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Fondation Petzl : le point sur le couloir du Goûter !

Rédigé le 18/02/2011 - Lu 7273 fois

La fondation Petzl propose une contribution pour limiter les accidents dans le couloir du Goûter, sur la voie normale du mont Blanc.

Depuis 2006, la Fondation Petzl milite dans le monde entier pour essayer d'apporter aux différentes communautés son aide et son expertise dans les domaines de la prévention, de la formation, de l’environnement et de la sécurité en milieu vertical, que ce soit dans le cadre d’activités de pleine nature ou en milieu urbain et industriel.

 

► Réflexions et études

En janvier 2010, la Fondation Petzl s’est engagée, en relation avec la Commune de Saint-Gervais Mont-Blanc, dans une réflexion à la fois éthique et technique qui concerne un sommet emblématique : le mont Blanc.
Avec une fréquentation comprise entre 30 000 et 35 000 visiteurs par an (tous accès confondus), le mont Blanc est l’un des sommets les plus attractifs au monde. Cette spécificité pose la question des conditions d’accès et de sécurité.

Sur la base de données concernant aussi bien les voies d’accès des principaux sommets emblématiques dans le monde, que l’accidentologie dans le massif du Mont-Blanc, l’évolution du climat, la géologie du site, la hausse de fréquentation des alpinistes tentant l’ascension, la Fondation Petzl a proposé et financé une première étude concernant l’amélioration de la sécurité dans le couloir du Goûter.

Il est important de bien dissocier la question de la difficulté d’un itinéraire et de ses dangers. La contribution de la Fondation ne vise pas à rendre plus facile l’accès par cet itinéraire, mais à limiter l’exposition aux dangers objectifs qui conduisent à trop de drames.
 

►Le couloir du Goûter

Parfois appelé le «couloir de la mort», le couloir du Goûter, notoirement exposé aux chutes de pierres, est depuis longtemps un secteur reconnu comme dangereux.
Il se situe entre le refuge de Tête-Rousse (74 places, 3 167 m) et le refuge du Goûter (100 places, 3 817 m).
Aujourd’hui, la plus grande majorité des prétendants au sommet (qu’ils soient alpinistes chevronnés, professionnels ou candidats d’un jour) emprunte ce point de passage incontournable de la voie normale.
À 3 340 mètres d’altitude, la traversée du couloir, longue de 90 mètres, est un passage particulièrement délicat. Enneigé en juin, mais le plus souvent sec en pleine saison estivale, le couloir est raviné par les chutes de pierres quand les températures ont fait fondre la glace et la neige.

La sécurité active bénéficie déjà d’un important dispositif :
- informations disponibles : bulletins météo, conditions sur la montagne, topos...
- accompagnement par des professionnels (guides de haute montagne),
- secours performants,
- câbles dans le couloir et sur la dernière partie de l’arête du Goûter,
- balises de cheminement sur le dôme du Goûter.

 

► Avant projet de sécurisation du couloir

La Fondation Petzl a financé une étude technique, menée par l’entreprise MEIGE et une équipe d’experts* afin d’effectuer une analyse du terrain et de proposer des solutions. L’étude de faisabilité prend en compte les diverses contraintes et les aléas : topographie, chutes de blocs, neige, avalanches…

Divers projets ont été envisagés et étudiés :
- purge de la paroi et ancrages,
- protection de la traversée du couloir avec des fi lets ASM (Anti-sous-marins) ou par un ouvrage en béton armé,
- galerie,
- passerelle souple de type himalayen.

 

► Une réflexion partagée

Début janvier, à la demande de la commune de Saint-Gervais Mont -Blanc, la Fondation Petzl a présenté aux professionnels de la montagne ses premières propositions.
L’ensemble des acteurs déjà rencontrés semble d’accord sur la nécessité de trouver une solution pour limiter la dangerosité du passage sans porter atteinte à la valeur du site et sans faciliter son accès.

Au cours de cette rencontre, les guides ont présenté des photographies prouvant la présence de blocs de très grande taille (50 tonnes) en sommet du couloir.
Ces documents ont permis de préciser les trajectoires et les énergies des chutes, en mettant en évidence que l’ouvrage situé à 25 m de hauteur pouvait être touché par 3 % des blocs ce qui n’est pas admissible. Il serait possible techniquement de construire une passerelle à 35 m hauteur, mais cela serait incompatible avec la préservation du site. Notre contribution s’oriente donc vers l’étude d’une galerie de faible diamètre (2 m), considéré comme totalement viable et adapté.
Actuellement en cours d’étude et de vérification, le rapport définitif est prévu fin février 2011. Il sera soumis à toutes les personnes intéressées.

*Les experts du dossier : Didier Lemaréchal, expert gérant de MEIGE et chef de projet, ingénieur géotechnicien, s’est entouré de plusieurs ingénieurs, dont un spécialiste des structures en câbles, un spécialiste du CEMAGREF (avalanches), un ingénieur environnement du bureau d’études Karum pour la faisabilité environnementale (faune/fl ore, intégration paysagère) et un ingénieur gérant d’Alpes Études.

 

Petits rappels :

> L’accès au mont Blanc est libre.
> La moitié de l’ascension se fait en transports en commun (train ou téléphérique).
> Ce sommet est trente fois plus fréquenté que le McKinley, près de cinq fois plus que l’Aconcagua.
> 4 voies « classiques » accèdent au mont Blanc : la voie de Saint-Gervais en passant par le couloir du Goûter, la voie des Grands Mulets, les 3 monts depuis Chamonix
(Tacul, mont Maudit et mont Blanc) et la voie Italienne nommée voie du Pape.

http://www.fondation-petzl.org/

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Audrey
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Audrey, graphiste et photographe, je suis passionnée de voyages et d'art !