du coup, soit le village se cotise pour créer une école communautaire ou islamique, soit les enfants ne vont pas à l’école.

Encore trois kilomètres avant d’atteindre le village de Youga Nâh pour le repas du midi et la sieste. Mais, il reste à traverser les champs de mil et de sorgho. Pas d’ombre. 34 °C. Trois kilomètres. Presque un enfer. Le quotidien des Dogon. Et Moïse qui me dit : « c’est la saison froide en ce moment ».

En milieu d’après-midi, chacun se prépare au départ. Moïse montre du doigt le village de Youga Dogorou posé dans la plaine sableuse face à la falaise de Bandiagara. Je ne vois que de la roche de petites tâches vertes, les arbres.

Il n’y a pas de sentiers pour monter sur le plateau de ce petit massif montagneux ; du moins pas comme nous les connaissons dans les Alpes ou les Pyrénées. Ici, on monte dans la pente, on traverse des failles sur de petits ponts de pierre, on grimpe à même la roche ou on prend des escaliers aménagés par les Dogon. Et dire que les femmes prennent ce chemin avec une jarre remplie d’eau sur la tête ! Après Youga Dogorou, on emprunte même une échelle pour accéder à un rocher en surplomb.

Sur le plateau, tout est plus simple. A l’ouest, les rochers s’embrasent quelques instants avant que le soleil ne disparaisse derrière la falaise. Nous arrivons à Youga Piri. La nuit ne tarde pas à envahir le ciel. Les constellations délient les langues. Les langues bien pendues commandent la bière…

« La parole, c’est comme un chemin qui continue ». (Proverbe Dogon)


Randonnée au Pays Dogon organisée par La Balaguère, spécialiste des voyages et randonnées dans les Pyrénées et dans le monde

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