Ascension Chopicalqui

Destination : Pérou » Amérique | Montagne : Andes | Activité : Alpinisme  | Agence : Allibert Trekking 


Ascension Chopicalqui. Récit d'une expédition au Pérou de trois semaines pour faire l'ascension de l'Alpamayo (5947 m) et du Chopicalqui (6354 m)
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J 17 : 19 / 07 / 04 : Camp Moraine WP / 012 E /0214874 N /8994016  Alt : 5000 m – Camp 1 WP /013 E /0215657 N : 8993468 Alt : 5400 m

Comme presque toujours l’arrivée des nuages s’estompe pendant la nuit et le ciel est clair dès 1 h du matin. Vue superbe sur les sommets environnants et sur notre objectif qui se découpe sur le ciel.

Petit déjeuner collectif près des porteurs qui fabriquent de l’eau chaude. Bien penser à faire prendre une tasse et une cuillère par personne. Préparation des affaires  à l’apparition du soleil à 8 h 30

Départ 9 h 30. Arrivés au glacier (5150 m) nous croisons tous ceux qui redescendent guides, péruviens, guides allemands, français ils ont passé un très mauvaise nuit au camp d’altitude après le col, froid et vent et ont rebroussé chemin face aux accumulations de neige qui partait en plaques. Il faut dire qu’il a beaucoup neigé avant que nous arrivions et aussi pas mal pendant notre séjour. Me voila donc à nouveau seul sur une montagne qui n’a pas été gravie depuis quelques semaines.

Nous arrivons au camp 1 à midi. Quelques passages de ponts très scabreux  me font changer l’itinéraire. Le camp 1 se trouve en fait à 5400 m sous le col. Les porteurs m’expliquent que c’est l’endroit le meilleur qui ait été trouvé après pas mal d’essais. A l’abri  du vent des pierres et sur le plat. A l’arrivée au camp Vincent trouve les choses pas à son goût et éclate : c’est trop bas ! (Déjà la veille il avait trouvé le camp moraine trop bas et avait influencé Jean Cédric) on ne fait que 300 m etc… Je repense à l’Alpamyo où en influençant les autres il a failli tout faire rater et s’est finalement puni lui même en passant à côté d’une course exceptionnelle. Habitué à faire de montagne en amateur, ayant une grande culture montagne, il a forcement une vision personnelle des choses. Bref je laisse courir devant l’explosion de colère du spécialiste et nous cassons la croûte. Quelque temps après je le surprend en conférence avec les autres les ralliant à sa cause. Alors là trop c’est trop… J’interviens pour remettre les choses au point et pour tout le monde : Rôle et responsabilité du guide éthique de l’expé et du voyage en groupe etc… Ces notions de bon sens semblent être admises par tous…

A 17 h la soupe de pâtes des porteurs est prise collectivement dehors. Le beau temps est revenu et nous assistons au spectacle exceptionnel : des lumières du couchant en haute altitude.

Montée : 405 m
Descente : 25 m
Temps : 2 h 20
Distance : 951 m

J 18 : 20 / 07 / 04 – Ascension Chopiqualqui et retour au Camp de base Chopicalci   WP / 011 :     E / 0214596   N / 8996414 Alt : 4375m
 

Début de la fabrication de l’eau à 2 h (quand les gens ont des thermos il peut être intéressant de les remplir le soir de façon à rendre chaque tente autonome pour le petit déjeuner et de remplir ensuite les thermos pour la course).
 

Départ 4 h dans la nuit étoilée en 1 h de marche nous sommes au  col : WP 014 : E : 0216199 N : 8993442 Alt : 5650 m. Nous continuons sur le versant est du col sur la trace faite la veille par des pentes assez raides et apercevons a la lueur des frontales la cassure de la plaque a vent déclanchée par nos prédécesseurs. Suit un long plateau et la trace s’arête devant une petite pente assez raide de 30 m de dénivellation. Je commence la trace mais la neige sans cohésion s’effondre sous mes pas, j’en ai jusqu’a mi-cuisse et j’ai du mal à trouver un appui pour progresser. Derrière Jean-Cedric s’enfonce encore plus. Après 20 mn d’effort pour parcourir quelques mètres nous arrivons sur un plateau en vue du bastion de séracs sommital.

A partir de là il faut rejoindre en traversant à droite une pente raide en versant est qui donne sur un immense déversoir dont on ne voit pas le fond. Je ne suis pas très chaud et je tente par l’arête tourmentée au milieu de séracs espérant trouver un passage et un terrain plus ferme mais pas de chance ça ne passe plus. Tout le monde admet que nos exploits s’arrêtent là (6020 m) et Alex sort les verres et la bouteille de bourbon dont une larme nous tourne vite la tête.

En redescendant je vais tenter le passage à droite en l’abordant sous la protection de la lèvre de la rimaye. J’attaque la pente avec 2 piolets en neige dure sur 4 m elle redevient très profonde et la pente avoisine les 45 °. Usé nerveusement et il est déjà 10 h et il faudrait installer des cordes fixes sur corps mort, je décide la retraite. Nous sommes de retour au camp 1 à 12 h où nos adorables porteurs nous concoctent la soupe de pâtes qui nous redonne de l’énergie. Il en faut pour porter ce sac lourd jusqu’au camp de base qui est encore loin !

Montée : 800 m
Descente : 1785 m
Temps : 11 h 15
Distance : 1, 2 km + 4,5 km

A propos de l'auteur

Guide de haute montagne, Vingt-cinq années d'itinérance dans les Alpes, l'Amérique du Sud et l'Himalaya en alpinisme, trekking, expéditions et l'émotion provoquée par  la fréquentation de paysages hors du commun ont trouvé un débouché tout naturel à une passion tenace...



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