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Trek dans le désert de Badain Jaran

Rédigé le 12/10/2016 - Lu 930 fois
Trek dans le désert de Badain JaranMéconnu, le désert de Badain Jaran dans la province de la Mongolie intérieure abrite pourtant les plus hautes dunes du monde avec une hauteur de 400 mètres. La plus grande s'appelle même Everest, c'est dire. Pendant 9 jours, nous suivons notre caravane de chameaux à la découverte de ce désert étonnant.

Lorsqu’on évoque le désert en Chine, on pense immanquablement à l’immense Takla Makan : Occupant une bonne partie de la province du Xinjiang, il est LE grand désert d’Asie centrale. Les écarts de températures y sont extrêmes, les fleuves s’y perdent, des cités entières y ont été englouties, d’illustres explorateurs les ont cherchées. Mais il existe d’autres déserts, aux dimensions certes plus modestes, mais possédant aussi un certain pouvoir attractif.

Badain Jaran

Badain Jaran, le désert méconnu

Dans la province de Mongolie intérieure, au Nord du couloir de Héxi, le désert de Badain Jaran est un de ceux-là : Ses 2 caractéristiques principales sont la présence de très nombreux lacs et la hauteur des dunes. Si on regarde une carte de cette étendue sableuse d’un peu loin, on croit à un motif géométrique régulier : Sur plusieurs rangées et plusieurs colonnes des petits lacs bien alignés sont entourées de grandes dunes en croissant toutes disposées selon la même orientation. La hauteur de ces jolis pâtés de sable est assez remarquable puisqu’on serait en présence des plus hautes dunes du monde, avec des dénivelés dépassant les 400 mètres, la plus haute est même appelée « l’Everest ».

Alashan Youki, la citée vide

Alashan Youki, une cité Han improbable, constellée d’immeubles neufs mais vides, prête à accueillir des milliers d’habitants : Où sont les volontaires ? Etrange ambiance dans ce Far West, seul un petit centre-ville, ou plutôt une longue rue bordée de commerces, semble fournir un peu d’animation. Mais aussi des parapluies, si utiles pour se mettre à l’ombre. A moins d’une heure de bus, sur le bord de la route, 2 hommes et une femme, une quinzaine de chameaux (A 2 bosses). L’un des gars sera notre cuisinier, le couple s’occupera des bêtes. Nous voilà partis dans la fournaise, rapidement le sol se dérobe. En effet comme le dira un des participants à propos de la marche dans le sable: « Quand c’est mou, c’est dur ! ».

Les choses s’organisent, nous passons par les crêtes, la caravane cherche à se déplacer au plus facile. La difficulté est de se retrouver le soir au camp. L’eau est aussi une préoccupation car les lacs sont tous saumâtres. La tente mess procure de l’ombre mais dessous l’air est étouffant, dehors un très léger vent chaud ne parvient pas à faire oublier un soleil de plomb. L’été, la température n’est pas supportable, l’hiver, elle est glaciale. Aux intersaisons il faut jongler avec les vents de sables que nous avons subis lors d’une seule journée heureusement. Il faut être un camélidé pour supporter ces conditions ou bien une tique ! Tel un film de science-fiction, à chacun de nos arrêts, elles sortent des buissons et foncent droit sur nous, et si l’on bouge un peu, elles modifient leurs trajectoires comme des robots. Elles sont capables de se cramponner toute la journée à votre sac et de se laisser choir dans votre tente pour atteindre enfin les zones tant convoitées : Les plis du corps humain. Epluchage collectif le soir.

Décor grandiose

Jusqu’ici reconnaissons que le tableau est plutôt sombre, alors que le décor et l’ambiance sont grandioses. A peine une cabane ou un campement tous les 3 jours (installé au bord d’un lac pour pêcher des crevettes microscopiques) personne d’autres pour déambuler dans ce dédale de dunes (En 10 jours nous avons croisé 3 4X4 chinois qui nous ont photographiés sous toutes les coutures). Rien que nous et du sable. J’avais entendu parler de ce désert grâce à un article de Jean Marc Porte dans trek Mag et j’ai eu bien du mal à trouver des participants mais surtout un guide chinois capable de me fournir la logistique. Ayant déniché la perle, nous voici embarqué dans ce lieu si particulier. Les théories vont bon train : Sous le sable une immense nappe phréatique serait responsable de :

  • La présence des lacs
  • La stabilité des dunes (Par capillarité ?)
  • L’implantation d’une immense ville

Il se dit aussi que le pompage massif de cette nappe (Souvent nos amis chinois font les choses en grand) pourrait engendrer bien des modifications, mais pour l’heure il n’en est rien et nous pouvons profiter du spectacle. Avec les plus motivés, nous attaquons « l’Everest », une ascension de plus de 2 heures pour 450m de dénivelé ! Et en déployant l’intégralité de nos alvéoles pulmonaires ! Sur la fin du parcours, un superbe petit monastère bouddhiste vient compléter le tableau. Il est malheureusement vide et fermé mais son reflet dans le lac devant les dunes est un enchantement.

Soudain dans le ciel, un vol de bombardiers B52. On les entend mais on ne les voit pas. Même en cherchant bien. De plus le bruit s’éternise étrangement. Nous comprenons, ce sont en fait les « dunes chantantes » (Que dire d’un chant que l’on confond avec le bruit d’un bombardier ?)
Il nous semble surprenant que ce désert ne soit pas plus visité : Les dunes ont les dimensions de montagnes, la solitude y est garantie, la multitude des lacs embelli le décor. Nous poursuivrons notre périple dans le corridor de Héxi jusqu’aux portes du grand frère, le Takla Makan et les très célèbres grottes de Mogao à Dunhuang.

Badain Jaran Guide pratique

Il me semble qu’organiser un voyage pareil en individuel et sans parler le chinois relève du grand défi. Peu de personnes parlent l’anglais (Même dans les hôtels à Alashan Youki)
Par contre, de nombreuses villes de provinces sont bien desservies en aérien sur le territoire chinois. Nous avons opté pour Lanzhou afin de visiter le corridor de Hexi, étroit passage entre les monts Qilianshan au Sud et les hauts plateaux désertiques au Nord. Les villes garnisons et les forteresses qui ont protégées ce couloir stratégique au cours de l’histoire sont souvent bien trop restaurées et aujourd’hui situées en pleine ville, osons le dire, c’est un peu décevant. Notre périple s’est terminé à Dunhuang, porte d’entrée du Takla Makan et surtout lieu de départ pour les grottes de Mogao. Là aussi « l’aménagement à la chinoise » transforme un peu les choses en Disney Land mais la beauté des grottes est bien réelle, et pour ceux qui ont lu « Bouddhas et rodeurs sur la route de la soie » de Peter Hopkirk, c’est un moment fort.

Pour des renseignements pratiques, vous pouvez me contacter.
www.alpimondo.com

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François Pillon
Rédacteur
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 Accompagnateur en montagne depuis 1987, j'ai la chance de parcourir l'Asie dans le cadre de mon travail. Et qui ne rêve pas de vivre de sa passion ? Découvrir des paysages superbes,rencontrer des habitants souvent accue...
 


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