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Les glaciers patagoniens en péril...

Rédigé le 01/09/2010 - Lu 1577 fois

Le site notre-planete.info fait le point sur les glaciers de Patagonie, terre de trek très appréciée...

Contrées perdues aux confins du continent latino-américain, la Patagonie et la Terre de Feu, archipel à l'extrémité Sud, abritent les plus majestueux géants de glace du monde. Les glaciers patagoniens, dont le célèbre Pio XI, le plus grand d'Amérique latine avec ses 1292 km², surplombent les vallées chiliennes à l'ouest et argentines à l'est. Ceux de la Terre de Feu, les pieds dans l'océan, plongent dans les méandres des fjords.

Ces glaciers reculent. Leur régression vient d'être quantifiée à une échelle régionale. Une vaste étude de chercheurs de l'IRD et de leurs partenaires, portant sur 72 d'entre eux, montre que la grande majorité des glaciers patagoniens et de Terre de Feu ont considérablement diminué depuis 1945 : jusqu'à près de 40% pour certains.

Une tendance générale au recul
La position du front des glaciers en Patagonie fut pour la première fois décrite à une échelle régionale en 1956, par le glaciologue franco-chilien Louis Lliboutry. Ce dernier a réalisé des croquis de cartes à partir de photos aériennes prises en 1944-45. Pour estimer le retrait des glaciers, les chercheurs ont comparé ce type de cartes historiques à des images prises entre 1973 et 2005 par les satellites ASTER et Landsat de la NASA.

Près de 90 % des glaciers étudiés sont touchés. Sur les 72 étudiés, seuls huit sont restés stables et un a avancé. Le Marinelli, dans la Cordillère Darwin, en Terre de Feu, détient le record, avec une diminution de 12,2 km, soit un pourcentage de retrait de 37,6 %, suivi de près par le O'Higgins, au Sud de la Patagonie, et le San Rafael, au Nord, qui affichent un recul, respectivement, de 11,6 km et de 5,7 km.

Parmi les 30 qui ont le plus régressé, les petits glaciers, d'une superficie inférieure à 50 km², s'avèrent les plus affectés. La majorité d'entre eux se situent en Terre de Feu, ceux de Patagonie étant généralement plus larges, avec une pente moins importante. Cependant, les scientifiques n'ont pas mis en évidence de relation directe entre la taille des glaciers et leur variation de longueur.

Chaque glacier réagit à sa façon
Cette régression généralisée est probablement due au réchauffement atmosphérique observé dans la région. Les glaciers, de par leur nature, sont particulièrement sensibles à la variabilité et au changement climatiques. Géométrie du bassin, topographie, conditions d'ablation au front, dynamiques et temps de réponse propre à chacun ... : autant de paramètres qui influencent également la vitesse de fonte.

La plupart des glaciers étudiés s'avancent dans la mer ou les lacs de montagne tels une langue dont se détachent régulièrement des icebergs, conduisant à des taux de retrait très variables. Ce type de glaciers est en effet caractérisé par des phases de recul abruptes suivies de périodes de stabilité. Le San Rafael et le O'Higgins, par exemple, connaissent ainsi une énorme accélération de leur retrait depuis les années 1970. A l'inverse, les glaciers qui ne vêlent pas présentent généralement une régression plus linéaire.

Des données difficiles d'accès
Pour expliquer plus précisément ce phénomène de recul, les chercheurs doivent désormais calculer les bilans de masse et déterminer les temps de réponse des glaciers, mais aussi approfondir les études climatiques dans la région. Pour l'instant, ils disposent en effet de peu de séries climatiques et de données au sol car ces immensités hostiles, balayées par des précipitations fréquentes et des vents violents, ne délivrent pas aisément leurs secrets. L'instrumentation scientifique est difficile à maintenir sur le terrain et la couverture satellitaire, du fait des nuages omniprésents, est mauvaise.

Les glaciers patagoniens et de la Terre de Feu ont considérablement reculé depuis 1945. Si les conditions climatiques actuelles se maintiennent, ce phénomène va continuer. Une perspective qui compromet entre autres à moyen terme le mégaprojet de centrales hydroélectriques, prévoyant la construction d'une série de barrages, entrepris par le gouvernement chilien. Autre enjeu de taille, au niveau planétaire : la fonte de ces glaces contribue de manière significative à l'élévation globale du niveau marin, qui menace notamment de faire de nombreux réfugiés climatiques dans le monde.

http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus.php?id=2472

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Audrey
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Audrey, graphiste et photographe, je suis passionnée de voyages et d'art !