Comment choisir sa doudoune ?

Porter une doudoune, c’est comme se glisser au chaud sous sa couette l’hiver. Elles sont légères, chaudes et très confortables. Mais comment s’y retrouver dans la multitude de doudounes disponibles, entre duvet et synthétique, les termes techniques et le prix allant de 50 à plus de 350€.


La doudoune est un vêtement très apprécié des randonneurs, elle est légère et compacte pour prendre peu de place dans le sac à dos, tout en restant très chaude et douillette. Duvet ou synthétique, petite ou bien fournie, avec capuche, sans manche… il y en a pour toutes les utilisations. Comme trouver une chaussure à son pied, lorsqu’il s’agit de se protéger du froid, il est important de trouver sa doudoune. Pour cela, il faut savoir les décrypter.

Comment choisir sa doudoune ?

L’isolation, duvet et synthétique

L’isolation d’une doudoune peut être soit en duvet naturel, soit en matière synthétique. Parfois certains modèles de doudoune mixtent les deux. Chacun d’eux à ses avantages et ses inconvénients.

AvantagesInconvénients
Duvet
  • Très léger et compact (bien plus que le synthétique pour une même température d’isolement)
  • Douillet, confortable à porter
  • Plus respirant que le synthétique • Cher à très cher (suivant la qualité du duvet)
  • Fuite du duvet en cas d’accro
  • Entretien plus délicat
  • N’aime pas l’eau
Synthétique
  • Economique
  • Reste chaud même humide
  • Facile à entretenir
  • Lourd et volumineux
  • Moins respirant que le duvet (variable suivant le type de synthétique)

Le duvet

Le duvet est une matière naturelle issue, soit de l’oie, soit du canard, qui dispose d’un pouvoir isolant et de compression bien supérieur à celui du synthétique. L’isolation du duvet est liée directement à son pouvoir gonflant. Plus le duvet se gonfle d’air, plus il sera chaud. Ce pouvoir gonflant se mesure en cuin (cubic inch) :

  • Entre 400 de 500 cuin : duvet de moyenne qualité
  • Entre 600 et 700 : duvet de bonne qualité
  • Plus de 800 : duvet de très bonne qualité

Attention, la norme US (américaine) qui détermine le cuin est moins exigeante que la norme EU (européenne). Ainsi, 700 cuin US correspond environ à 600 cuin EU.

Plus le cuin est élevé, plus il tiendra chaud. Pour comparer deux doudounes en duvet, il suffit de multiplier le cuin par la quantité de duvet (à ne pas confondre avec le poids de la doudoune).

  • Doudoune 1 : 600 cuin x 200 grammes de duvet = 120 000
  • Doudoune 2 : 800 cuin x 150 grammes de duvet = 120 000

Dans ces deux cas, les doudounes sont aussi chaudes l’une que l’autre, mais la seconde sera plus légère et plus compressible. C’est ce qui s’appelle l’indice de chaleur dans les tests de doudounes et de sacs de couchages. Évidemment, plus la plume est de qualité, plus la doudoune sera chère.

Les doudounes peuvent être classés en 3 catégories
• 90 à 150g de duvet : micro-doudoune pour les températures autour de 0°C
• 200 à 300g de duvet : doudoune d’hiver et en haute altitude, pour les températures négatives
• 400 à 500g de duvet : doudoune d’expédition pour le grand froid

Un autre point, dont il faut tenir compte, est la proportion de duvet/plumette. Si la plumette est indispensable pour stabiliser le duvet, plus il y a de duvet, plus la doudoune sera chaude et compressible, mais elle sera plus sensible à l’humidité. Les ratios varient généralement de 85/15, jusqu’à 95/5 pour les produits haut de gamme, soit 95% de duvet et 5% de plumette.

L’humidité étant le principal ennemi du duvet, de plus en plus de doudounes ont un duvet traité pour être hydrophobe.

Le synthétique

L’isolation synthétique est faite de filaments de polyester qui imitent le pouvoir gonflant du duvet. Si celui-ci n’est pas aussi performant en terme de chaleur, il est moins fragile, craint moins l’eau et surtout, il est bien plus économique. Son pouvoir isolant dépend de son grammage :

  • 40g/m² à 80g/m² : peu chaud, doudoune d’appoint
  • 80g/m² à 120g/m² : chaud, doudoune polyvalente

Le pouvoir isolant dépend donc du grammage, mais aussi de la technologie de sa conception. Les synthétiques le plus répandus sont ceux de la marque PrimaLoft, mais il en existe d’autres :

  • PrimaLoft One : le plus chaud, le plus léger et compact, mais cher
  • PrimaLoft Sport : un peu moins chaud, mais plus économique, un bon rapport qualité/prix
  • PrimaLoft Eco : moins chaud que le One et Sport, mais écologique, fait à 100% en bouteilles recyclées
  • Polartec Alpha : moins chaud que les PrimaLoft One et Sport, mais plus respirant
  • Coreloft : équivalant au PrimaLoft Sport
  • Ouate : isolant générique utilisé pour les vêtements bas/moyenne gamme, reste plus chaud qu’une polaire

Le tissu, légèreté et résistance

Le tissu a utilisé à également son importance dans le choix d’une doudoune, non pas pour l’isolation, mais pour sa légèreté et sa compression. Plus le tissu sera fin, plus la doudoune sera légère et compressible, mais par contre, elle sera plus fragile. Si une déchirure du tissu sur une doudoune en synthétique n’est pas catastrophique, sur une veste en duvet, c’est la fuite de plume assurée.

La majorité de doudounes sont coupe-vent et déperlantes, mais elles ne sont pas imperméables. Seules quelques rares doudounes le sont, car cela affecte la respirabilité, la compression et bien sûr le prix, qui est déjà souvent élevé.

Des petits plus qui ont leurs importances

Le cloisonnement est important pour les doudounes en duvet. En effet, il permet une bonne répartition de l’isolant sur l’ensemble du vêtement et évite que celui-ci s’accumule en boule, sous la pression du sac à dos, avec l’humidité… Il peut être réalisé soit avec des coutures traversantes (qui transpercent la doudoune de l’intérieur à l’extérieur) soit avec des coutures en H (qui forment des caissons).

  • Couture transversale : La doudoune sera fine mais avec des ponts thermiques au niveau des coutures. Elle est idéale pour être portée sous une veste et pour l’activité (la marche).
  • Couture en H : La doudoune sera très isolante mais volumineuse (effet bonhomme Michelin). Elle sera idéale pour le grand froid et les phases statiques (bivouac).

Une capuche ajoute incontestablement, en dehors du poids, un apport de chaleur, non seulement pour la tête, mais aussi au niveau de la nuque, très appréciable au bivouac. Il faut donc se poser la question avec ou sans capuche suivant l’utilité de la doudoune, pour les phases statiques ou dynamiques.

Il est important que les poches de la doudoune disposent d’une fermeture (une fermeture éclair par exemple) pour éviter les déperditions. Ou alors, il faut que les poches disposent d’une double isolation, une face intérieure (paume de la main) pour ne pas ressentir un froid aux hanches, et l’une sur la face extérieure (dos de la main) pour garder les mains au chaud.

Le propre d’une doudoune est sa compression, il va donc de soi qu’elle doit être fournie avec une housse de rangement ou qu’elle puisse se replier dans sa poche. Dans le cas d’une housse, si celle-ci est imperméable/déperlante, cela garantira que la doudoune restera au sec même si le sac à dos venez à prendre l’eau. Dans le cas contraire, achetez un sac de rangement imperméable d’un litrage à peu près équivalent au sac fourni avec la doudoune.

Ces petits plus apporteront du confort avec contrepartie un poids de doudoune un peu plus important. Tout sera affaire de compromis suivant les besoins de chacun.

En complément de cet article, lisez aussi nos conseils pour s’équiper l’hiver ou encore comment préparer sa randonnée en hiver ?

Simon Dubuis
A propos de l'auteur

Voici quelques années, je me suis échappé d'une vie qu'il faut souvent suivre au pas... Aujourd'hui je déborde d'énergie que je dépense dans la marche afin de parcourir des milliers de kilomètres pour découvrir les merveilles de la nature. Mes terrains de jeux préférés étant les montagnes et les zones désertiques, là où poussent le...



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