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Ascension de l'Alpamayo

Rédigé le 01/08/2007 - Lu 3649 fois
Ascension de l'Alpamayo. Récit d'une expédition au Pérou de trois semaines pour faire l'ascension de l'Alpamayo (5947 m) et du Chopicalqui (6354 m)

J 10 : 12 / 07 / 04 - Ascension de l'Alpamayo

Ascension AlpamayoAscension Alpamayo

Réveil 2 h Départ 3 h 15. Abandon de Fabrice (l'autre Suisse) qui ne se sent pas bien. Je démarre donc avec 4 personnes.
L'Alpamayo n'a pas été gravi depuis 20 jours et il a beaucoup neigé. Il y a bien une trace mais elle s'arête avant la rimaye. Je monte jusqu'au bout de cette trace et là je commence à me poser des questions sur la stabilité de la pente vu sa raideur impressionnante et la profondeur de la neige (on peut enfoncer le piolet totalement sans rencontrer la moindre résistance).
Apres réflexion, je décide de redescendre sur le plat à l'abri en attendant que le jour se lève pour pouvoir mieux apprécier le passage avec visibilité. A la descente nous croisons deux argentins qui montent et continuent à chercher le passage pendant que nous patientons assis sur les sacs à dos en regardant les étoiles s'éteindre une à une. Toujours pas de frontales en direction du Quitaraju, nous supposons que Vincent et les français ont déclaré forfait.
Quand nous repartons, nous rejoignons assez vite les argentins qui ont un peu progressé. Reprenant leur trace, une traversée et un  passage raide sécurisé par une corde fixe (pieux à neige) nous mènent à un replat sur la lèvre inférieure de la rimaye.
Je la suis jusqu'a son point le plus haut où débute la goulotte, toute en glace vive, qui mène à l'arête sommitale. Il est 9 h et je me donne jusqu'à 12/13 h pour la descente.
Crépuscule sur le Huascaran

A partir d'ici commence l'installation des cordes fixes. Nous avons 3 brins de 80 m et 2 brins de 40 m. Je trouve en place en tout et pour tout 2 anciens pieux  à neige et une "lunule" de glace. La progression est pénible car il n'est pas possible de poser les pieds à plat tant la glace est dure, lisse et compacte. J'assure les fractionnements de corde sur des broches à glace. Dès qu'une fraction est assurée les 4 suivants peuvent y brancher leur jumar. L'ambiance est belle et impressionnante d'autant que la goulotte est dominée à son tiers supérieur et sur sa rive droite par une jolie tranche de sérac bleue décollée du reste de la glace que je surveille du coin de l'oeil. Personne n'en parle et tout le monde y pense...

Ascension AlpamayoQuatre heures sur les pointes avant, planter les piolets, visser les broches, tirer la corde, le coeur grimpe dans les tours et j'avale l'air raréfié comme une locomotive essoufflée. Arrivé au niveau du sérac, je me demande si j'aurai la force de continuer, puis un deuxième souffle survient. Florence et Alex ressentant mes hésitations,  impressionnés par quelque craquement du sérac, et manquant de confiance dans les ancrages, décident de redescendre alors que j'attaque la 3eme corde de 80 m. Les petits nuages effilochés qui défilent au dessus du sommet m'indique que le but n'est pas loin. Le souffle revient la motivation remonte, la goulotte se rétrécit avec quelques courts passages verticaux, je prends pied enfin sur la fine lame de neige aérienne qui sépare l'intersection de deux goulottes voisines, un dernier mur de neige vertical aux ancrages de piolet incertains me met à rude épreuve, et c'est la "meurtrière sommitale de1m x 1m visible du camp 1. Il y a de la place pour 3/4 personnes. Il est 13 h. De l'autre côté la pente est aussi raide  et la suite de l'arête semble très enneigée de toute façon, il est temps de descendre. Je me fabrique un rappel avec les deux brins de 40 m noués et je libère les cordes fixes qui s'étalent au bas du couloir au fur et à mesure de notre descente.

Nous les lovons à grand peine, à l'abri,  pour en surcharger nos sacs, puis commence la "marche des zombies" jusqu'au  replat où nous attendent Florence et Alex pour nous décharger des cordes, mais finalement 3 porteurs juste arrivés nous déchargerons de nos sacs jusqu'au camp 1 que nous atteignons à 17 h et où la soupe de pâtes des porteurs est fort appréciée.
Montée : 560 m
Descente 465 m
Temps : 12 h


J 11 : 13 / 07 / 04 - Camp 1 Alpamayo   WP 007 : E/0207919 N : 9016748 Alt : 5400 m - Taullipampa   WP 008 : E/0213264 N/9013046 Alt : 4160

Au réveil l'Alpamayo est déjà bien courtisé. Ils sont partis à 11 h et lorsque nous terminons le rangement du camp il y à une arrivée au sommet.

Départ 8 h 15 arrivée au col, un premier pieu équipé de la corde de 80 m en simple permet aux porteurs et aux clients de franchir une profonde rimaye en collant bien la paroi sur la gauche. Je récupère le pieu et je désescalade pour aller poser la 80 m en rappel plus bas sur une lunule en place. Récupération du deuxième pieu pour le deuxième passage et désescalade et nous voici tous sur le glacier.
C'est incroyable je ne reconnais plus ce passage tant il a changé depuis 98, j'ai souvenir d'une gorge étroite alors qu'on se retrouve maintenant devant un large glacier. Tout comme l'Alpamayo quand je vois les photos, ces glaciers et ces montagnes semblent changer énormément.
Au camp de base nous retrouvons nos suisses et le cuistot qui nous a préparé un excellent riz très reconstituant. Nous continuons la descente puis un sentier en balcon mène à Taullipampa d'ou la vue est exceptionnelle sur l'Alpamayo, le Quitaraju' l'Artesonraju et le Taullijaru

Distance : 6,5 Km
Montée : 200 m
Descente : 1470 m
Temps : 6 h 50

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petraud

Daniel Pétraud
Rédacteur
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Alpamayo et Chopicalqui
Récit d'une expédition au Pérou de trois semaines pour faire l'ascension de l'Alpamayo (5947 m) et du Chopicalqui (6354 m) dans la Cordillère blanche.

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