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Refuge de Dyngjufell - Camp de Dreki

Rédigé le 01/05/2008 - Lu 4635 fois
Refuge de Dyngjufell - Camp de Dreki - Traversée de l'Islande à pied
Jour 4 - 25 juillet 2007 : Refuge de Dyngjufell - Camp de Dreki

Journée : 5h50 - 17h25
Temps : 8h (6h+2h)
Distance : 28 km
Dénivelé : +830m/-720m


Lever à cinq heures du matin. Nous essayons de boucler nos sacs en faisant le moins de bruit possible, mais à quatre, ce n'est pas évident. Il nous faut tout de même à Philippe et moi, trois quarts d'heure pour se préparer, déjeuner et plier bagage. Nous partons les premiers, bien couverts par 0°C et dans un brouillard nous laissant une visibilité très réduite. Heureusement que nous avions fait un repérage de l'itinéraire hier soir.

Aujourd'hui, nous quittons les pistes de 4x4, pour nous orienter sur un sentier qui va nous faire grimper sur le volcan d'Askja, nos
premiers dénivelés depuis notre départ. Malgré la belle épaisseur du  brouillard qui nous cache tout ce qui se trouve à plus de vingt à trente mètres autour de nous, le chemin n'est pas difficile à suivre, des petits poteaux jaunes fluo se dressent tous les dix mètres et indiquent le sentier.

Le vent monte, la température baisse, la neige fait son entrée. Tombant face à nous et à l'horizontale, elle nous fouette le visage. Par
une telle météo, ce paysage apocalyptique aux couleurs invraisemblables nous donne une impression de fin du monde, comme si l'enfer surgissait du sol… D'un coup, un bloc rocheux d'une quinzaine de mètres de haut se laisse légèrement découvrir dans la brume,
laissant apparaître une silhouette venant des profondeurs de la terre…

Celle du Diable… A cet instant, nous comprenons pourquoi pendant des siècles l'Islande a été considérée comme la porte des enfers.
Nous passons à 1205 mètres d'altitude le col de Jonsskard après trois heures de montée. Devant nous s'étend l'immense cratère du
volcan d'Askja caché par le brouillard. Une fois descendu dans le cratère, il n'y a plus de petits poteaux jaunes pour indiquer le cap à
suivre pour rejoindre le lac. Déjà pendant la descente, les quelques poteaux restants étaient arrachés du sol : nous les avons replantés
afin de montrer la route aux deux compères qui nous suivent. Nous cherchons un bon moment notre chemin, ne sachant pas trop quelle
direction prendre. Le fond du cratère est immensément grand, je suis un peu déboussolé et la faible visibilité n'arrange rien. Nous
choisissons un cap vers ce qui nous semble être un lac au loin, traversant ainsi en ligne droite le volcan dans un dédale de roches
chaotiques entrelacés de crevasses. Mais plus nous avançons, plus le lac flou semble s'éloigner. Il nous faudrait des heures, voir des jours pour l'atteindre… Et, est-ce bien un lac ?


Nous pénétrons dans une petite crevasse afin de pouvoir déplier la carte à l'abri de la petite tempête qui sévit. J'analyse la carte et calcule
les distances au GPS…

- Immense… Immense…

Je n'ai que ce mot à répondre à Philippe, je ne m'attendais vraiment pas à un cratère si grand. Il va nous falloir encore plusieurs heures
pour rejoindre le bord du lac ! Mais j'arrive déjà un peu mieux à nous situer et à avoir une idée de la route à suivre. Nous faisons demi-tour pour longer la crête du cratère en contrebas. Nous traversons plusieurs névés, et du coup, j'ai peur que nos deux amis suivent nos mauvaises traces. J'inscris donc dans la neige "Pas bon" et dessine une flèche avec la direction à suivre.

Cela m'inquiète un peu, je ne marche pas l'esprit tranquille. Surtout que c'est moi qui leur ai indiqué cet itinéraire hier au refuge… Et si
Philippe et moi sommes bien équipés et prêts à faire face au pire, je ne sais pas ce qu'il en est pour Marie et Vincent. En plus ils ont prévu de faire un aller-retour jusqu'au lac et n'ont pas du coup leur matériel de bivouac. Je doute qu'ils aient le temps de rentrer au refuge avant la tombée de la nuit… Il n'est pourtant que dix heures du matin.

Puis je les aperçois au loin, descendant du col. Nous crions fort tout en nous agitant. Avec nos vestes rouge vif, ils ne peuvent pas nous
rater, ça devrait être bon pour eux maintenant. Mais en fait, nous apprendrons deux jours plus tard, que finalement, ils ont bien trouvé
le mot dans la neige, entendu nos cris, mais n'ont pas réussi à nous voir. Ils ont fait demi-tour après plusieurs heures d'errances.
Nous continuons l'esprit tranquille et en suivant un itinéraire dont nous sommes sûrs maintenant. Toujours par une météo digne de cette
terre, l'Islande nous montre enfin son vrai visage. Mais cela ne nous empêche toujours pas de crier haut et fort : "C'EST ENCORE TROP
FACILE !"

Il est midi lorsque nous rejoignons les bords du grand lac de Öskjuvatn. La tempête s'est arrêtée, mais il pleut maintenant, alors
nous restons près d'une heure et demi sous la tente pour manger et nous reposer en attendant une meilleure météo. Par miracle, le soleil revient, offrant un beau panorama sur le lac et l'ensemble du cratère.


Amenant avec lui aussi une vingtaine de personnes débarquées en 4x4 depuis Dreki. Certains d'entre eux sont déjà à l'eau : une eau à 25°C d'un petit lac se trouvant juste à côté, dans la caldera du cratère de Vìti. Elle offre une vue époustouflante, une couleur turquoise plongée dans un cratère ocre et orange d'où des fumerolles de souffre s'échappent tout autour. Le cadre est vraiment idyllique et nous
n'hésitons pas, malgré une descente délicate dans la boue pour y accéder, à nous mettre à l'eau en adoptant ce qui semble être la tenue
réglementaire, "le tousse à poil". Enfin, sauf Philippe qui garde son sale slibard qui pendouille et qui ne ressemble à rien. Je suis mort de rire, au point que j'en bois la tasse, beurk… L'eau a un goût d'oeuf pourri. En plus, c'est bien plus agréable comme ça, des petites bulles de souffre remontent à la surface et viennent chatouiller les fesses au passage.

Nous rejoignons en fin d'après-midi le camp de Dreki par la piste. Il est composé de la maison des gardiens, d'un dortoir, d'un bloc
sanitaire et surtout d'une pièce chauffée pour la cuisine. Pour le camping… C'est là où il y a le moins de pierre et à l'abri du vent. Nous
passons la soirée dans ce petit réfectoire, au chaud à défaut de se faire une grosse galtouse. Finalement notre régime alimentaire est un peu juste par rapport aux efforts fournis, la faim arrive…

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simon

Simon Dubuis
Rédacteur
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Summits année : 650 | Summits mois : 10 | Summits total : 1978
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Voici quelques années, je me suis échappé d'une vie qu'il faut souvent suivre au pas... Aujourd'hui je déborde d'énergie que je dépense dans la marche afin de parcourir des milliers de kilomètres pour découvrir les mer...
Bonjour Cédric,

L’utilité d’un GPS dépend de ton expérience en matière d’orientation. Attention en Islande, il y a certains coins plats, sans relief, ce qui n’est pas toujours facile pour s’orienter. Mais surtout le brouillard (total) peut survenir n’important quand, rendant tout orientation impossible à la boussole/carte.

Tu trouveras une trace GPS, redessinée sur GoogleEarth, mais suffisante, sur mon site

Lien : http://www.islande.dubuis.net
Bonjour,

Cet été je pars en islande faire le même trace que vous. Je me demandais si un gps est utile? Et si oui auriez vous les coordonnées gps du parcours?

Merci de vos réponses

Bonne journée

Cédric
Bravo les gars, vous avez fait un super periple, vous me montrerez les photos a mon retour, OK?

Sylvain

anneesommetique.top-depart.com


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