Comment bien utiliser un GPS de randonnée ?

Utiliser un GPS de randonnée paraît parfois complexe et son utilité mal comprise. Que peut-on faire avec un GPS, comment fonctionne-t-il ? Avec cet article, i-Trekkings va tenter de vous (re)concilier avec cet instrument d’orientation. Comment bien utiliser un GPS de randonnée ? Eléments de réponse...


Si chaque gamme de GPS utilise sa propre interface rendant difficile de décrire précisément les étapes à suivre pour paramétrer, préparer son GPS pour sa randonnée dans un seul article, la méthodologie reste la même pour tous. Pour profiter pleinement de son GPS, il faut un fond de carte pour se situer et une trace (ou des waypoints) pour être guidé.

Comment bien utiliser un GPS de randonnée ?

Principe du GPS

Le Global Positioning System est un réseau constitué de 24 satellites (à l’origine) appartenant à l’armée américaine. Avec 12 satellites pour l’hémisphère Nord et 12 pour l’hémisphère Sud, il permet grâce à un récepteur GPS (un GPS de randonnée par exemple) d’obtenir sa position sur terre avec une précision d’une dizaine de mètres. Le récepteur a besoin de capter 4 satellites au minimum pour pouvoir déterminer sa position. En complément du réseau satellitaire, il existe deux réseaux terrestres, WAAS aux États-Unis et Canada, ainsi qu’EGNOS en Europe. Ils permettent d’affiner la précision de positionnement à environ 3 mètres dans les zones couvertes (il faut pour cela que votre GPS soit compatible WAAS/EGNOS et l’option activée). Aujourd’hui avec notre dépendance au GPS de plus en plus accrue, et pour faire face à la concurrence, les Américains agrandissent leur réseau (31 satellites à ce jour) pour améliorer la précision et la fiabilité du système. Car la constellation de satellites GPS n’est pas unique.

La Russie dispose du réseau GLONASS et de nombreux récepteurs GPS sont compatibles avec celui-ci. En captant deux constellations différentes, GPS et GLONASS, ces récepteurs permettent d’obtenir une meilleure fiabilité et précision surtout lorsque le récepteur capte peu de satellite (dans le fond d’une vallée, dans une forêt dense…). En 2020, l’Europe possédera son propre réseau appelé Galileo. Constitué de 30 satellites, il offrira une précision de quelques mètres et sera compatible avec le réseau terrestre EGNOS. A savoir que la Chine déploie également son propre système.

Utiliser un GPS de randonnée

Un GPS de randonnée peut soit être utilisé comme outil d’orientation principale, soit en secours. Dans ce second cas, il sert essentiellement à se positionner sur une carte, lorsque l’on est perdu par exemple. Il suffit de lire les coordonnées GPS qu’il indique et de les reporter sur la carte pour se situer immédiatement (pour plus de détails, consultez l’article d’i-Trekkings « Comment lire une carte de randonnée » au chapitre : Les coordonnées de position). Il peut permettre également de transmettre rapidement sa position aux secours en cas de problème.

Bien sûr, pour user de tous les atouts d’un GPS, il faut l’utiliser en tant qu’outil d’orientation principal. L’utilisation d’un GPS demande une préparation en amont de sa randonnée si l’on veut profiter pleinement de ses capacités une fois sur le terrain. Pour cela, il faut :

  • Une carte numérique
  • Une trace à suivre et/ou des waypoints

Carte numérique

Il existe deux types de carte pour les GPS. La carte raster qui est (pour simplifier) une carte papier qui a été scannée. Elle est souvent plus économique, mais moins adaptée aux GPS. Par exemple, plus on zoome sur la carte, moins celle-ci est net et son temps de chargement (affichage de la carte sur le GPS) est lent. Alors que la carte vectorielle est une carte redessinée numériquement, couche par couche où chaque élément est indépendant. Cela permet d’isoler des éléments en les filtrant pour les mettre plus en évidence. Par exemple, de mettre plus en évidence les sentiers de randonnée pour mieux les distinguer du reste. Elle offre aussi l’avantage de n’avoir aucune perte de qualité quelque soit le niveau de zoom.

Les cartes numériques sont produites soit par les instituts géographiques du pays concerné, comme l’IGN pour la France, ou des éditeurs de cartes papiers, soit par des projets communautaires, comme OpenStreetMap qui offre une cartographie mondiale gratuite. Pour les deux premiers cas, les fabricants de GPS proposent sur leur site l’achat de ces cartes numériques, à télécharger. On peut aussi les acheter en librairie (on achète une carte mémoire à insérer dans le GPS ou un code donnant droit à un téléchargement). Elles sont généralement chères mais ce sont les plus complètes. Pour les projets communautaires, ils sont souvent propres à chaque pays, il faut donc faire quelques recherches sur internet pour les trouver. Il n’y a qu’OpenStreetMap qui couvre l’ensemble des pays du monde. Ces cartes sont souvent gratuites, mais un peu moins complètes. Avec un nombre d’utilisateurs croissants, elles sont avec le temps de plus en plus détaillées et souvent suffisantes. Si TwoNav propose ces cartes à télécharger sur son site pour quelques euros, facilitant ainsi l’installation, pour les installer sur un GPS Garmin, il faut se débrouiller seul en les téléchargeant depuis des sites d’OpenStreetMap (ici ou ).

Trace GPS et waypoints

L’un des atouts du GPS est de pouvoir afficher la trace du parcours que l’on suit, sur un fond de carte. Pour cela, il faut copier dans le GPS un fichier au format GPX (format standard d’échange entre GPS) qui contient les traces et waypoints de la randonnée que l’on compte effectuer. On peut récupérer des traces GPS auprès d’autres randonneurs sur des sites de partage, comme TraceGPS ou VisuGPX pour la France, ou Wikiloc qui couvre le monde. Leur avantage, c’est qu’ils permettent de trouver un grand nombre de traces facilement, mais par contre aucune vérification des traces n’est faite. Si une personne s’est égarée, a effectué un détour… cela sera enregistré dans le fichier GPX. Il est important d’étudier la trace (de voir quel chemin elle suit) avant de partir, pour s’assurer que c’est bien le chemin que l’on compte suivre. Certains offices du tourisme, organismes, topo-guides proposent aussi parfois des traces à télécharger.

La seconde option consiste à dessiner soi-même sa trace. Avec le logiciel correspondant à son GPS, Land pour TwoNav, BaseCamp pour Garmin, et la carte numérique installée, il suffit de dessiner l’itinéraire de sa randonnée en suivant le sentier de randonnée présent sur la carte. On peut également ajouter des waypoints sur les lieux importants, comme les refuges, les cols… Il existe des alternatives aux logiciels de fabricants des GPS qui ne sont pas toujours simple d’utilisation, avec les sites de planification comme OpenRunner. Ces sites sont généralement simples et disposent de nombreux fonds de cartes différents, dont les cartes IGN. On peut aussi dessiner sa trace à l’aide du logiciel GoogleEarth qui a la particularité d’utiliser des images satellites comme fond cartographique.

Enregistrer son parcours

En plus du guidage, un GPS peut enregistrer (dans un fichier au format GPX) l’ensemble du parcours effectué. Cela permet de revoir sa randonnée à son retour sur un logiciel comme GoogleEarth, de la garder pour une prochaine sortie, de la publier sur des sites de partage de trace GPS ou encore d’illustrer les récits de randonnée sur I-Trekkings.

Viewranger

Les applications GPS

Si les applications GPS pour smartphone sont souvent plus intuitives à l’utilisation et surtout plus économiques (pas de GPS de randonnée à acheter), leur utilisation est plus limitée. Il est conseillé de les utiliser pour des randonnées courtes (faible autonomie de la batterie) ou en secours de la carte papier, comme outil d’orientation secondaire. Pour des randonnées en montagne ou à l’étranger, il est impératif d’opter pour une application qui fonctionne en mode hors ligne (c’est-à-dire sans connexion internet), comme OsmAnd ou ViewRanger. Pour une utilisation régulière, des randonnées de plusieurs jours, il est préférable d’investir dans un GPS de randonnée. Il reste à ce jour plus adapté, plus fiable, plus robuste, plus autonome qu’un smartphone.

Une fois la carte et la trace installées dans le GPS, il suffit d’activer le suivi de la trace pour que le GPS vous guide à travers les sentiers, et suivant ses options, il peut aussi afficher de nombreuses informations, comme la distance jusqu’au prochain col, les dénivelés effectués et restants, le temps de marche pour atteindre le prochain refuge… Mais surtout vous saurez toujours où vous vous trouvez exactement et la direction qu’il faut suivre pour atteindre votre étape. Si par beau temps, sur un sentier balisé, cela peut paraître futile, sur des itinéraires non marqués et/ou par mauvais temps, le GPS trouve tout son intérêt.

Quel que soit le GPS ou application GPS choisi, leur utilisation demande toujours un temps d’apprentissage. Il est important de s’entraîner à l’utiliser et de bien connaître son outil avant de se fier à celui-ci pour une utilisation courante. Concernant le choix d’un GPS, vous pouvez vous reporter à la page test d’i-Trekkings pour retrouver les modèles qui ont été testés.

Le GPS a un principal défaut, avec son petit écran, il ne permet pas d’avoir une vue d’ensemble de son itinéraire. C’est pour cela qu’il est important de toujours garder une carte papier avec soi.

Simon Dubuis
A propos de l'auteur

Voici quelques années, je me suis échappé d'une vie qu'il faut souvent suivre au pas... Aujourd'hui je déborde d'énergie que je dépense dans la marche afin de parcourir des milliers de kilomètres pour découvrir les merveilles de la nature. Mes terrains de jeux préférés étant les montagnes et les zones désertiques, là où poussent le...



http://www.dubuis.net

dix-neuf + un =