6 jours sur la HRP dans les Pyrénées Centrales

Destination : France | Montagne : Pyrénées | Activité : Randonnée  | 
Nombre de jours : 6 jours | Difficulté : 4 | Dénivelé : +6400 m/-6160 m | Distance : 80,5 km | Type d'itinéraire : Ligne | 
Transport : Bus | Ecosystème : Montagne | Hébergement : Bivouac
Meilleures Périodes : Juillet, Août, et Septembre
6 jours de trekking sur la mythique HRP dans les Pyrénées centrales, de la vallée du Lis à à la vallée de Baroude. Récit et trace GPS.
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La HRP, Haute Route Pyrénéenne, le mythique chemin de haute montagne qui traverse les Pyrénées de la mer Méditerranée à l’océan Atlantique. En milieu minéral guidé par des cairns, parfois même juste une vague voie à suivre au milieu des pierriers, le sentier va de refuge en refuge en restant proche des cimes. Cet été, pour notre premier trek ensemble, nous nous sommes lancés sur un petit morceau de ce long périple : 6 jours d’Est en Ouest, du luchonnais à la vallée de Baroude. Objectif : autonomie complète, pour être libres de nos étapes et installer notre bivouac où bon nous semble. Récit.

Jour 1 : de la vallée du Lis au Refuge du Maupas + Pic du Maupas

+ 1900 m / – 600 m 11 km 6h30

Nous sommes début août, il fait chaud dans les vallées. Les sacs sont prêts, chargés à bloc pour 6 jours de bivouac en autonomie complète sur la HRP : tente, duvets, matelas, vêtements et nourriture, quelques livres… L’optimisation est relative mais nous souhaitons tendre vers le zéro déchets pour cette itinérance. C’est un objectif important pour nous, quitte à devoir porter quelques kilos de plus au départ. Semoule, pain, fromage, crudités, …

Départ de la vallée du Lys, on entame la montée dans la forêt sous les pins et les hêtres. Itinéraire connu du pays de Luchon, nous suivons pour commencer le sentier qui monte vers les lacs vert et bleu en longeant le ruisseau et ses cascades. A la fontaine de la Coume, nous laissons le chemin du lac vert sur notre gauche, et poursuivons vers l’Ouest en direction du refuge. Montée verdoyante avec traversées de passerelles jusqu’à une tourbière, puis nous attaquons le dernier tronçon de montée plus rocailleuse le long de la conduite forcée d’EDF.

Environ 100m sous le refuge, nous laissons le sentier du lac bleu à notre gauche et terminons les derniers mètres de traversée pour enfin apercevoir cette mignonne petite cabane de pierre qu’est le refuge gardé du Maupas. Il appartient au réseau du CAF, et est gardé par Nathalie. Refuge minimaliste posé au bord du lac d’enfer à 2400m d’altitude, surplombé par les 3000 du Luchonnais, vous y trouverez un joli dortoir escarpé de 30 couchages, et surtout les toilettes avec la meilleure vue des Pyrénées 🙂

Petite halte ici, on laisse les sacs et c’est à vide que nous attaquons l’ascension vers le pic du Maupas. Les nuages ont rejoint le refuge, nous partons à l’aveugle en espérant vite en sortir. Plusieurs itinéraires sont possibles pour ce pic, dans cette zone recouverte de cairns. Nous choisissons de monter par la Tusse du Maupas en suivant sa petite crête qui rejoint le col sous le pic. Très vite pendant la montée, nous rejoignons le soleil de fin d’après midi qui laisse apparaître une magnifique mer de nuages de laquelle dépassent les sommets.

La suite consiste à traverser une dalle de granit et remonter son fameux « mauvais pas ». Vigilance oblige ici, nous restons concentrés sur ce passage où il faut mettre les mains. Puis dernière ascension dans le pierrier avant de sortir sur la crête et d’atteindre le pic du Maupas. Le vent se lève, et les nuages semblent vouloir nous rattraper. Nous ne trainons pas, ne voulant pas se retrouver perdus dans le brouillard dans cette zone engagée et semée de cairns propices à l’errance. Nous redescendons en contournant la Tusse par l’Est, en profitant d’une rencontre avec une famille d’isards. Nous finissions notre descente pour rejoindre le refuge et célébrer ce premier 3000 ensemble avec une bonne bière artisanale.

Jour 2 : du Refuge du Maupas au Refuge du Portillon

+ 880 m / – 1500 m 9 km 6h00

Début du deuxième jour avec un superbe lever de soleil sur une mer de nuages. Les brebis se lèvent pour nous accueillir et nous encourager, et nous partons, lestés par nos sacs. Il va falloir s’habituer à la charge et apprendre à s’équilibrer.

Nous commençons plein Sud en contournant le lac d’enfer jusqu’à une intersection marquée d’un piquet en métal, puis basculons plein Ouest dans le cirque des Crabioules par un sentier cairné plutôt raide. S’en suivent environ deux heures de traversée du cirque, subjugués par la géologie du lieu : la falaise Nord du Maupas au dessus de nous, le lit de l’ancien glacier et ses dalles poncées sous nos pieds. Nous apercevons le piquet du col des Crabioules après une belle traversée de pierriers, et achevons l’ascension assez raide sur les derniers mètres pour rejoindre la crête frontière avec l’Espagne.

Une fois au col des Crabioules, attention de bien suivre les cairns qui repartent le long de la crête sur la gauche, et de ne pas s’engager dans la cheminée de schistes en face, voie qui semble bien plus directe mais dangereuse puisqu’elle mène à une barre rocheuse.

Nous arrivons au lac de Litérole, côté espagnol, magnifique et bordé d’immenses pierriers multicolores. Pause repas et repos avant de poursuivre notre chemin en remontant vers le col inférieur de Litérole. L’ascension sous le soleil de l’après midi est éprouvante, et les derniers mètres avant l’arrivée au col consistent en un sentier assez raide de gravillons.

Redescente du col en contournant par la gauche, pour rejoindre tranquillement le bas du vallon, entre glacier et pierrier, plein Ouest en direction du lac du Portillon. On récupère vite un sentier bien marqué qui surplombe le lac, descend vers le barrage et rejoint le refuge du Portillon.

Cette « petite » journée s’achève par une bonne baignade glacée dans le lac. Nous avons parcouru peu de distance car le terrain minéral avec notre chargement « ultra light » nous a bien ralenti.

Aux dernières lueurs du jour, nous installons notre bivouac au bord du lacquet qui surplombe le refuge, dominés par les Pics du Grand Quayrat et du Lézat.

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Jour 3 : du Refuge du Portillon au vallon d’Aigue Tortes

+ 750 m / – 1143 m 13 km 7h30

La nuit a été fraiche mais relativement bonne et c’est sous un ciel dégagé que nous nous éveillons. Les sommets s’allument un par un et nous démontons notre bivouac. Toujours bien chargés, nous voilà partis sous la Tusse de Montarqué. Une belle traversée de blocs au dessus du lac du Portillon avant de rejoindre le col du Pluviomètre juste en dessous du Seilh de la Bacque (et de son glacier qui se réduit d’année en année…). Le minéral est omniprésent autour de nous, le Pic des Gourgs Blancs, massif et imposant semble éternel et nous rappelle à notre humilité de simples mortels.

On s’engage dans la descente plein Ouest, avec pour prochain objectif en vue : le col des Gourgs Blancs, en laissant le lac glacé et les Spijeoles sur notre droite. Environ 2km de traversée rocheuse, avec passage d’une moraine impressionnante, avant une remontée raide vers le col. Le pic Gourdon à droite, les Gourgs Blancs à gauche, la vue s’ouvre sur un paysage lunaire de pierriers blancs. Nous y croisons une nouvelle troupe d’isards, peu farouches car bien à l’abri dans les falaises.

Après cette traversée en milieu purement minéral, le paysage reverdit progressivement en descendant le vallon vers les lacs. Pause repas au lac du Milieu, et sa plage qui n’a rien à envier aux Caraïbes. S’en suit le contournement du lac des Isclots et une belle traversée en balcon dans la gorge du ruisseau de Caillauas puis le long du lac du même nom.

Les constructions hydroélectriques du début du 20ème siècle marquent cette partie de l’itinéraire. Nous choisissons de ne pas descendre au refuge de la Soula, en empruntant l’itinéraire alternatif en balcon qui rejoint le lac de Pouchergues par l’ancien chemin des mineurs, débutant par la traversée d’un ancien bâtiment d’exploitation. Cette partie du sentier par moments vertigineuse mérite un peu de vigilance.

On passe sous le barrage du lac de Pouchergues et rejoignons la belle cabane rénovée de Prat Caseneuve qui marque l’entrée du magnifique vallon d’Aygues Tortes. Après cette journée caniculaire, la remontée du vallon nous semble interminable, et nous nous écroulons près du ruisseau en haut du vallon, sous le pic Schrader. Nous voilà bien récompensés par ce magnifique spot de bivouac.

Jour 4 : du vallon d’Aigue Tortes à Parzan

+ 1500 m / – 2000 m 22 km 8h20

Réveil à la fraiche pour attaquer cette grosse étape par la montée au port d’Aygues Tortes avant l’arrivée du soleil.

Nous basculons en Espagne et entamons 1000m de descente vers le refuge de Viados. Première partie magnifique au milieu des pierriers, puis nous retrouvons le GR11, le pendant espagnol de notre GR10, au niveau de la cabane d’Anes Cruces. S’en suit une longue traversée sur un chemin très roulant pour rejoindre la civilisation au refuge de Viados. Descendre aussi bas en altitude, 1800m au refuge, puis 1500 un peu plus loin, et retrouver le chaleur et les voitures est éprouvant. Heureusement, nous remontons rapidement au milieu des pins du parc de Posets Maladeta. Nous subissons la chaleur en ce début d’après midi caniculaire, quand le chemin arrive à une petite passerelle en bois dévoilant une magnifique vasque qui tombe à pic pour nous rafraichir.

Nous continuons ce chemin très bien tracé jusqu’au Paso de los Caballos à 2300m, et rejoignons une piste carrossable qui redescend vers Parzan. Nous terminons cette journée en suivant cette piste surchauffée, à chercher de l’eau et un endroit pour poser la tente non loin du Barranco Urdiceto, quelques kilomètres avant Parzan.

Jour 5 : de Parzan au Lac de Barroude

+ 1500 m / – 965 m 18,5 km 6h15

Réveil difficile en ce 5ème jour, nous achevons la descente par cette fameuse piste jusqu’à un repaire de grimpeurs au bord de la route nationale qui mène au tunnel de Bielsa. Un bon petit dej’ espagnol, des nouvelles de nos proches, et nous voilà prêts pour attaquer la meilleure partie de notre itinérance… 3 kilomètres de route nationale qui relie la France et l’Espagne, sur le bitume surchauffé et agrémenté de passages de camions et autres véhicules pressés.

C’est avec soulagement que nous arrivons enfin au parking d’où part le sentier qui conduit à la vallée de Barrosa. Nous remontons dans la forêt sur une piste et progressivement rejoignons le bord du ruisseau. Tout du long, des panneaux informent sur les anciennes exploitations minières de plomb et d’argent du vallon. La végétation s’éclaircie progressivement pour s’ouvrir sur le magnifique cirque de Barrosa. Nous passons rapidement le refuge de Barrossa, où nous pensions nous ravitailler en eau, mais il s’agit juste d’une petite cabane sans point d’eau et encore moins de part de gâteau maison 🙂

Nous attaquons l’ascension en grands lacets sans difficulté sur le flanc Nord-Est du cirque, où nous trouvons assez rapidement un petit ruisseau pour ravitailler en eau. Le chemin reste roulant un bon moment, et nous avons la chance de rencontrer une belle vipère tranquillement occupée à se chauffer au soleil.

De l’autre côté, nous apercevons le chemin des mines, qui fait le tour du cirque, taillé dans la roche au milieu des falaises. Nous avons une pensée pour les conditions de travail de cette époque où la recherche de richesse dépassait le respect des conditions humaines en Europe.

Le sentier prend progressivement une teinte violette à mesure que nous nous rapprochons du Port de Barroude (2634m), où l’omniprésence de roche d’ampélite donne au paysage un air de volcan du Mordor.

Passé le col, s’ouvre devant nous la vue du lac de Barroude surplombé d’immenses falaises. Les nuages montent par le côté français et le paysage se referme progressivement pendant que nous rejoignons le bord du lac pour y installer le dernier bivouac de notre séjour. Des marmottes bien dodues et leurs petits marmottons alertent de notre arrivée, puis continuent leurs jeux pendant que nous montons la tente. Le plafond est bien descendu, et nous nous replions vite au chaud dans nos duvets pendant que martinets et milans noirs se regroupent pour tenter de passer le col et continuer leur voyage vers le Sud.

Jour 6 : du Lac de Barroude au Plan d’Aragnouet

+ 0 m / – 1000 m 8,5 km 2h20

Un scintillement féérique résonne entre les falaises en ce matin du dernier jour. Pris par ce tintement presque irréel qui s’accentue, se précise, et semble se rapprocher, nous émergeons doucement. Se révèle alors le son des clochettes, et les brebis apparaissent sur la crête Est dans le lever de soleil. Mystère résolu, et le voile de nuages se dissipe et laisse apparaitre les immenses falaises qui surplombent le lac. Nous profitons d’un dernier petit-déjeuner, face aux falaises orangées sous le lever de soleil, et apercevons la grotte du glacier dans le chaos des blocs rocheux.

C’est l’heure de se remettre en marche pour achever cette aventure. Nous laissons la HRP partir vers la chapelle de Héas et redescendons dans le vallon plein Est, juste après la source de Barroude. Le sentier serpente sur 8km pour atteindre Le Plan, sur la route entre Piau Engaly et Saint-Lary. Fin de cette belle itinérance, la prochaine fois le départ sera donné ici !

Cecilou
A propos de l'auteur

L'environnement de montagne dans lequel j'habite et évolue est pour moi plus qu'une passion et un lieu de vie mais avant tout un lieu de ressources inépuisables, de régénération du corps et de l'esprit ainsi que d'activités que j'aspire à partager. Très attachée aux valeurs humaniste et à la protection de la nature et de la biodiversit...



https://www.descimesauxracines.com/
1 Response
  1. Jean Pierre

    Un récit qui me rappellent de bien jolis souvenirs d’une HRP déjà lointaine, même si la remontée le long de la route au nord de Parzan ne fut pas non plus une partie de plaisir !!! Heureusement, à cette époque le tunnel était fermé pour travaux, donc c’était plus calme. J’avais même bivouaqué près de l’ancien poste de douanes

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