Asinau – Bavella

Destination : France » Corse | Activité : Randonnée  | 


Asinau - Bavella - GR20 Sud
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Étape 5 – Lundi 28 mai : Asinau – Bavella.

Cette étape-ci a donc commencé la veille en fait. La surpopulation du refuge et le fait de devoir donc passer la nuit sous tente a été encore aggravé par plusieurs facteurs permettant de passer une vraie nuit de merde. Les chevaux du gardien de refuge qui se baladent autour de la tente, Dédé qui ronfle comme un poney et la tempête qui se lève dés la veille au soir pour se prolonger jusqu’à l’épilogue de la journée et de la randonnée.

A vrai dire, vu les journées précédentes, nous envisagions de plus en plus de continuer jusque Conca et de ne pas se limiter à Bavella. Les événements de la journée nous feront nous arrêter à Bavella, comme prévu initialement et les jours suivants nous donneront raison. Au réveil, la tente vole dans tous les sens, seul notre poids l’empêche de s’envoler. Notre plan est le suivant : on attend le départ des groupes et on prend une place au refuge pour la nuit suivante. La nuit a été trop mauvaise et les conditions météo sont défavorables aussi, pas de risques inutiles. Ceux ou celles qui sont partis à l’assaut de l’Alcudina rebroussent chemin et pour notre malheur, les groupes décident de rester sur place un jour de plus, ce qui signifie pour nous qu’il n’y aura pas plus de place au refuge que la nuit précédente, et en plus nous avons replié notre tente, en pleine tempête avec toutes les difficultés imaginables.

Le gardien décide de verrouiller l’accès au Monte Alcudina mais pense qu’il est possible de descendre sur Bavella. Nous profitons donc d’une légère accalmie pour nous échapper du refuge avec Dominique et son copain, ainsi que Jimmy et Olivier, nos voisins de tentes, eux aussi dérangés cette nuit par les ronflements de Dédé, mais prêts à nous déposer à Sulinzara. L’équipée se met en marche mais perd la trace du sentier après 50m de marche, tant il est difficile de lever la tête du sol. La grêle, le vent et la pluie alternent ou s’allient pour rendre cette progression de 4h très difficile. Heureusement le sentier est rapidement protégé par les arbres et les rochers du massif de Bavella. La fin du parcours, plus exposée et contraignant à l’escalade de quelques rochers, sera particulièrement pénible. La grêle se faisant plus forte encore. Arrivés dans la voiture d’Olivier, c’est confronté à un film catastrophe qu’on a l’impression d’être : malmenés par le vent, fouettés par la grêle, forcés de se tenir aux arbres pour ne pas s’envoler parfois. Même la voiture bouge un peu suite aux rafales. Après avoir attendu Jimmy un long moment dans la voiture, nous descendons enfin sur Sulinzara, abandonnant notre GR20, soulagés mais transis de froid. Grâce à nos contacts efficaces à Bruxelles, nous trouvons une location dans un bungalow que nous partagerons avec nos deux amis d’infortune…


Les victimes du GR20 !

Comme expliqué dans le compte rendu d’étape, la fin de notre périple fut très mouvementée. Expliquer ce qu’on a encaissé ce jour-là est difficile car on a l’impression d’être en dessous de la réalité et en même temps d’exagérer. On se cachait réellement. La grêle était trop forte que pour pouvoir s’y exposer, et le vent trop fort que pour pouvoir tenir debout. Les températures flirtaient avec les négatives alors qu’il était 16h, fin du mois de mai, sous des latitudes proches de celles de Rome ! Dans ces conditions, la seule solution raisonnable pour nous a été de s’arrêter. Et pour le bout qu’il nous restait à faire pour rejoindre la route : pas question d’y aller seuls. Malheureusement pour eux, trois randonneurs n’ont pas étés aussi prudents. Olivier Amalric (FRA) et Bozena Gryczka (POL) sont morts de froids à proximité des refuges de L’onda et Carrozzu, sur la partie nord. Une troisième personne est décédée sur la partie Sud. Vu les éléments donnés par la presse locale, il ne fait aucun doute que ce parisien de 64 ans a partagé notre repas la veille au refuge d’Asinau… Il était assis à côté de moi le soir, il a décidé de partir seul le lendemain matin se frotter à l’Alcudina. Il n’est jamais arrivé à Usciolu.