A Matmatah coulait un fleuve

Destination : Afrique » Mauritanie | Montagne : Sahara | Activité : Randonnée  | Agence : Tamera 

A Matmatah, la nature garde le souvenir des temps où le Sahara était une luxuriante savane. C'est ici que nous verrons peut-être les derniers crocodiles de Mauritanie.


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C’est plus précisément celui de Matmatah que nous rejoignons. On dit qu’ici, la nature garde le souvenir des temps où le Sahara était une luxuriante savane abritant lions, girafes et éléphants. Qu’ici la nature garde les traces d’immenses fleuves où se baignaient les hippopotames, où les hommes se nourrissaient de poisson. On dit qu’ici demeurent les derniers crocodiles du Sahara. Et c’est rempli du rêve d’approcher ces animaux mystérieux que nous traversons en fin de journée un plateau morne, aux roches noircies par la brûlure du soleil. Un petit oued en entaille les grès et nous en suivons le cours sur quelques centaines de mètres. Là, sous nos pieds, s’ouvre le canyon de Matmatah. Trois cents mètres d’à-pic, plus de douze kilomètres de long et au fond, tout au fond, d’immenses mares…

Un petit oiseau, le traquet à tête blanche, s’approche de nous, comme pour nous distraire. Mais bien vite nos yeux se collent à nouveau aux jumelles. Là, juste dessous, trois cents mètres plus bas, un grand crocodile du désert, solitaire, … puis là plus loin, posés sur les roches chaudes deux, trois, douze. Ils sont bien là. L’excitation est à son comble mais bientôt la lumière baisse, il faut monter le camp, à quelques centaines de mètres de là. Mais je ne peux me détacher du spectacle et je reste seul à admirer ces crocodiles comme pour en graver l’image au plus profond de mes pupilles.

Au fond du canyon il fait à présent sombre. Je profite de la lumière diffuse qui baigne encore le plateau pour observer les chamailleries des cratéropes, ces petits oiseaux grégaires, facétieux et curieux. Le regard de l’un d’eux semble attiré par quelque chose, sur l’autre berge de l’oued; des singes ! Roux, le ventre, les membres et les pieds blancs deux adultes se perchent sur des rochers, scrutent les environs. Tapi, je ne bouge pas, le vent est pour moi, ils ne me sentent pas. Pas de danger en vue, l’un des adultes pousse un cri et soudain une vingtaine dégringole des rochers en direction de l’oued. Les jeunes en profitent pour faire quelques cabrioles et bientôt la troupe échappe à mon regard. La nuit est tombée. Le feu du bivouac me guide vers la tente. Demain, nous descendrons dans le canyon …

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Mammifère omnivore, pogonotrope et dromomane....