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Canoë sur le lac Kipawa

Rédigé le 05/08/2017 - Lu 814 fois
Canoë sur le lac KipawaRécit de mon voyage en canoë sur le lac Kipawa en Abitibi-Témiscamingue au Québec. Pendant 4 jours sur 52 km, j’ai exploré avec des amis québécois les méandres de la partie nord du lac Kipawa de la baie du deux milles à la baie Dorval. Une fabuleuse aventure !

Avec plus de 1300 km de côte, le lac Kipawa en Abitibi-Témiscamingue au Québec est une véritable mer intérieure, un petit paradis pour la pratique du canoë et du kayak sur plusieurs jours. En Algonquin, Kipawa signifie « c’est fermé ». En regardant une carte du lac, je comprends aisément son sens. Pendant 4 jours, je suis parti explorer une toute petite partie des méandres labyrinthiques du lac Kipawa entre la baie du deux milles et la baie Dorval ; un parcours de 52 km de difficulté facile à moyenne (et sans portage) avec des nuits en bivouac sur de petits îlots inhabités.

C’est la première fois que je partais en itinérance en canoë et je dois dire que j’ai été émerveillé par cette nature généreuse et cet espace infini. Je suis parti avec France, Diane et Mario, trois québécois qui m’ont fait découvrir l’univers du canoë, leur région et leur amour pour le plein air. Quel plaisir ce fut de partager ce moment avec vous trois !

Canoë sur le lac Kipawa

Petit à petit, je prends la mesure de l’environnement qui m’enveloppe, je fais corps avec lui.

A coup de pagaies et de maringoins

La première journée comme en randonnée n’est finalement pas la plus facile. Il faut laisser le corps s’habituer à la pratique du canoë, trouver la bonne position dans l’embarcation et ajuster son coup de pagaie.

Au départ de la Baie du deux milles, je suis plus concentré sur ma pratique que sur le paysage qui m’entoure mais au bout de deux heures de navigation, je me sens enfin bien. J’ai le regard qui porte loin, les gestes deviennent naturels malgré un reste de tendinite à l’épaule droite. Petit à petit, je prends la mesure de l’environnement qui m’enveloppe, je fais corps avec lui.
Nous traversons successivement la baie des plongeurs, la baie du huard et le chenal de Kipawa où nous posons notre premier bivouac sur un îlot après un peu plus de 18 km de navigation.

Canoë sur le lac Kipawa

En montant le camp, je suis surpris de voir une tente messe avec une moustiquaire pour prendre le repas. « Le printemps a été particulièrement pluvieux, les maringouins et mouches noires sont nombreux cette année » me dira Mario. Ce n’est qu’une fois le soleil couché que je comprends ses propos. Peu habitué à me faire piquer en France, je me suis couché sans prêter garde aux mouches noires qui s’étaient glissées dans la toile de ma tente. Une erreur que je n’ai pas reproduite 

Tente messe anti maringoins

Sans en faire ni trop ni pas assez, sachez que les maringoins et les mouches noires agissent au crépuscule. Avec des vêtements longs et un réceptif efficace de type Watkins, on vit globalement bien avec. Et la journée sur le lac, les petites bébêtes volantes ne piquent pas sauf dans les sous-bois sombres. Et si vraiment vous développez des allergies aux piqures, partez plutôt en août ou en septembre, on n’en trouve quasiment plus à cette période. Je ferme cet épineux sujet qui interroge de nombreux voyageurs désireux de se rendre au Québec.

Les deux canoës progressent le long des falaises. Pas un bruit ne vient déranger la plénitude de ce corridor de granit.

 Baie du Canal (lac Kipawa)

Vent de face et baie du Canal

Le temps est couvert quand nous quittons le bivouac mais les nuages ne tardent pas à partir avec le vent qui se lève. Lorsque nous quittons le chenal de Kipawa pour entrer dans la passe de Fox, le vent nous fait face. Il faut davantage appuyer les coups de pagaie pour avancer. Le vent est le facteur aléatoire qui peut radicalement modifier la difficulté de l’itinéraire. Il peut aussi être dangereux en provoquant des vagues importantes pouvant déstabiliser une embarcation voire la faire chavirer. Par chance, on n’en n’est pas là et c’est heureux que nous nous abritons du vent en entrant dans la baie du Canal.

Les deux canoës progressent le long des falaises. Pas un bruit ne vient déranger la plénitude de ce corridor de granit. Le long des parois, nous nous arrêtons de pagayer. Je me souviens avoir fermé les yeux pour mieux ressentir le lieu. Je n’ai reçu que des vibrations positives. Comme c’est agréable…
Au fond de ce passage nous attend le second bivouac. Equipé d’un quai, il est blotti dans un écrin boisé où chantent quelques oiseaux venus nous souhaiter la bienvenue. Un vrai bivouac de rêve !

Bivouac de la baie du Canal

Bivouacs de rêve et logistique incroyable

Avant de monter le camp, nous plongeons dans l’eau claire du lac. Jamais je n’aurais pensé me baigner au Québec !

Trois tentes et une un cuisine plus tard, Diane et France préparent l’apéro et le repas pendant que Mario allume un feu. Nous trinquons, bière pour les uns, vin pour les autres, à ce moment privilégié qui nous réunit. Moi qui suis habitué à réaliser des bivouacs en trekking, je suis surpris de tout le matériel et nourriture emportés. On est comme des princes dans notre royaume. Il faut dire que les canots permettent de transporter pas mal d’équipements sans faire d’efforts supplémentaires.

Au crépuscule, je suis souvent assis au bord de l'eau pour admirer les lumières qui se déploient dans le ciel. J'ai l'impression d'avoir un écran 4K devant les yeux. J'en prends plein les mirettes.

A chacun de nos bivouacs, nous faisons attention à ne rien laisser sur place. Nous appliquons systématiquement le principe du « leave no trace ». On peut être prince et respectueux de l’environnement !

Crépuscule sur le lac Kipawa

Avec son croissant rayé dans le cou, le huard est un bel oiseau ténébreux.

Le chant des huards

Tout au long de notre navigation, nous avons pu écouter avec attention le chant des huards, cet oiseau que nous appelons plongeon imbrin en Europe. Tous les soirs lorsque nous étions au bivouac, je me postais un moment sur un rocher près des eaux paisibles du lac Kipawa et j’attendais ce chant mélodieux dans lequel j’aimais me perdre quelques secondes. Il faudrait d’ailleurs parler de chants au pluriel car j’ai bien entendu différentes variantes, tantôt langoureuses, tantôt moqueuses. Mais tout ça n’est qu’interprétation au final.

Un soir, j’ai même eu la chance de pouvoir le photographier au large de l’îlot où nous campions. Avec son croissant rayé dans le cou et ses yeux rouges, le huard est un bel oiseau ténébreux. Je le vois comme un poète préférant les lacs brumeux aux plages de sable blanc.

Plongeon huard

Le parc national Opémican

En quittant le bivouac de la baie du Canal, nous avons toute une portion au cœur du lac Kipawa avant d’entrer dans les eaux du parc national Opémican récemment créé et qui ouvrira au public en 2018. Toute une série d’îlots à travers lesquels nous naviguons sont dans le sanctuaire. La plus grosse est l’île aux fraises. J’imagine qu’on peut y trouver des fraises sauvages. On ne s’y est pas arrêté puisque nous avons posé le dernier bivouac sur l’îlot du Sandy Portage. Encore une fois, quel beau bivouac !

La pointe de Sable

Pour le dernier jour, nous traînons avant de partir. Nous avons le temps et voulons faire durer le voyage en canoë. Nous faisons un arrêt à la pointe de sable. Vu du ciel, elle est impressionnante !

En prenant la route vers la baie Dorval, mes compagnons de navigation me font passer devant la première cabane installée sur les rives du lac Kipawa il y a trois générations. Cela fait seulement 4 jours que je suis parti et j’ai l’impression que j’ai passé une bonne partie de ma vie ici. Il n’y a pas à dire, ce trip en canoë sur le lac Kipawa m’a totalement coupé du monde. C’était bien l’fun. C’est sûr, ça ne sera pas mon dernier trip en canoë ni ma dernière escapade en Abitibi-Témiscamingue. Ça c’est dit !

La première cabane installée sur le lac Kipawa

Informations pratiques

Itinéraire, trace GPS, bivouacs & application

J1 : Baie du deux milles - Camping sauvage du chenal Kipawa / 18 km
J2 : Camping sauvage du chenal Kipawa - Camping sauvage de la baie du Canal / 14 km
J3 : Camping sauvage de la baie du Canal - Camping sauvage de l'île du Sandy Portage / 14 km
J4 : Camping sauvage de l'île du Sandy Portage – Baie Dorval / 6 km

Ce parcours comporte toute une série de campings sauvages qui a été identifiée sur le portail Accès Plein Air initié par l’association Tourisme Abitibi-Témiscamingue. Chacun peut donc une fois qu’il a téléchargé la trace GPS de l’itinéraire choisir où il veut dormir. Chaque site comporte deux infos : le nombre de tente pouvant être planté et une notation de A à D selon le confort.

Avant de partir sur ce trip en canoë sur le lac Kipawa, téléchargez la trace GPS ou installez gratuitement l’application Accès Plein Air sur votre smartphone (téléchargez la version IOS ou Android).

Location de canoë et de kayak

Deux adresses pour louer votre canoë ou votre kayak.

Les P'tits Roberge
67, RUE SAINTE-ANNE
VILLE-MARIE
J9V 2B6
Tel : 001-819 629-2548
okpneus[at]cablevision.qc.ca

Ils ne livrent pas. Il faut donc une voiture capable de transporter l’embarcation pour rejoindre le point de départ. Il y a aussi :

Algonquin Canoe Company
ÎLE DU LONG SAULT
THORNE
P0H 2J0
Tel : 001-705-981-0572
Info[at]algonquincanoe.com

Et si vous souhaitez acheter votre embarcation, nous avons navigué sur des canots Abitibi&CO : un Prospecteur 15 et un Explorer 17'9".

Recharge des batteries

Je suis parti sur ce trip de 4 jours en canoë sur le lac Kipawa avec un drone, mon appareil photo Fujifilm XT-2, une caméra vidéo et une GoPro. Tout cela est énergivore en batteries. Pas d'électricité évidemment sur le voyage. J'ai donc rechargé l'ensemble avec mon panneau solaire Goal Zero Nomad 20 et ma batterie Sherpa 100 équipée de son onduleur.

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