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Mal aigu des montagnes

Rédigé le 02/08/2008 - Lu 15731 fois
Mal aigu des montagnesEn montagne, plus on monte haut, plus la pression diminue et l’oxygène se raréfie. Le corps a besoin de s’adapter à ce phénomène. Si l’on monte trop vite, sans respecter de paliers, un certains nombre de signes apparaissent. Cet ensemble de symptômes constitue le Mal Aigu des Montagnes (Mam). Cet article a pour but d’apporter des informations pratiques sur le mal des montagnes (Mam) pour permettre de répondre aux questions essentielles : Comment se manifeste t-il ? Comment mesurer sa gravité ? Comment le prévenir ? Que faire en cas de mal des montagnes ?

L’organisme n’apprécie pas deux paramètres de l’altitude : la pression diminue et l’oxygène se raréfie. Ce phénomène nécessite une adaptation à l'organisme pour s'habituer en augmentant sa ventilation et le nombre de globules rouges.

Le Mal des montagnes touche tous les montagnards : 50% des personnes en Himalaya, 60% des personnes qui tentent l’ascension du Kilimandjaro, et 70% de ceux qui s’engagent dans l’ascension du Mont-Blanc. Notez bien que chaque personne réagit différemment à l'altitude. Chacun doit savoir repérer la venue des signes. Avoir réussi plusieurs courses de haute montagne sans trouble ne signifie pas que vous êtes exempt à vie de mal des montagnes.

Différents signes du Mal Aigu des Montagnes

Si l’on monte trop vite, sans respecter de paliers, un certains nombre de signes apparaissent.

  • Maux de tête
  • Fatigue
  • Nausée et vomissement
  • Insomnie
  • Manque d’appétit
  • Troubles digestifs
  • Essoufflement
  • Troubles neurologiques (vertige, agressivité, léthargie)

Si vous avez un de ses signes, par précaution, attribuez les dans tous les cas au MAM. Refuser les symptômes, c'est se mettre dans une situation dangereuse où les complications décrites ci-dessous peuvent rapidement apparaître.

Complications du Mal Aigu des Montagnes

Œdème pulmonaire : il concerne 0,5 à 2% des sujets au-dessus de 3000 m. Les signes en sont un mal de tête qui ne cède pas malgré la prise importante d’aspirine ou de paracétamol, une fatigue importante, une toux sèche, un essoufflement même au repos avec oppression thoracique et tachycardie (accélération du pouls). Possibilité de troubles du comportement. Sans traitement la mortalité est de 40% !

Œdème cérébral : encore plus grave, la mortalité est de 50%. Souvent exacerbation d'un mal aigu avec maux de tête frontaux, fatigue à son comble, troubles du comportement (hallucination, délire…), des troubles de la coordination. Sans soin, c’est le coma.

Œdème localisé : l’altitude provoque des troubles dans les échanges entre les différents compartiments liquidiens de l’organisme. Signes : marque importante de la chaussette sur la peau, marque importante du bracelet de la montre sur la peau, yeux gonflés, visage boursouflé, prise de poids, baisse des urines.

Hémorragie rétinienne : Des caillots de sang se forment dans la rétine de l’œil. Signes annonciateurs : apparition d’un voile noir, sensation de flou visuel.

Stades de gravité du Mal Aigu des Montagnes

Stade de gravité du Mal Aigu des Montagnes
Schéma publié avec l'autorisation des éditions Glénat issu du Petit manuel de médecine en montagne d'Emmanuel Cauchy


Contre-indications et précautions pour éviter le Mal Aigu des Montagnes

Contre-indications

La prévention repose d'abord sur le respect des contre-indications aux séjours en altitude.

Sont considérées comme contre-indications absolues : Les maladies coronariennes, l'insuffisance cardiaque et l'hypertension artérielle sévère, certaines maladies du sang, les maladies thrombo-emboliques, des antécédents du mal aigu des montagnes.

Contre-indications relatives : Les maladies cardio-vasculaires ou broncho-pulmonaires stabilisées, le diabète insulinodépendant bien équilibré, l'ulcère gastroduodénal, l'épilepsie, les rétinopathies, les maladies psychiatriques, la grossesse.

Aussi : Les âges extrêmes de la vie sont déconseillés. Pas d'altitude supérieure à 1 800 m avant 2 ans, et pas d'altitude supérieure à 3 000 m avant 12 ans et après 65 ans.

Précautions

  • Trois ou quatre mois avant le départ, effectuez une remise en forme en pratiquant un sport d'endurance (natation, vélo, course à pied...) ;
  • Consultez votre médecin avant de réserver votre voyage pour vérifier que vous n'avez pas de contre-indications au trekking en haute altitude ;
  • Montez lentement pour accroître votre temps d'acclimatation et maximiser vos chances d'atteindre la cime. Ceci est primordial sur le Kilimandjaro car les dénivelés journaliers dépassent les 400 mètres recommandés au delà de 3000 mètres d'altitude;
  • Prendre du Diamox un à deux jours avant votre ascension
  • Cessez de fumer (c’est l’occasion) ;
  • Buvez de l'eau en abondance : plus de 3 litres par jour, pas d'alcool ;
  • Manger régulièrement et en quantité suffisante (mais pas trop non plus). Préférez les aliments énergisants (riz, céréales, pain...) aux graisses ;
  • Ne pas dormir seul au delà de 4000 m car c’est la nuit que les œdèmes se déclenchent.
  • Vérifiez que votre agence de trekking dispose d'un caisson hyperbare et d'une bouteille d'oxygène ;
  • Connaître les signes du Mam et son échelle de gravité.

Traitement du Mal Aigu des Montagnes

Essai du caisson hyperbare sur les pentes du KilimandjaroStade 1 &2 : Prendre du repos à la même altitude est généralement suffisant pour apaiser les troubles et envisager de reprendre l’ascension le lendemain

Stade 3 : Redescendre d’urgence. Si celle-ci n’est pas possible, utiliser le caisson hyperbare.
Le docteur Emmanuel Cauchy (alias Docteur Vertical), également guide de haute-montagne, fondateur de l’institut de formation et de recherche en médecine de montagne et auteur du livre Petit Manuel de médecine en montagne aux éditions Glénat, préconise trois médicaments :

  • Le Diamox : à utiliser en préventif 2 jours avant l’ascension bien qu’il puisse aussi être utilisé de façon curative. A ce sujet sachez que l'utilisation du Diamox en prévention fait débat. Alors que la Wilderness Medecine Society le déconseille en préventif car des effets secondaires existent (lire la thèse de Pascale Della Santa - lien dans la rubrique En savoir plus), Emmanuel Cauchy, médecin du secours en montagne à Chamonix, fondateur de l’Iffremmont et guide de haute-montagne, le préconise : « l’acétazolamide (Diamox) est le plus efficace, surtout en traitement préventif à condition de le prendre au moins 24 heures avant l’ascension et de le continuer pendant l’ascension… ». Je ne peux que trop vous conseiller d’en parler avec votre médecin.
  • Le Viagra : son action est bénéfique surtout sur l’œdème pulmonaire.
  • Le Célèstène : à utiliser notamment pour les Mam récalcitrants.

Médicaments délivrés sous ordonnance. Consultez votre médecin pour leur utilisation.

Note

Consultez votre médecin avant de partir. Il fera le point avec vous sur les vaccinations et le mal des montagnes et vous pourrez constituer votre trousse à pharmacie avec lui !

Pour en savoir plus

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