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Wadi Al Qasha - Wadi Al Kawar - Djebel Al Akhdar

Rédigé le 05/10/2011 - Lu 1829 fois
Wadi Al Qasha - Wadi Al Kawar - Djebel Al Akhdar - Traversée du Hajar Occidental

Départ : 7h55 - Arrivée : 16h50 | +1260/-1150m - 19km - 7h50

Le lever du soleil sur le wadi Al Qasha est splendide ! Il n’y a pas mieux pour se réveiller en forme et se motiver pour entamer la journée.
A Oman, lorsque je me réveille le matin et que je sors la tête de la tente, ce n’est pas pour observer la météo qu’il va faire. Je le sais, grand beau ! Mais c’est plutôt pour estimer combien de temps il me reste avant que le soleil ne m’arrive dessus. Ce n’est en général qu’une question de minutes.

J’arrive au village d’Aqbat Al Biyut et il n’y a encore une fois pas grand monde dans les rues. Lorsque j’entends un portail s’ouvrir, je me dirige du coup en direction de la personne qui en sort. Afin d’avoir quelques informations sur la suite du sentier, car j’ai un peu de mal à me faire un idée d’où il peut partir.
Il s’appelle Mohamed et il a une sacrée barbe ! Rectangulaire et bien touffue, elle en masque son visage. Fort sympa, il me conduit au départ du chemin qui se trouve à la sortie de son village.

La portion qui suit du W17 est un petit sentier non balisé. Je ne sais si c’est parce que je commence à m’habituer à ces montagnes, mais j’arrive à le suivre sans difficulté. Même sur les passages où il n’y a quasi plus aucune trace distinctive. Sur le bord du chemin, je croise mon premier serpent ! Il est noir, plutôt petit même si je le trouve assez long. Il s’enfuit très vite. Une de mes préoccupations lors des préparatifs pour ce voyage était de savoir comment je devais réagir face aux serpents et surtout, face aux scorpions, qui sont mortels dans la région. Etant seul et à plusieurs heures de marche du prochain village qui lui-même se trouve dans un coin paumé, une morsure pourrait m’être fatale. Je me suis donc bien renseigné sur les précautions d’usage face à ces bestioles et me suis équipé d’une pompe à venin. Mais efficace uniquement contre les scorpions…

J’arrive sur les hauteurs du wadi Al Kawar, le hameau de Masirat Jawamid se trouve dans le fond. Je descends jusqu’à environ 100 mètres au dessus du village avant de me retrouver bloqué par les parois abruptes. Elles sont à-pic ! Impossible de descendre comme cela au hasard, il faut absolument trouver le passage.
Au bout de trente minutes, je finis par le trouver et j’arrive au hameau, après trois heures de marche, où les maisons sont ancrées dans la montagne. Le village, ou plutôt ces quelques maisons ne semblent pas abandonnées, mais il n’y a personne, uniquement un âne. Moi qui hésite pour la suite de mon parcours, ça semble raté pour avoir des renseignements.
Ces maisons sont vraiment perdues au fin fond du trou du cul du monde. La partie du canyon où elles se trouvent est très étroite, à peine 30 mètres de large. Je me demande comment un jour des hommes et des femmes ont pu avoir l’idée de venir s’installer ici ! La seule solution que j’arrive à envisager, c’est qu’un groupe de personnes a du un jour vouloir explorer cette vallée et qu’ils sont restés coincés ici !

Je m’installe dans un coin pour manger, me disant que d’ici la prochaine demi-heure, avec un peu de chance, une personne va peut être passer et je pourrai me renseigner pour la suite.

Trois solutions s’offrent à moi pour rejoindre le village d’Ar Russ :
- Passer par le col pour rejoindre le village Masirat Ash Shuraqiyin au fond du wadi Al Hijri avant de remonter sur Ar Russ. C’est le chemin le plus court, mais le col semble assez délicat à passer.
- Suivre le fond du wadi Al Kawar, puis le wadi Al Hijri pour rejoindre Masirat Ash Shuraqiyin. Ca me fait un grand détour, mais sans difficulté. Le problème, c’est que je n’aurai jamais suffisamment d’eau pour tenir deux jours et jusqu’à Ar Russ. Masirat Ash Shuraqiyin sera certainement comme ici, sans vie.
- Sortir du wadi Al Kawar en direction du village d’Al Hilayat par le sentier que j’ai aperçu de loin tout à l’heure, et de là, j’irai jusqu'à Ar Ruus par la route. Le hic, c’est qu’il n’est pas sur ma carte et que je n’ai aucune idée de l’état du chemin.

J’entends des voix ! N’ayant pas attrapé d’insolation, je me dis que des personnes doivent arriver ! Je m’en vais à leur rencontre.
Il s’agit de cinq Omanais qui font une randonnée à la journée. Ils sont descendus du village d’Al Hilayat et ils me confirment que le sentier est praticable et facile à suivre. Bingo, j’ai mon itinéraire

Alors que j’ai à peine commencé la montée, je suis rattrapé au pas de course, par l’un des Omanais. Sami de son prénom, me dit que ses amis font une boucle et qu’ils comptent remonter par un itinéraire très raide. Qu’ils sont trop fous pour lui. Est-ce vrai ? Ou est-ce pour marcher en compagnie d’un étranger et ainsi pouvoir discuter ? Je n’arrive pas vraiment à le savoir, mais en tout cas il est, comme tous ceux que j’ai eu l’occasion de rencontrer (et que je rencontrerai lors de séjour à Oman), fort sympathique et très accueillant.
Il m’explique tout un tas de choses pendant notre grimpette. Que les trous dans les parois sont des réfrigérateurs pour garder de l’eau au frais, que les plantes aux fruits ronds et jaunes ne sont pas comestibles, qu’elles rendent fou, comme le whisky.
Contrairement à moi, Sami marche sans sac à dos, mais j’ai l’impression qu’il souffre plus que moi dans cette grimpette en plein soleil en ce début d’après midi. Je lui propose de l’eau qu’il refuse tout d’abord poliment, mais il fait trop chaud pour refuser une deuxième fois...
Puis il s’arrête me disant que ses chaussures, pourtant à sa taille, ne sont pas bonnes pour la randonnée. Je les trouve moi plutôt adaptées au terrain, plus que les miennes en tout cas. Du coup il les retire et continue en chaussettes en pleine caillasse ! A mon avis, il a du manger un fruit de la plante à whisky !
Arrivés à Al Hilayat, il me fait entrer dans la cour de la mosquée où un groupe d’hommes est allongé sur des tapis en train de discuter. De l’eau bien fraîche nous est apportée, ca fait un bien fou.
Au moment de quitter Sami pour continuer ma route, il me propose de venir chez lui. Mais à grand regret, je dois refuser, il habite de l’autre côté du massif, de là où je viens… Et ma route est encore longue.

Je poursuis seul mon chemin par une route déserte jusqu’au village d’Ar Ruus. Hormis le fait de marcher sur du bitume, l’itinéraire reste fort sympa. Il passe par des paysages très escarpés obligeant la chaussée à ressembler à un grand huit par moments. J’ai bien plus l’impression d’être sur un chemin de rando qu’un axe routier.
Je traverse un village flambant neuf qui n’est pas sur ma carte, aux maisons identiques les unes aux autres, jusqu’au moindre détail. Je croise également deux jeunes garçons en maillots de football, prêts à aller jouer un match. Couverts comme des baudets, de gants, bonnets et écharpes, alors que je suis en t-shirt. Leur hiver est mon été.

Arrivé à Ar Ruus, je fais le plein d’eau à la mosquée pour débuter ma plus longue étape. Deux hommes sont là, ils m’indiquent le départ du sentier W10 et l’itinéraire qu’il suit en gros. Ils me disent également que l’armée à balisé le chemin et qu’il est facile à suivre. Je n’ai aucune idée à quoi peut ressembler un marquage militaire, je verrai bien. Cette traversée des hauteurs du Hajar devrait donc s’annoncer tranquille, je pourrai en profiter un maximum.

Un jeu de piste commence, avec le soleil couchant en pleine face, je suis complètement ébloui. Je ne vois pas les marques blanches au ras du sol. Du coup, en 1h30 de marche, je n’ai guère avancé. Je pose ma tente sur un petit plateau, plat et terreux pour une fois, juste avant le début de la crête. Je suis installé confortablement pour passer une soirée qui s’annonce sympathique au coin du feu.

Une fois couché dans mon duvet, je me rends compte que j’ai gagné le pompon ! Mon bivouac se trouve être le recoin préféré de deux ânes ! Ils n’arrêtent pas de venir me voir. Je dois sortir à plusieurs reprises de ma tente pour les éloigner.

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Simon Dubuis
Rédacteur
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