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Retour sur le sommet du voyage d’aventure (ATWS) en Patagonie chilienne

Rédigé le 21/10/2015 - Lu 2214 fois

Cité touristique de la Patagonie chilienne, Puerto Varas a accueilli début octobre le sommet mondial du voyage d’aventure, l’Adventure travel world summit (ATWS). 700 délégués de l’Atta (Adventure travel trade association) venus de 90 pays ont participé à cette grand’messe festive. Durant une semaine, l’occasion de faire du business bien sûr, mais aussi de réfléchir aux différents aspects d’un marché toujours en pleine expansion.

Adventure Travel World Summit

Les rencontres professionnelles ne sont que l’un des pivots de ce sommet. En milieu de semaine, une journée leur est entièrement consacrée. Explicitement baptisée « place du Marché », elle fait se croiser tours opérateurs et agences réceptives –celles qui montent et proposent des circuits dans leur pays– du monde entier. Les uns et les autres ont en commun de parler le même langage, celui du voyage d’aventure. De connaître et respecter les mêmes règles du jeu dans l’optique d’un tourisme durable et respectueux.

L’engouement pour l’ATWS et son retentissement vont croissant. Michelle Bachelet, la présidente de la république chilienne, est ainsi venue saluer les congressistes. Elle leur a même réservé la primeur d’une annonce d’importance, la création d’un sanctuaire marin d’un million de km2 au large des côtes chiliennes, incluant notamment l’une des îles de Pâques.

Trois questions à… Shannon Stowel, président de l’Atta

Malgré son nom, l’Adventure Travel Trade Association (Atta) est une société commerciale qui met en relation les différents acteurs du tourisme d’aventure. Basée à Seattle (USA), son président est Shannon Stowel, 47 ans. Il en a fait la formidable machine qui organise chaque année, entre autres, le sommet du voyage d’aventure.

- Le tourisme d’aventure est-il réellement bénéfique ?
Oui, c’est une force positive. Une force tranquille pour protéger l’environnement, soutenir l’initiative locale à travers le business. Amener les différents gouvernements à en prendre conscience est aussi l’une de nos priorités. Faire en sorte qu’ils prennent en compte ce marché qui grandit si vite, si profitable à tous.

- Vous pensez que le marché va encore continuer à croître ?
Tous les indicateurs, toutes les tendances le démontrent. C’est une certitude.

- La planche de salut de l’industrie du tourisme ?
La ultima esperanza, comme on dit ici. Le dernier espoir. Pour cela, il faut travailler correctement, de manière responsable, faire du bon business. Et les compagnies de tourisme d’aventure font du bon boulot. Ici même, en Patagonie chilienne, c’est un bel exemple. Il faut protéger l’environnement tout en générant des revenus. C’est sûr, il y a un futur possible, en démontrant que l’agriculture intensive et les mines ne sont pas les seules ressources.
 

«La Revolucion de la aventura »

La grande majorité des participants a goûté au voyage d’aventure sur place. En guise de hors d’œuvre, ils avaient le choix entre une quarantaine de circuits à pied, à cheval ou encore en kayak à travers le sud du Chili.
Le grand intérêt de l’ATWS réside aussi dans la densité des conférences et débats, avec quelque 25 rendez-vous. L’édition 2015, appelant à la « Revolucion de la aventura », a réuni un plateau de choix. L’un des premiers intervenants, et non des moindres, a ainsi été Doug Tompkins. Fondateur de la société North Face, il a créé avec son épouse Kristine –elle-même ancienne propriétaire de la société Patagonia– un empire « vert » en Patagonie. Entre l’Argentine et le Chili, pas moins d’une douzaine de parcs naturels. La réponse de ces philanthropes écologistes à « la pire menace que connaît la planète depuis les 65 derniers millions d’années ».

Chef de tribu indigène, restaurateur en vogue ou diplomate, d’autres encore, moins médiatiques et tout aussi percutants sont venus donner un éclairage particulier au tourisme durable. Pour ceux-là, les notions d’empathie et de compassion prennent tout leur sens.
« On trouve ici à la fois un état des lieux du marché et de l’inspiration sur les programmes à développer », explique Lubomir Popiordanov. Ce Bulgare à la tête d’une agence de trek et de magasins d’outdoor à Sofia, qui emploie 35 personnes, participe pour la 6ème fois au sommet. Et ne tarit pas d’éloges. « C’est un laboratoire d’idées, dit-il, où l’on se parle à cœur ouvert. »

« C’est un bon observatoire des tendances globales », note pour sa part Eric Balian, directeur général adjoint de Terres d’Aventure, l’un des grands du voyage à pied. Au passage, il faut d’ailleurs noter que la délégation française s’étoffe d’une édition à l’autre. Ils étaient une bonne dizaine à Puerto Varas. «Ici, je n’ai cependant rien trouvé de franchement révolutionnaire, juge-t-il, mais c’est une excellente plate-forme d’échange, à l’opposé de ce qu’on a en France. »

wolff

Bernard Frantz
Rédacteur
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