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Bivouac au Roc des Chiens Fous

Rédigé le 12/04/2016 - Lu 618 fois
Deuxième jour de randonnée sur le tour du mont Lozère jusqu'au Roc des Chiens Fous où je pose mon bivouac
  • 35 km
  • 1200 D+

Je me lève à 6h et il fait froid. Je revêts ma configuration « protection maximale » et je fais réchauffer mon petit déjeuner pendant que je plie la tente. Le muesli au chocolat s’avère être très bon, mais comme je n’ai pas beaucoup d’eau le lait ne se dilue pas bien et ressemble plutôt à de la danette. Rechargé en calories, je me mets en route sur le GR qui poursuit quelque temps dans la châtaigneraie. De grands filets sont installés au sol, vraisemblablement pour faciliter la récolte. Malheureusement, je n’ai pas trop de quoi préparer des châtaignes : dommage ! Le jour se lève peu à peu et le soleil pointe à l’horizon. Le ciel est splendide, et les couleurs d’automne donnent l’impression d’un immense brasier. Après avoir dépassé le hameau Bergognon et je longe la route un moment jusqu’à arriver à la ferme fortifiée de La Prade.

L’âne de la Prade

Malheureusement, je n’y trouve pas de fontaine et il est un peu tôt pour demander de l’eau chez l’habitant. J’espère pouvoir faire le plein rapidement sans avoir à traiter l’eau d’un ruisseau. Lorsque je quitte La Prade, une passante me salue et m’informe que la météo se dégradera dès demain. Étrange, ce n’était pas indiqué sur les prévisions que j’ai regardées hier. Et puis, l’on dit parfois que la pluie a été inventée pour que l’homme se sente heureux sous un toit. Peut-être qu’à force de marcher sous la pluie, l’aventurier apprend à l’aimer ? Je grimpe tranquillement vers le col Bourbon (1091m) au rythme des détonations qui résonnent dans les massifs. En haut, je suis interpellé par un chasseur. Il est intrigué et je lui explique que je parcours le tour du Mont Lozère. Il me demande si je n’ai pas trop froid, je lui réponds que tout va bien et il me propose de me réchauffer en gouttant son eau de vie maison. Je refuse poliment avant de m’éloigner pour ne pas effrayer les pigeons qu’il guette depuis ce matin.

En montant au col Bourbon

Le sentier plonge alors dans une cuvette où coule le petit ruisseau de Cubiérettes. Je le franchis avant d’arriver à Cubière. Cette fois, il y a suffisamment d’habitation pour parler de village et il y a même un café-poste. J’en profite pour entrer et demander de l’eau. À l’intérieur, plusieurs habitués boivent la première bière de la journée –il est 9h- et parlent chasse. On me remplit mes gourdes et l’on m’offre le café. J’apprends une anecdote intéressante : les gens du village font courir le bruit qu’un ours féroce rôde dans les bois afin que les plus peureux n’aillent pas cueillir les cèpes ! Astucieux !

En arrivant à Cubières

Je repars ensuite sur le sentier qui serpente dans un bois aux couleurs dorées. Le paysage d’automne est vraiment splendide et je m’arrête de temps à autre pour faire des photos, car il faut bien que je rentabilise l’emport de cette surcharge électronique. Je croise un petit groupe de marcheurs venus du Royaume-Uni pour parcourir la Lozère. Ce sont les premiers randonneurs que je rencontre et je n’en verrai pas beaucoup d’autres avant l’arrivée.

Couleurs d’automne en Lozère

Lorsque je gagne le col Santel (1 195m), j’oublie de vérifier mon itinéraire. Perdu dans mes pensées, je suis bêtement le balisage du GR et je file tout droit au Bleymard (1 068m). Le village se trouve dans une cuvette bordée du Mont Lozère (1 699m) et de la montagne du Goulet (1 497m). Ce village « montagnard » est typique de la Lozère et abrite la belle chapelle de Saint-Jean-du-Bleymard. Après une visite touristique des lieux, je constate avec colère que je viens de parcourir 2km de trop. En effet, j’ai prévu de faire une petite variante et de grimper au Mont Lozère par le Chemin de Stevenson puis de rejoindre ensuite le GR 68 en coupant par les crêtes. Je fais donc demi-tour, très agacé par mon erreur et je retourne poignée dans l’angle jusqu’au col. Je ne sais pas expliquer pourquoi, mais je suis vidé de toute énergie. Pour palier ce problème, je sors une barre isostar de mon sac alors que je commence à monter vers le Mont Lozère. Les couleurs sont très belles et je profite du paysage. Je me sens vraiment seul et totalement immergé dans cette nature splendide.

GR 70, direction la station du Mont-Lozère

En puisant dans mes réserves d’énergie, j’arrive à la station du Mont Lozère. On aperçoit très bien le sommet à l’horizon, et la pente douce qui y mène semble tout à fait praticable. Je trace donc tout droit, en gardant l’objectif en ligne de mire. Une fois au sommet, je constate avec surprise que le point culminant de la Lozère est en fait un vaste plateau. Ni pics, ni pierriers, ni falaises abruptes. Juste de l’herbe et quelques cairns.

Le sommet

J’installe alors mon réchaud à l’abri du vent et je commence à préparer mon repas. Je profite aussi de cet arrêt pour m’allonger quelques minutes et me reconditionner. Il n’y a pas de bruit et je m’enivre toujours plus de cette solitude. Ce qui m’enivre moins par contre, c’est mon hachis lyophilisé que j’ai mal réhydraté. Il reste beaucoup de poudre et ce n’est pas très agréable. J’ai voulu économiser de l’eau pour faire du thé, je paye pour ma coquetterie. En guise de dessert je m’autorise une seconde barre isostar que j’accompagne de mon thé à la menthe.

Pause !

Je me remets ensuite en route en prenant un cap plein ouest. Il n’y a plus de GR, mais il persiste une trace qui longe la ligne de crête, en passant par différents signaux, dont le signal des Laubies. Il y a quelques bosses qui viennent ajouter des mètres au compteur de dénivelé. Je finis par m’éloigner de toute trace pour naviguer quelque temps à la boussole.

Je quitte le GR

Signal des Laubies

 

La crête

Je contourne un large enclot avant d’atteindre une large piste en contrebas : la route des chômeurs. En sens inverse, un couple de promeneurs m’interpelle pour que je leur indique le chemin. Je les remets sur les rails et nous repartons chacun dans des sens opposés. Il doit me rester 5 ou 6 km avant de rattraper le GR 68 et je sens que mon rythme diminue. Cela m’agace beaucoup, mais je garde à l’esprit que c’est la tête qui commande les jambes et non l’inverse. Le chemin que j’emprunte sillonne à travers un paysage changeant entre bois, pâtures et crêtes. Je me secoue un peu pour arriver à la Croix de Maître Vidal. D’après la carte, je devrais rejoindre le GR dans 500m environ. Lorsque j’ y serai, je commencerai à chercher un bivouac. Quelques minutes plus tard, je suis de retour sur l’itinéraire balisé et je croise un petit groupe de marcheurs qui m’indiquent un beau point de vue, au Roc des Chiens Fous, situé à quelques dizaines de mètres du sentier. Je me dis qu’avec de la chance j’y trouverai un emplacement de bivouac. Lorsque j’arrive au roc je laisse mon sac tomber par terre, bien content de m’arrêter et je regarde autour de moi. La vue est superbe et l’on aperçoit l’étang asséché de Barradon. Je décide de m’installer ici pour la nuit, car l’endroit est parfait. L’herbe rase et moussue constituera un matelas naturel parfaitement confortable. Puisque je n’ai pas envie d’installer le bivouac de nuit, je m’en occupe dès à présent. De plus cela me permettra de faire sécher la tente et d’étendre le duvet. Je passe ensuite un long moment adossé dans la rocaille à contempler l’horizon.

Je profite de la vue

Un vététiste finit par arriver et s’installe près de moi. Il vient très souvent en Lozère et nous passons un long moment à échanger nos expériences. « Explorer, cela signifie trouver des réponses et revenir les partager avec les autres.» Mike Horn, Vouloir toucher les étoiles.

Le soleil se couche sur la Lozère


Puisqu’il veut rester pour contempler le coucher de soleil, il repart à la nuit tombée. Pour moi, il est temps de préparer le repas. Je fais chauffer de l’eau et je regarde la fumée s’élever jusqu’au ciel étoilé .

Le réchaud Primus Express Stove

Pendant que le sachet se réhydrate, j’effectue une toilette« 3 points clés » à la lingette et je reconditionne mon sac à dos pour le lendemain. Ce soir la nuit risque sera froide du fait de l’altitude et du ciel dégagé. Je bois un thé chaud avant de me glisser dans mon sac de couchage. Puisque mon appareil photo et mon téléphone portable n’ont plus de batterie, je les branche sur ma batterie externe pour la nuit et je m’endors dans un silence désormais familier.

Seul pour profiter du spectacle

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