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Orage d'altitude

Rédigé le 15/11/2012 - Lu 1810 fois
Réveil sous la pluie pour une journée de trekking souss le signe des nuages. L'orage finit par éclater au bivouac. Tout le monde se réfugie sous la tente mess.

Nous nous réveillons avec les premières goûtes de pluie de la journée, à 4800 mètres d’altitude. Le ciel est couvert, les nuages envahissent les sommets. Nous patientons un long moment avec de quitter le camp. Ce matin, nous continuons à remonter la vallée de la veille, avançant toujours plus vers la source de la rivière dont le débit fluctue en fonction de l’heure. Nous laissons le sentier qui s’élève sur un sol de terre et d’éboulis, pour longer le flanc de la paroi qui flirte avec l’eau. Pendant quelques dizaines de mètres, la berge s’effrite sous nos pas, obligeant une allure continue afin de ne pas chuter ou glisser. Il faut enjamber un petit bras de rivière, trempant le bas de nos pantalons, car nos sauts sont trop courts pour parvenir secs sur la terre ferme. Nous arrivons sur des cathédrales de sable.

Un long moment nous continuons à progresser ainsi sur un chemin qui nous approche à chaque pas des glaciers, berceau du fil conducteur que constitue la rivière. De larges vallées et de profonds canyons étroits constituent le paysage changeant. D’énormes rochers brisent la monotonie de la marche qui sans cela, aussi majestueux que soit notre environnement, prendrait un aspect neutre dans la longueur. Nous croisons deux groupes et leur caravane, en marche vers le Tsomoriri. Quant à nous, nous poursuivons jusqu’à atteindre le présumé camp. Notre caravane tarde à arriver, tandis que le temps commence à menacer fortement. A priori en désaccord avec Parkash, la caravane doublée la veille s’installe sur les lieux. Nous allons donc continuer plus loin, trouver un endroit qui ne sera pas perturbé par la présence d’autres marcheurs. Lorsque les chevaux arrivent enfin, nous nous remettons en route. Il nous faut encore franchir des bras de rivière. Il n’y a pas d’autre alternative ; ou bien se déchausser et franchir chaque obstacle d’eau, pieds nus sur les galets, ou traverser les chaussures aux pieds. Nous choisissons la seconde solution, contraint de nous mettre à l’eau jusqu’à mi-mollets.

Le vent commence à sécher nos pantalons mais pour une courte durée puisque la pluie qui menaçait nous rattrape. L’orage guète et le tonnerre commence à gronder. A l’arrivée au camp, nous sommes mouillés, bien que protégés sous nos équipements de pluie. De gros nuages noirs, inquiétants, voilent le ciel. L’équipe monte la tente cuisine, sous laquelle nous nous réfugions, attendant que la pluie se calme pour monter les notres. En réalité, les armatures qui maintiennent la grande tente, ainsi que tous les ustensiles de cuisine, intégralement constitués de métal, nous inquiètent plutôt qu’autre chose. Les pointes d’acier qui fixent la toile dépassent comme deux minis paratonnerres. Si la foudre décider de s’abattre dans les parages, voilà bien tous les paramètres réunis pour qu’elle le fasse ici. Vincent et moi préférons l’humidité extérieure, que l’abri exposé au danger. Pour ajouter davantage de saveur à la situation, les guides faillirent mettre le feu avec l’essence, en allumant le réchaud. De grosses flammes jaillissent par les aérations latérales de la tente. Cela a le mérite de faire rire toute l’équipe.

L’orage s’éloigne un peu. Nous nous séchons et nous réchauffons devant les réchauds, buvant un café brûlant. Le gardien de chevaux, habituellement en retrait, est autorisé, compte tenu de la météo, à entrer sous la tente. Lui aussi a besoin de se réchauffer, et de faire sécher ses vêtements. Pour la première fois, je le vois sourire. L’ambiance est chaleureuse. Nous sommes tous les huit réunis, confinés dans cet espace réduit, autour d’une flamme salvatrice. Nous chantons, couvrant le bruit du tonnerre qui s’éloigne en grondant son mécontentement. Ce sont des instants qui apportent des réponses, lorsque parfois l’on s’interroge sur les raisons d’être là. Lorsque la pluie cesse enfin, nous montons les tentes, avant de retourner sous la grande toile pour le dîner, ou Vishram nous a préparé un petit festin.

Quelques flocons minuscules volètent. Ainsi la journée s’achève, donnant repos aux dernières heures dont le rythme s’est accéléré.

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Thierry Callewaert
Rédacteur
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Enseignant en sciences physiques, je profite de mon temps libre pour m'envoler vers de nouvelles destinations...Amoureux de voyages, passionnés par les rencontres, mon sac à dos n'est jamais bien loin...  ...


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