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Slovaquie - République Tchèque

Rédigé le 12/06/2012 - Lu 1659 fois
1ère partie de cette longue traversée des Carpates, 20 jours de marche pour rejoindre la République Tchèque. Une partie plutôt difficile avec des forêts qui semblent ne jamais finir et une météo capricieuse.

12 jours - 340 km - +18.000/-18.000m

Je découvre Bratislava, la capitale Slovaque située au pied des Carpates. Elle est mon premier contact avec ce pays où je vais passer les vingt prochains jours. J’y découvre un petit air Slave et une ville marquée par un passé Soviétique… Au soir, je suis accueilli par Magdalena, une jeune Slovaque passionnée par les Carpates, qui a accepté de m’héberger pour la nuit. Nous passerons la soirée devant les cartes.

Il pleut des cordes ! C’est un vrai déluge ! Je n’ai aucune envie de sortir ! Je longe les immeubles pour ne pas me faire tremper. Bratislava est une petite ville, il ne me faut pas plus de dix minutes à pied pour en sortir et pénétrer dans le massif. Les Malé Karpaty, qui signifient « petites Carpates », sont comme beaucoup de massifs dans les Carpates, tout en forêt, ce qui me protège partiellement de la pluie. Heureusement, cela ne dure pas. Je retrouverai le soleil dès le lendemain.
Les arbres sont si hauts qu’ils en donnent le vertige, les forêts sont si grandes que je suis incapable de me repérer… Mais heureusement les sentiers sont très bien balisés, je n’ai qu’à suivre les marques pour trouver mon chemin.
Alors qu’en Europe de l’Ouest tous les sentiers sont balisés de la même couleur, de rouge et de blanc, ici en Europe de l’Est, le balisage a une couleur par itinéraire. Le mien est rouge pour le moment. Il va me conduire en quelques jours dans le massif des Bíelé Karpaty à cheval entre la Slovaquie et la République Tchèque. Mon passage dans ce pays n’y est que symbolique, deux jours. Dans mon projet, je souhaitais passer par chaque pays sur lesquels les Carpates s’étendent, comme je l’avais fait pour les Alpes. Malheureusement, j’ai dû mettre de côté la Hongrie, trop éloignée, elle m’aurait fait contourner le massif des Tatras, le plus imposant des Carpates.

Les Malé et Bíelé Karpaty, culminants respectivement à 768 et 970 mètres d’altitude, se ressemblent beaucoup. Recouverts quasi entièrement de forêt avec de temps en temps des petites crêtes rocheuses qui dépassent de la cime des arbres, ils offrent ainsi un magnifique panorama au-dessus des forêts. Elles sont aussi le refuge de nombreux animaux, comme des renards ou chevreuils que je peux apercevoir.
Mais ces forêts interminables me causent quelques soucis. En premier, l’eau. Il n’y a que peu de sources qu’il me faut trouver. Avec la chaleur, je suis obligé de l’économiser et de frapper aux portes des maisons pour en demander, lorsque j’en croise. Le deuxième point, c’est que j’ai beaucoup de mal à trouver un coin pour planter ma tente le soir. Je n’aime pas les bivouacs en forêt. Je les trouve bruyantes, humides et en plus le risque de chutes de branches est assez important par ici. Il me faut régulièrement prolonger mon étape d’une ou deux heures afin de trouver un coin dégagé.

C’est dans les Bíelé Karpaty que je passe ma première nuit en refuge. Je suis seul dans le refuge, ayant pour compagnie dans la salle à manger, le perroquet du gardien. Le massif n’étant pas vraiment touristique, c’est en Tchèque qu’il faut s’exprimer. Je suis incapable de lire le menu et de communiquer avec le gérant… C’est par des échanges de petits dessins que nous arrivons à nous exprimer. Je peux ainsi commander un bon petit plat.

Je traverse l’agglomération de Trenčín qui n’est pas des plus agréables en dehors de son tout petit centre. Jusqu’à maintenant, les villes et villages que j’ai pu passer, n’étaient pas de toute beauté. Les guerres et les années soviétiques n’ont rien laissé de bon. Mais cette ville permet de bien me ravitailler et c’est avec un sac bien chargé que je repars en direction des Strážovské Vrchy, mon premier massif dépassant la barre symbolique des 1000 mètres d’altitude. Ca commence enfin à ressembler à de la montagne ! La roche se laisse de plus en plus apercevoir. Je peux me faire de beaux petits sommets.

De l’autre côté, c’est à Čičmany que je découvre enfin mon premier beau village, avec de nombreuses bâtisses en bois. Il faut dire que j’approche de massifs plus intéressants et du coup, plus touristiques. En premier, celui des Malá Fatra. La première partie du massif, hors parc, est moins fréquentée. Je ne croise quasiment personne. Je suis seul sur cette superbe crête verte laissant apparaître quelques roches et un magnifique panorama au-dessus des forêts voisines. Malheureusement cela ne dure pas. Je me retrouve plongé dans la bruine et le brouillard. Un brouillard total où lorsque ma carte indique un point de vue, je ne vois qu’un mur blanc. Malgré cela, j’ai la forme et la motivation. Après maintenant dix jours de marche, j’ai trouvé mon rythme, je me sens bien et je me fais de bonnes étapes chaque jour.
Une fois passé la ville de Strečno, je rentre dans le parc national des Malá Fatra, une des merveilles de Slovaquie, un massif exceptionnel. Je commence à grimper jusqu’à son sommet, le Veľký Krivan culminant à 1709 mètres d’altitude. Mais la météo est devenue complètement épouvantable. Un brouillard qui ne me laisse qu’une visibilité d’à peine dix mètres, une pluie qui rend la roche glissante et un vent qui me faire perdre l’équilibre à plusieurs reprises… Même avec ce temps, je suis pourtant loin d’être seul, cela ne décourage pas les Slovaques de venir crapahuter. Je suis impressionné par leur motivation que je retrouverai plus tard aussi chez les Polonais.
Les soirs, je m’abrite des intempéries dans les gîtes et refuges… Je suis un peu dégouté de traverser cette région sous ces conditions, mais c’est la règle du randonneur itinérant. Il ne peut choisir sa météo.

Je décide de traverser le massif suivant, les Chočské Vrchy, à une altitude moins élevée. Les hauteurs n’offrant aucun panorama, je n’ai aucune raison d’aller me geler là-haut. Au moins ici, la météo est plus supportable, même si je traverse prairies et forêts avec les pieds trempés depuis maintenant plusieurs jours. Après deux semaines de marche, j’arrive au pied du plus imposant, du plus haut et certainement du plus majestueux massif des Carpates, les Tatry ! Plus connu en France sous le nom de Tatras. Il culmine en haut du Gerlachovský Štít à 2655 mètres d’altitude. 

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Simon Dubuis
Rédacteur
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