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La randonnée de l’Orlogeur dans le Jura

Rédigé le 13/05/2015 - Lu 2955 fois
La randonnée de  l’Orlogeur dans le Jura5 jours de randonnée dans le massif du Jura, entre Morteau (France) et la Chaux-de-Fonds (Suisse). « L’Orlogeur » est une superbe rando doublée d’un jeu de piste grandeur nature. Une plongée dans les magnifiques paysages de la vallée du Doubs et des Montagnes neuchâteloises, à la découverte de leur patrimoine horloger.

La demeure a de l’allure. Datant de 1576, le château Pertusier, situé à la sortie de ce gros bourg qu’est Morteau, en impose avec sa superbe façade Renaissance. Il abrite le musée de l’horlogerie. Celui-ci retrace l’histoire de cette activité en Franche-Comté depuis le XVIIIe et possède une belle collection d’outils et de superbes pièces. Depuis cette imposante horloge astronomique, construite en 1855, jusqu’au plus petit mouvement de montre du monde, à peine un gramme, créé par Jaeger-Lecoultre.

Voyage avec les maîtres du temps

Drôle d’endroit quand même pour entamer une longue randonnée : cinq jours à arpenter le massif du Jura, admirer les courbes voluptueuses de ses montagnes, à travers forêts et pâturages. Il faut dire que « l’Orlogeur » n’est pas non plus une rando comme les autres. Le but n’est pas seulement de marcher. Mais aussi de découvrir, de tâter du doigt cette réalité économique qu’est l’industrie horlogère dans la région. Hier comme aujourd’hui, elle est le trait d’union de part et d’autre de la frontière.

Long de 60 km, « l’Orlogeur » est bien plus qu’un itinéraire à thème. Conçu dans l’esprit d’un jeu de rôle, c’est un plaisant et instructif voyage avec les maîtres du temps. Le marcheur se glisse dans la peau d’un contrebandier, glane des indices, résout des énigmes, récolte des (modestes) pièces d’horlogerie pour les emporter d’un pays à l’autre. A l’image de l’orlogeur –sans « h » dans ces temps-là– qui allait de ferme en ferme pour prendre soin du bien le plus précieux, la pendule familiale.

Bien sûr, le principal atout de l’Orlogeur réside dans les magnifiques paysages traversés. Et leur diversité. Le Saut du Doubs, que l’on atteint au milieu du parcours, non loin de Villers-le-Lac, constitue sans doute le tableau le plus spectaculaire. Haute de 27 m, la chute d’eau bouillonne, impressionne. Surtout après de grosses pluies. Elle se laisse contempler de très près, quelques mètres seulement, depuis un balcon aménagé à cet effet sur la roche. Classé « grand site national », l’endroit attire tout au long de l’année des cohortes de promeneurs.

© Régis Ravegnani

Quatre musées en cinq jours

Evidemment: le Sentier de l’orlogeur relie les quatre musées de la région dédiés à la montre et à l’horlogerie. Ils sont deux de chaque côté de la frontière. Et aussi différents que complémentaires.

En France, celui de Morteau constitue le départ de la randonnée. Il est plutôt tourné vers les horloges. Celui de Villers-le-Lac retrace l’histoire de la montre à travers les siècles. Côté suisse, le musée du Locle possède une extraordinaire collection d’automates. A la Chaux-de-Fonds, l’arrivée de la rando, l’Espace de l’urbanisme horloger fait la part belle à la montre contemporaine.

Quatre musées en cinq jours, c’est beaucoup, non ? Eh bien, non. D’abord, vous consacrez à chacun d’eux le temps qu’il vous convient. Quelques minutes s’il s’agit seulement de répondre aux questions du « guide initiatique » qui accompagne chaque randonneur. A l’inverse, pour peu que l’on s’intéresse au sujet, il est difficile de s’en arracher.

Les larges méandres du Doubs

Juste avant d’y parvenir, l’Orlogeur –qui sur cette portion emprunte le tracé du GR5– fait découvrir des lieux plus confidentiels. Plus haut dans la montagne, depuis un belvédère caché par la végétation et désert, le marcheur embrasse du regard un sacré panorama : les bassins du Doubs. Ce sont les larges et paresseux méandres que forme la rivière, dans une sereine grandeur.

Le Doubs est singulier : avant de se transformer en un impétueux torrent dans son fameux Saut, il est d’abord très paisible. Et traverse une longue retenue d’eau, ce qui subsiste d’un paléolac, une curiosité géologique mondialement connue. C’est le paradis du héron cendré, de la foulque et du grèbe huppé. Plus inattendu, du chamois aussi, sur les hauts rochers aux formes étranges qui bordent le lac. Ce jour-là, le bateau –eh oui, l’Orlogeur n’emprunte pas seulement les sentiers– rase les berges pour que les passagers puissent mieux voir l’animal.

© Régis Ravegnani

Il y a bien d’autres découvertes. Comme ces anciennes bornes frontières en granit, ornées du lys français et des chevrons de Neuchâtel. Au fil des pas, l’Orlogeur sait faire aimer les courbes voluptueuses des vallons, le charme d’une clairière, un mur de pierres dans un pré. Mille petits riens. Ajoutés à la beauté d’une chapelle, d’une grande et vieille ferme recouverte de tavaillons, des tuiles traditionnelles en bois, ils font de cette randonnée une superbe leçon de choses grandeur nature.

Les villes, non plus, ne laissent pas insensibles. La dernière étape relie Le Locle à la Chaux-de-Fonds, toutes deux inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco. Ce sont de parfaits exemples de symbiose entre activité, l’horlogerie, et urbanisme : plan en damier, pour faciliter les livraisons et le déneigement, multiples fenêtres aux immeubles, pour apporter plus de lumière dans les ateliers. Une rigueur si joliment ordonnée qu’elle en est plaisante.

D’autant qu’elle est saupoudrée ça et là de touches d’Art nouveau. Au Locle, où le randonneur débouche quasiment sur les toits de l’usine Tissot –et aux abords se trouvent de grands noms comme Rolex ou Zenith–, on ne peut manquer l’imaginatif hôtel de ville. Et, autre genre, juste avant d’entrer dans la Chaux-de-Fonds, le marcheur passe devant la Maison Blanche, que Le Corbusier –né ici, il y a encore construit d’autres villas– dessina pour ses parents en 1912.

L’Orlogeur se termine, après la visite du Musée international d’horlogerie, à l’Espace de l’Urbanisme horloger. Et comme tout randonneur assidu, c’est là que j’ai obtenu mon « diplôme d’Orlogeur » en bonne et due forme.

Informations pratiques

L’Orlogeur est le premier des 4 itinéraires (trois pédestres et un à VTT) des Chemins de la Contrebande. Le site "Les chemins de la contrebande franco-suisse" permet de télécharger tous les renseignements pratiques (topoguide, tracé GPS, fiche technique…) ainsi qu’une épatante application multimédia fort utile. Elle sert notamment de table d’orientation pour indiquer, durant le trajet, les centres d’intérêt, les hébergements...

Le chemin de l’Orlogeur est long de 60 km et se fait en 5 étapes (retour possible en train). Ses instigateurs –en l’occurrence la communauté de communes Syndicat mixte du Pays horloger, côté français, et le Parc naturel régional du Doubs, côté suisse, dans le cadre du futur Parc du Doubs franco-suisse– n’ont pas lésiné. Fléchage particulier sur tout le chemin et totems ludiques, carnet de route (en français, allemand ou anglais) à chaque participant, entrée offerte dans les musées… : rien ne manque, tout est gratuit. Le soin apporté à l’itinéraire et la minutieuse organisation forcent l’admiration.

Bonnes adresses

  • L’auberge du Vieux Chateleu, une rustique auberge de caractère, non loin de Morteau
  • Hôtel Le France (3*) avec sa table gastronomique à Villers-le-Lac
  • Les Greniers du Meix-Lagor, un gîte de charme et une bonne table en pleine nature
  • L’Auberge sur la Roche, au Chauffaud près de Villers-le-Lac, tel. 03 81 68 08 94. Accueil sympathique et sa façade est classée aux Monuments historiques.
  • Le Panetier, une grande boulangerie à La-Chaux-de-Fonds, 12 rue du Grenier, qui sert aussi d’excellents plats à petits prix le midi.

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Bernard Frantz
Rédacteur
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