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Auvergne, au pays des volcans

Rédigé le 01/06/2007 - Lu 31016 fois
Auvergne, au pays des volcansL'Auvergne est comme une femme : à peine est-on dans ses bras chaleureux et verdoyants, ou au creux de ses formes arrondies, qu'on refuse de les quitter...
Cet article se compose de plusieurs pages à retrouver à la fin de l'article !

17/07/2004 (Préambule : La Bourboule)

Décidément, à force d'y songer, jamais je ne me serais cru suffisamment fou pour vouloir partir ainsi, seul, sur les sentiers de l'Auvergne. Dès le mois de mars, je m'y préparais en consultant des brochures commandées par Internet ; aussi mes envies de m'éloigner de Paris et de briser la monotonie se décuplaient-elles. Plus je m'enfonçais dans les merveilles à découvrir là-bas, plus mon esprit s'égarait vite en vagabondage.


Dès lors où mes dates de départ et de retour furent fixées, ni mon entourage familial ni professionnel ne devenait plus mon centre d'intérêt. Rien d'autre que la région du Sancy, dont je devais accaparer les douceurs du paysage et la tranquillité. Je m'offrais par conséquent une véritable cure de désintoxication : il me fallait d'urgence déraciner du travail. Le choix de cette destination avait été établi pour le besoin d'un roman. Ou, plus exactement, pour une série de chapitre inspirée en partie par l'Auvergne. Donc je partais l'esprit léger et confiant. Après une succession d'échanges auprès de l'agence « Puy de Dôme tourisme », me voilà prêt pour de longues journées de randonnée.

Non, mon voyage dans le pays des Volcans ne serait pas de tout repos. Un circuit en boucle de quatre jours et cinq nuits m'attendait, suivi de près par un itinéraire libre de deux jours et trois nuits ; je devais enchaîner par une visite en profondeur de la ville de Clermont-Ferrand, où je ponctuerai le tout par... Silence ! inutile d'en dire plus, la surprise est au bout de mes carnets.

© Fédération française de la randonnée pédestre
© Fédération française de la randonnée pédestre

Après des préparatifs soigneusement emballés, j'enfourchai le train de 8h47, depuis Paris et en partance pour la Bourboule, via Clermont-Ferrand ; et le cœur serein je savourais à l'avance les petits bonheurs que mon séjour me procurerait. Dois-je préciser que ma dernière excursion en dehors de la région parisienne - mise à part la Bretagne d'où je suis originaire - remontait à cinq ans ? L'occasion et mes finances m'interdisaient tout voyage coûteux. Raison supplémentaire pour profiter à fond de ces huit prochains jours.

Dans le train, le sommeil me transporta dans des rêves féeriques, parsemés de verdure, de lacs et de montagnes à ravir. Mon voyage imaginaire eut, à regrets, une fin : l'annonce de l'entrée en gare de Clermont-Ferrand me fit sursauter. A peine eus-je le temps de réfléchir à mes actes, que déjà je mettais pied à terre sur le quai. Le soleil était camouflé par une mince couche nuageuse, à la limite orageuse ; cependant l'air était suffocant, la sueur se gluant vite à la peau. Je rejoignis d'urgence ma correspondance sur un autre quai et m'installai dans le TER. Les quatre-vingts minutes qui me portaient jusqu'à la Bourboule (850 mètres) me parurent très court, tellement je me surprenais à rêvasser.

Il me fallut peu de temps, au sortir de la gare, pour dégager mon appareil photo de mon sac et mitrailler tout ce qui rendait grâce à mes yeux. Proche de l'église, je me fis accoster par deux petits vieux qui regardaient avec insistance mon matériel photo. Une brève conversation convergea vers les clichés intéressants à acheter, dans les Souvenirs, puis l'un d'eux me questionna le menton rieur : « Connaissez-vous la photo à prendre en noir et blanc ? » Je répondis négativement, il enchaîna sans tarder : « Un curé dans la neige ! » Il termina dans un bon éclat de rire. Nous nous quittâmes ainsi, après un salut. Cet accueil improvisé me donna raison sur l'esprit campagnard et sauvage de l'Auvergne.

En bordure de la Dordogne, qui traverse la Bourboule depuis le Massif du Sancy pour se jeter en Corrèze, cette ville est réputée pour sa vocation thermale. Je déambulais dans les rues les yeux submergés d'émerveillement.

J'effectuai un repérage rapide de mon hôtel, « Le Charlet » ; puis je prolongeai ma visite des lieux. A un carrefour, à la sortie de la ville, je consultai un topo-guide pour ma prochaine destination. Mon pèlerinage débuta par la Roche des Fées.

J'enjambai la Dordogne par un pont et m'engageai dans une avenue en pente abrupte. A peine une centaine de mètres plus haut, je tombai sur un petit parking. Sur ma droite, un talus rocheux m'invitait à l'escalader : c'était le rocher de la Bourboule, qui surplombait la ville entière et ses environs escarpées. Je m'exaltai à la vue d'une perspective saisissante sur, à ma gauche, la Banne d'Ordanche et, au loin, le Puy Gros ; et à ma droite, une partie de la roche Vendeix. Plus éloigné encore, je pouvais reconnaître les va-et-vient des téléphériques jusqu'au plateau de Charlanne.

L'inspiration me vint pour immortaliser ces différentes images en clichés. Certes, les turbulences nous menaçaient d'une froideur par la présence de nuages persistants, pourtant le tournesol accroché au ciel frappait très fort à chacune de ses rares apparitions ; tandis que la chaleur, dans ces moments, redoublait d'intensité avant de chuter brutalement dans la fraîcheur.

Ici, j'en profitai pour me reposer et téléphoner à mes parents, en Bretagne. Sitôt de nouvelles photos prises sous différents angles, je quittai le rocher et grimpai avec conviction jusqu'au sommet de la Roche des Fées, à 900 mètres d'altitude. Là-haut, je découvris un panorama inattendu. La Bourboule se distinguait difficilement à travers les feuillages. En revanche, la Banne d'Ordanche était de loin le lieu le plus visible. Il surplombait à trois kilomètres le village de Murat-le-Quaire, où j'envisageais de passer une nuit dans les prochains jours ; ses maisons étaient facilement reconnaissables avec ses toits couverts de lauzes.

Finalement, je redescendis de la Roche depuis un autre versant, alors que 18 heures sonnaient bientôt. Personne ne m'avait forcé à gravir cinquante mètres plus haut, avec mon sac à dos de surcroît ! Cependant, cette première balade improvisée dans les rocheuses m'avait permis de constater ma bonne endurance physique et, au surplus, m'avait ouvert complètement l'appétit. Désormais, direction avant tout vers l'hôtel !

« Le Charlet » bénéficiait d'un goût du terroir, un charme infroissable. Ma chambre était convenable pour une seule personne et je commençais déjà à déballer mes affaires sur le lit : ma randonnée récente m'avait plongé dans une sueur que seule une douche désaltérante achèverait d'effacer les traces. L'hôtel renfermait de nombreuses propriétés stimulantes : espace Tonic, au sous-sol, avec piscine, hammam et jacuzzi. Quel délice ! Je m'étais régalé une demi-heure durant, pataugeant, nageant, voguant au rythme des vagues. Jamais je ne m'étais senti aussi bien, et en m'amusant en plus !

A partir de vingt heures, je descendis, décrassé, jusqu'à la salle de restaurant. Chaque table est réservée en fonction du numéro de la chambre ; la cohabitation avec les autres tables devenait, ainsi, peu conviviale.

La chaleur s'accroissait en début de soirée ; une atmosphère pesante accompagnait le repas : un orage en perspective ? Ce soir, soucieux de mémoriser mon itinéraire du lendemain, je restai tard dans ma chambre. Une longue journée m'attendait et, paraît-il, le sommeil avait le vice d'être réparateur.

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Philippe Manaël
Rédacteur
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Photographe passionné, je suis également auteur de romans d'aventures. Sensibilisé aux Reflex dès 2002, grâce à l'acquisition d'un Pentax MZ-50, j'ai vite évolué vers les Nikon, en octobre 2004. Le F80 est idéal pour ...
 


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