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Strutur - Holmsarlon

Rédigé le 07/04/2010 - Lu 4744 fois
Strutur - Holmsarlon - Trekking de de Þorsmörk à Skaftafell

Réveil à 8h00 tout seul. Dormi pas loin de 12 heures.
Ma marche d'hier a tout de même duré presque 14 heures sous des conditions pas cools.

C'est le bordel autour du refuge. Les groupes sont en effet bien arrivés hier et en ce moment la ruche s'éveille.
J'aperçois le gardien avec qui je discute un moment de la pluie et de la pluie. Fera meilleur aujourd'hui, dit-il, au moins y'a pas de vent. Oui parce que niveau pluie, je crois que c'est pire.

Bon, petit arrêt toilettes. Sortie toilettes. Oh... Une fée... fée qui parle français... "c'est toi, David?"
Tiens, suis devenu célèbre cette nuit, moi.
En fait, elle a lu mon mot pour Michael avec qui a elle bossé pendant le tournage d'Ushuaïa sur le Vatnajökull le mois dernier. elle est guide franco-islandaise et conduit le groupe français arrivé hier soir.
On a l'air bien crétins avec notre pq sous le bras, elle en bottes en caoutchouc et moi avec mes shanklets (Thierry, toi qui a inventé ce nom, il faut que tu me donnes l'orthographe correcte associée). Bel endroit bien romantique pour une rencontre. On se retrouve cinq minutes plus tard aux lavabos en train de nous brosser les dents. Super discussion... "arghhhhhh...." "rrrrrrrrr" "ksssksssksss""...

Retour à la tente pour plier tout mon barda qui est bien détrempé maintenant. Il serait tant que la pluie s'arrête sinon rien ne va résister à l'hulidité dans mon sac.
Au retour au refuge, prêt enfin à partir, je la recroise en train de sortir le p'tit déj de la remorque de leur véhicule. On dirait un marchand ambulant.
Elle me propose un paquet de viande séchée que je ne saurais évidemment refuser. 1/ par politesse 2/ parce que la viande, d'ici 2-3 jours, je n'en aurai plus que dans mes lyo.
Elle m'invite aussi à partager le p'tit déj de son équipe. Ma foi, pourquoi pas? Je peux ainsi garder un peu de matos pour la fin du voyage.
Oui mais voilà, je me suis mis en mode économique niveau nourriture. Je n'ai vraiment pas faim. Je me force mais j'ai carrément du mal à faire descendre ce que j'avale.

Faut y'aller maintenant. La pluie a encore forci, mais le vent a définitivement cessé. Et comment qu'ils vont partir les nuages maintenant? Le baromètre, que je ne reétalonne jamais continue de baisser à un point que bon, il délire un peu: moins de 900 mbars.

Au revoir au gentil gardien et à la jolie guide (*) et me revoilà parti sous les embruns vers 10h00 du mat, pas une heure qui permettra une grosse journée.

*Tatiana a rencontré Michael et Léa lors d'une soirée à reykjavik le 28 aout. Ils ont parlé de moi, les fourbes, pendant que j'étais dans le vol Icelandair pour Paris en train de ruminer mon retour au quotidien.
Michael a discuté avec le gardien de mon projet. J'étais le Français taré avec un sac aussi lourd.
Et pour Léa, il semble que je lui ai apparu totalement affamé et qu'elle ait pris pitié de moi en me donnant autant à manger.
Moi qui croyais être un héros aux yeux de tous...

Il faut pas loin de deux heures pour aller à la source chaude de Strutslaug. Malgré la pluie, on sent que le paysage confine au sublime.


Cette source chaude, j'en rêve depuis des années. Malheureusement, les conditions aujourd'hui ne permettent pas d'en profiter à sa pleine mesure mais il est hors de question que je ne me mette pas à l'eau dans sans doute la plus belle source chaude d'Islande.
Et voici la chaudière alimentant la source.

Mais derrière il faut franchir un gué pour aller vers l'est, gué qui me semble lui aussi bien méchant. Je m'organise donc pour faire mon sac et préparer le gué pour le franchir dès que je sortirai de l'eau chaude.
D'après ma montre, on a un bon petit 6°C dehors. Une bonne grosse pluie glaciale. Ca va donner. Pas vraiment envie de me plonger dans la flotte, même chaude.
Mais de toute façon faut que je me déshabille pour traverser la rivière derrière et on ne galvaude pas un endroit aussi génial que celui ci.
Donc une grosse demi-heure dans Strutslaug. L'eau est chaude donc à la sortie je ne ressens pas trop les effets de l'air froid mordant et je me précipite donc à poil avec le sac sur le dos et mes shankletts aux pieds à travers le gué qui est effectivement super dur à traverser. Très gros courant avec de l'eau jusqu'aux roupettes. L'air bien ridicule si je meurs dans cette tenue donc (on a sa dignité)
Mais jamais elles baisseront ces rivières, bordel de Zeus?
Bon, cette traversée m'a bien rafraichi. Je m'habille à moitié trempé pour reprendre mon chemin dans les marécages d'Holmsarbotnar. Désormais d'ailleurs, je n'arrive plus à différencier ce qui est sec de ce qui est mouillé. En dehors de ma veste et de ma casquette magique, tout est transpercé par la pluie.
Mes chaussures enfin lachent complètement dans le marais au-dessus du dernier gué avant d'attaquer la descente d'Holmsarlon que je n'ai pas voulu franchir pieds nus. Faut dire qu'au point où j'en suis, ça ne sert plus à grand chose de vouloir préserver l'étanchéité de quoi que ce soit. Tout devra sécher sur la bête (ou pas, on verra bien).

Holmsarlon, d'après les photos sur le web, c'est une succession de trois lacs limpides tombant les uns dans les autres en mini cascades. C'est un endroit que je tiens à voir absolument tellemement ces images m'avaient émerveillé.
Ca ressemble pas trop à ça, hein?
Les trois lacs ne font plus qu'un. On note une petite nuance de couleur à la confluence des lacs où il y'aurait dû y'avoir une cascade.
Ah oui, je n'ai pas précisé. L'objectif est désormais clairement modifié. Je ne crois plus au passage de la Skaftà à gué donc je vais descendre au sud pour la franchir sur le pont de Skaftardalur. Comme la Holmsà est non guéable en ce moment, je passerai au dessus par la rive gauche des lacs qui sont en fait sa source et je reprendrai la f210 pour finir sur la 208 et traverser la Skaftà. Cqfd.

Sauf que les lacs sont dans une gorge plus ou moins étroite. Normalement, à l'étiage, on arrive à passer sur les rives. Mais ici, compte tenu du niveau de l'eau, les rives deviennent impraticables à l'entrée du 3°lac (soit quand même au bout de cinq km dans le ravin). Les deux premiers s'étaient longés à merveille. J'essaie de passer au-dessus des falaises mais les éboulis glissent trop sans parler de la roche qui n'adhère absolument pas. Je pourrai franchir le premier obstacle mais j'en vois d'autres encore et encore derrière. Ca craint quand même un peu trop ici. Suivons la voix de la raison et faisons demi tour vers le strutivegur où je reprendrai le chemin de l'est vers Alftavotnkrokur et son refuge. Ca ajoute quand même 3heures aller retour au compteur cette affaire.
Pas de regrets parce que l'endroit était vraiment magnifique tout de même. il méritera une autre visite dans de meilleures conditions.
Si si, il pleut vraiment, je vous le jure.

Quand même inquiet à la façon dont je vais traverser la syðri-ofaera demain ou après demain qui ferme la vallée vers l'est. Elle est quand même réputée elle aussi comme une rivière redoutable. Il existe une arche naturelle qui forme un petit pont sur la rivière. La solution est peut être là.
En attendant, il faut aller vers l'est, j'ai du mal à retrouver le chemin qui n'est absolument pas balisé bien que ce soit l'un des plus courrus d'Islande. le strutivegur part de Hvanngil (sur le laugavegur) jusqu'à Sveinstindur. Cap plein est donc. On verra bien. Il suffit de rester dans la vallée de la Ofaera. Au loin j'aperçois un petit groupe de randonneurs. Ca me rassure. Je suis sur le bon cap. Je trouve rapidement une piste 4*4 sur laquelle je décide de rester tant marcher dans l'herbe devient difficile avec cette pluie.
La pensée du jour: combien faut il de litres d'eau pour dissoudre le corps humain? J'ai l'impression que ma peau ne va pas tarder à lacher, au même titre que le gore tex plus tôt dans la journée. Mes doigts sont exactement comme à la sortie d'un bain prolongé. C'est une bonne journée de malade, celle là aussi, même si moins longue que hier.
Vers 19 heures, je suis fourbu. La piste n'arrête pas de monter et de descendre au lieu de suivre les courbes de niveau. Au loin en dessous la Syðri-Ofaera hurle.
C'est si beau. Je ne verrai rien de rien aujourd'hui. Raide mort. Il faut que je plante la tente dès que je trouve un endroit un tant soit peu habité.
Même pas la force de manger chaud ce soir.
Je me glisse vite dans le duvet, dernier élément sec (il est dans un sac plastique) de mon équipement et je m'endors aussitôt. Je rêve que je vais m'éveiller avec les doigts palmés (l'homme de l'Atlantide, cool, et au moins il risque rien ici niveau déshydratation).

Le chemin du jour mais la balise n'a pas l'air d'avoir super bien fonctionné, peut être à cause de la trop grosse couverture nuageuse ou encore de la topographie des gorges dans holmsarlon.

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siagne

david abadie
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