4 jours à VTT sur la GTMC en Lozère

Destination : Occitanie » France » Europe | Montagne : Massif Central | Activité : Vélo & VTT  | 
Nombre de jours : 4 jours | Difficulté : 3 | Dénivelé : +3240 m/-3677 m | Type d'itinéraire : Ligne | 
Ecosystème : Campagne, Forêt, et Montagne | Hébergement : Hôtel
Meilleures Périodes : Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre, et Octobre
Récit et trace GPS de ma virée de 4 jours à VTT sur la GTMC (Grande Traversée du massif Central) en Lozère, un itinéraire mythique.
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Traversant les plus belles régions de la Lozère, j’ai roulé 4 jours sur la GTMC (Grande traversée du Massif Central) sur un VTT à assistance électrique. Une rando itinérante vraiment sympa sur un itinéraire mythique. Depuis la Margeride jusqu’aux gorges du Tarn en passant par le mont Lozère, elle m’a fait découvrir des paysages étonnants et variés. Tout en me donnant des sensations fortes sur mon vélo ! Je vous raconte cette virée.

Le bourg de Langogne, la « capitale » de la Margeride, est l’une des deux portes d’entrée en Lozère de la GTMC (Grande traversée du massif Central) à VTT. Desservie par une gare SNCF, elle est commode pour moi. C’est donc ici que commence ma virée. Avec d’autant plus de plaisir que je connais déjà Langogne : l’an passé, j’y ai pris le départ d’une rando à pied sur le GR4 à travers la Margeride. Et j’avais adoré. Cette fois, je reviens en compagnie de mon pote Daniel Walter, qui fait le même reportage pour Voyageons Autrement.

La GTMC, 1 380 km du Morvan à la Méditerranée

La Grande traversée du massif Central (GTMC), c’est un itinéraire VTT balisé de bout en bout, de 1 380 km de long du Morvan, depuis Avallon en Bourgogne, jusqu’au cap d’Agde, au bord de la Méditerranée. 30 000 m de D+, 5 parcs naturels traversés et 2 sites classés au Patrimoine mondial de l’Unesco ! Ça vous parle ? Ben, go !

Côté pratique, la GTMC, c’est plutôt bien fait. Le balisage -celui des Grandes Traversées VTT, des panonceaux avec ronds et triangle rouges, avec le nom de la GTMC- est quasiment impeccable, au moins en Lozère sur les tronçons que j’ai parcourus. Deux topoguides couvrent l’intégralité de la GTMC, celui concerné par la Lozère est le tome 2 (voir lien dans les infos pratiques).

Tout au long de l’itinéraire, des établissements sont recommandés et signalés par un logo particulier. Pour en avoir fréquenté quelques uns, je vous garantis que l’accueil est parfait. La GTMC, qui ne présente pas de grande difficulté technique, est accessible aux VTT à assistance électrique.

Créée voici une vingtaine d’années, la GTMC partait alors de Clermont-Ferrand pour rejoindre Sète, en 680 km. En 2018, elle a été allongée, est devenue plus accessible. Aujourd’hui, c’est une sacrée aventure !

1er jour, de Langogne à l’Habitarelle

+ 869m / – 602 m  32 km Hôtel de la Poste (3*)

Hasard de l’agenda, je démarre aussi un samedi matin, jour de marché. Or, le marché de Langogne, c’est une institution ! Évidemment, la journée commence donc par un tour entre les étals qui se serrent dans toute la vieille ville. Levant aussi le nez pour admirer les veilles demeures, je déambule ainsi jusqu’à la magnifique halle aux grains, du XVIIIe, aux imposants piliers de pierre.

La matinée est déjà bien entamée lorsque j’apprends que mon loueur de vélo fait faux bond. La tuile. Après bon nombre de coups de fil, Jean-Baptiste de GévaudanVélo me dépanne en toute dernière minute. Il livrera le soir même nos engins à notre hébergement, car nous sommes deux dans cette aventure en Lozère. Chapeau et merci ! En attendant, que faire ? Faire le trajet prévu, mais à pied. Pas tout, le temps manque, mais une partie. L’itinéraire devait nous faire passer par le lac de Naussac, que j’avais découvert lors de ma première visite. Nous nous faisons donc déposer plus loin, à mi-chemin de notre première étape, à Chaudeyrac. De là, on continue sur l’itinéraire de liaison menant au tracé central de la GTMC . Et c’est pas mal du tout. Je retrouve les paysages tranquilles de la Margeride, qui m’avaient déjà définitivement conquis l’an passé. Entre deux forêts, s’étalent dans les vallons de grands pâturages. Ils sont piquetés de touches jaunes et blanches, les bosquets de genêts et des blocs de granite qu’une main de géant semble avoir éparpillés.

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Perché sur un promontoire, le village de Chateauneuf-de-Randon marque le bout de ma première étape. Il est joli comme tout avec ses vieilles maisons en pierre. Sur la place centrale trône une monumentale statue de du Guesclin. Durant la guerre de Cent ans, le connétable s’est en effet illustré ici contre les Anglais. D’ailleurs, il y est mort.

2ème jour, de l’Habitarelle à Bagnols-les-Bains

+ 544 m / – 1113 m  45,7 km Hôtel du Pont

Ça y est, nous avons nos montures ! Les choses sérieuses peuvent commencer. Nous filons droit sur la GTMC par la route, en évitant l’itinéraire de liaison. Ça rallonge d’un poil mais permet quelques jolis points de vue supplémentaires. En moins d’une heure, on se retrouve ainsi au col du Cheval-Mort, à 1 453 m, où le poète Léo Ferré a souvent séjourné dans les années 60. C’est là, dans une grande maison -la seule ici- qu’il a notamment écrit « C ‘est extra », une chanson que j’adore et qui me donne toujours des frissons. Une petite pensée pour lui, et c’est parti pour de vrai sur la GTMC.

D’abord en forêt, sur de larges pistes. Dans un site Natura 2000 près du Signal de Randon, le point culminant de cette région magnifique qu’est la Margeride à 1 551 m. Longue descente jusqu’au lac de Charpal. Un endroit très fréquenté : cyclistes, marcheurs, pêcheurs, campeurs… Même des gens qui se baignent dans le plus simple appareil. Je les envie ! Le lac est plaisant, par endroits il a carrément des airs de Canada. Le pourtour, avec ses tourbières remarquables, est aussi classé Natura 2000. Toujours dans la forêt, nous filons vers Laubert, un hameau avec une église dotée d’un clocher en peigne et un étroit château médiéval. Plus haut, arrêt photo au col de la Pierre-Plantée. Il a la particularité d’être le point de rencontre de trois lignes de partage des eaux : celles des bassins de la Garonne, de la Loire et du Rhône.

Les décors changent assez vite. La Margeride s’estompe. Dans les vallons, nous longeons de grands champs de blé, des pâturages. Par moment, j’aperçois déjà le mont Lozère, reconnaissable à ses larges pistes de ski. Puis, c’est la plongée dans la vallée du Lot. L’imposant château de Tournel, en ruines, apparaît au sortir d’un virage. Mais à l’exception d’une haute tour, il est entièrement corseté dans des échafaudages. Circulez, y a rien à voir. De plus en plus raide, la descente se fait sur d’étroits lacets franchement techniques. On arrive sur la route, qu’il faut emprunter sur un km ou deux, avant de retrouver les sentiers. Là, ben c’est à nouveau du sport : l’arrivée à Bagnols se mérite !

3eme jour, de Bagnols-les-Bains à Pont-de-Montvert

+ 1060 / – 1120 m  46 km Auberge des Cévennes
SOLDES D'HIVER !

Il y a d’excellentes occasions de faire de bonnes affaires voire même de très bonnes affaires pendant cette période de soldes (11 janvier au 7 février 2023). Afin de ne pas céder aux tentations déraisonnables des soldes, voici quelques règles à suivre pour acheter responsable :

  • Acheter des produits et vêtements dont vous avez besoin
  • Acheter des produits et des vêtements qui durent
  • Préférer les marques qui s’engagent pour l’environnement
  • Préférer les produits et les vêtements qui favorisent les circuits courts de production (made in France, made in Europe)

Voici quelques offres de nos partenaires :

Moins d’un quart d’heure après le départ de Bagnols, nous voici déjà dans le parc national des Cévennes, classé Réserve de biosphère par l’Unesco. Il faut dire que le parc est très étendu, d’ailleurs je ne vais plus le quitter jusqu’à la fin de mon périple demain soir. Un peu de route, assez peu, et nous voici sur de jolis sentiers herbeux, très chouettes. En chemin, on prend le temps d’admirer une belle propriété, quasiment en pleine forêt. Et, très vite, une sacrée montée ! En haut, on respire. Au propre comme au figuré : désormais c’est plat et le fond de l’air est nettement plus frais.

En fait, cette journée sera celle des superlatifs. Tout est plus, plus, plus. Les paysages sont franchement époustouflants, très différents. Les sentiers sympas à rouler. Une fois sur le plateau, voici une succession de pâturages où les vaches de race aubrac nous regardent passer avec curiosité. Je m’arrête de temps à temps : j’ai un faible pour les vaches et les trouve très photogéniques. Ici, le regard porte loin. Le causse Méjean se laisse déjà admirer avec, en toile de fond, le mont Aigoual. Quasiment sans effort sur ce chemin en balcon, nous arrivons vite au pied du mont Lozère. C’est un massif, composé de plusieurs sommets. Au bord du chemin, j’échange quelques mots avec un couple d’Écossais sur des vtt musculaires. Je trouvais qu’il fait presque froid. Mais non, mais non me rétorquent-ils, faut venir en Écosse… De bivouac en bivouac, le couple fait quasiment toute la GTMC. Chapeau !

Passé le col de Finiels, on s’engage dans une autre vallée, celle du Tarn. Et là, pas de doute, on dirait le sud. Les terres sont plus arides, le soleil cogne déjà plus fort.

Deux jolis hameaux, ainsi que l’un ou l’autre gîte mimi tout plein, perdu en pleine nature, où je me verrais bien passer quelques jours, et la descente continue sur une route agréable. Sans voir une seule voiture, on se laisse glisser jusqu’à Pont-de-Mauvert. Un village carte postale, plutôt animé. Situé sur le chemin de Stevenson, il est plutôt couru. De sympathiques terrasses donnent sur le Tarn. Le lit de la rivière est large. Un pont de pierre, flanqué d’une vieille tour étroite avec une belle horloge, l’enjambe majestueusement. On est arrivés tôt, et c’est tant mieux. Voilà qui laisse le temps de musarder dans le village.

En flânant dans les pittoresques rues de Pont-de-Vauvert, je suis tombé sur de grands panneaux expliquant l’action de « L’arbre aux abeilles ». Cette association porte à bout de bras une initiative généreuse et bénéfique : redonner leurs lettres de noblesse aux ruches-troncs tout en réhabilitant l’abeille noire. Une ruche-tronc ? Tout simplement une ruche installée dans un tronc d’arbre -dans cette région, bien sûr du châtaignier- évidé où les abeilles vivent presque à l’état sauvage. Comme cela se faisait ici, très couramment, jusque dans les années 1940. Quant à l’abeille noire, elle est le fruit d’une sélection naturelle et drastique à l’œuvre depuis des millénaires. Plusieurs sites de ruches-troncs ont été construits, accessibles à tous, autour de Pont-de-Vauvert. Ils s’accompagnent d’autres initiatives -vergers, plantations de châtaigniers, défrichage… destinées à favoriser l’harmonie entre l’homme et la nature, selon les mots d’Yves Elie, le charismatique président de l’Arbre aux Abeilles.

4eme jour, de Pont-de-Monvert à Sainte-Enimie

+ 1630 m / – 2060 m  60 km Hôtel Bleu nuit

Grosse journée qui nous attend, la plus grosse, mais avec pas mal de descente. En tout cas, elle commence de bien belle manière. En guise d’échauffement, une petite route qui grimpe très sec. Nous longeons les gorges du Tarn et d’en haut se laissent découvrir de bien agréables piscines naturelles. Je note ça dans un petit coin de ma tête, car je pense bien revenir dans ces coins sublimes… En attendant, nous voici à un joli petit col à plus de 1 000m, l’Hermet, près du hameau du même nom.

Ensuite, c’est de la piste et dans de super paysages, alternant pâturages et forêts, de chênes et châtaigniers. A un moment surgit un adorable pont, sur le Haut Ramponsel, dont les pierres sont si vieilles qu’elles sont tout arrondies. Et tout de suite derrière, notamment, après le hameau du Rampon, quelques belles grimpettes dans une débauche de cailloux. Avec quelques passages franchement scabreux, elles sollicitent fort les mollets malgré l’assistance électrique. D’ailleurs, il m’a fallu mettre pied à terre à plusieurs reprises. Je ne suis pas encore assez doué. Bien que, j’ai vraiment le sentiment de progresser sur mon engin, de savoir mieux choisir les trajectoires : en clair, je prends vraiment du plaisir sur le vtt, surtout dans de tels décors.

Dans l’immédiat, s’en suit une très longue descente, sur plusieurs km. J’ai l’impression qu’elle dure une éternité, sans doute parce que tout du long je ne peux pas poser les fesses sur la selle ! Ce doit être une ancienne route : de temps en temps apparaissent sur les côtés des parapets de pierre taillée et même, sous la caillasse, de tout petits pavés.

Depuis le matin, excepté un randonneur, nous n’avons vu personne sur la GTMC. Du reste, ailleurs non plus. Comme la plupart du temps. Là, surgissent deux vététistes sur de magnifiques vélos à assistance flambant neufs. Superbement équipés, les deux hommes, originaires de Verdun, s’enquillent la GTMC sur toute sa longueur jusqu’à Agde ! Et à une autre allure que nous…

Après un petit arrêt à Bédouès, histoire de jeter un œil sur sa belle église collégiale du XIVe, me voici sur la route en direction de Florac. J’aime beaucoup moins cette portion : c’est le retour à la civilisation, les voitures. Mas il n’y en a pas pour très longtemps. Après, les lieux deviennent nettement plus touristiques à en juger par le nombre de campings et lieux de villégiature. A Quezac, un village connu pour son eau minérale naturellement pétillante -la source ne se visite pas mais on se voit offrir des bouteilles- je m’arrête plus longuement devant une autre collégiale tout aussi remarquable.

Le reste de mon itinéraire sera beaucoup plus bucolique. Hormis une pause dans les ruelles d’un hameau hors du temps -Castelbouc- accroché aux falaises du causse Méjean, je ne quitte plus les rives du Tarn. Le plus souvent en hauteur, à flanc de falaise. Et là, méfiance : le sentier est étroit, la marche souvent très haute, parfois quelques dizaines de mètres ! De temps en temps, l’itinéraire file juste à côté de la rivière. A plusieurs reprises, des baigneurs s’ébattent dans l’eau. Pas le temps pour moi mais, c’est promis, je reviendrai. Et me voici à Sainte-Enimie, un des « plus beaux villages de France ». Après avoir déambulé dans ses rues pavées où rien ne semble avoir changé depuis plusieurs siècles, je me console à la terrasse d’un café. Et c’est pas mal non plus.

Infos pratiques

La Lozère est décidément faite pour le vélo, que ce soit du VTT, de route, du gravel, du Vtc. Outre la GTMC, de nombreux itinéraires sont proposés. Ainsi que plein d’évènements et de manifestations destinés aux cyclistes. Le site de Lozère Tourisme les recense tous, fourmille d’idées et de renseignements pratiques dans tous les domaines. Une mine d’or.

Location de vélo et transport des bagages

Location de vélos avec Gévaudan Vélo. Les conseils de son gérant, Jean-Baptiste, sont précieux, car il a participé au repérage et au balisage de la GTMC en Lozère, ainsi qu’à la rédaction du Topoguide. Allez-y de notre part !

Transfert de bagages et de personnes (et même de véhicules) avec Transport Louloup : efficace et sans problème. Louloup officie sur tous les circuits de la région (Stevenson, Urbain V…) A partir de 6,5 € par jour et par bagage.

Topo-guides

Deux topo-guides couvrent l’intégralité de la GTMC :

Bonnes adresses sur le chemin

Le Gaec Chalanson, à Bagnols-les-Bains, au lieu-dit Le Crouzet à environ 2 km à la sortie du village en direction de Mende, produit sa tome au lait de vache directement sur place.

A la fois épicerie et resto, Cévennes in the box, non loin du camping de Pont-de-Mauvert, est un lieu qui célèbre les produits locaux, les circuits courts et les richesses agricoles entre Cévennes et Mont Lozère.

A Sainte Enimie, le restaurant de l’Auberge du Moulin est une délicieuse étape gastronomique. Sur sa table se retrouve ce que la région offre de meilleur.

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wolff
A propos de l'auteur

Journaliste professionnel venant de la presse régionale, j'ai toujours aimé bouger. Au fil de mes pérégrinations, j'ai découvert le voyage à pied et à vélo, que j'apprécie énormément l'un comme l'autre. Et plus j'en fait, plus j'en redemande !...



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