Bonifatu – Tuarelli

Destination : Corse » France | Activité : Randonnée  | 

Bonifatu – Tuarelli - Randonnée Mare e Monti


Carnet : Mare e Monti

  • D+ : 790 m
  • D – : 1200 m
  • Temps de marche : 6h15

A proximité du pont près de l’auberge, nous empruntons le sentier forestier qui monte vers Bocca di l’Erbaghiolu (1258 m). L’ONF gère les 3013 hectares de la forêt de Bonifatu. Plus de 1100 d’entre eux ont été dévastés par les flammes en 1982. Jamais ailleurs qu’en Corse, l’odeur des pins n’est aussi sèche, la poussière aussi ensoleillée et les montagnes arides comme des déserts.

Le sentier passe à proximité des ruines de la maison du Prince Pierre Bonaparte (1815 m – 1881 m) et grimpe en lacets à travers les pins maritimes et les pins laricio. Fièrement dressés vers le ciel, ils peuvent atteindre 50 mètres de hauteur et plus de deux mètres de diamètre. La qualité du bois est exemplaire. Les romains utilisaient déjà le tronc pour fabriquer les mâts de leurs galères.

Peu avant d’arriver à Bocca di Bonassa (1153 m), la présence des sangliers (espèce Sus scrofa meridionalis) est omniprésente. Partout autour de nous, la terre a été retournée par les marcassins locaux. Chassé, le sanglier est souvent mis en cuisine. On le retrouve dans de nombreux plats traditionnels dont la fameuse daube de sanglier et le civet de sanglier.

Si nous n’avons pas observé la sitelle Corse, un petit passereau ne vivant que dans les forêts de conifères corses étagées entre 800 et 1800 mètres d’altitude, nous avons vu un rouge-gorge, un milan et une fasciée et même entendu un pic Epeiche, rouge ou vert, nous ne le saurons jamais.

A Bocca di Bonassa, nous posons les sacs. Je prends la gourde vide et descend par le sentier du PR pour rejoindre la source. Un léger filet coule. L’eau nous servira pour faire chauffer les plats lyophilisés. La partie montante de la journée est terminée. Il nous reste à descendre vers Tuarelli.

A hauteur d’une portion en forme de Z, nous nous arrêtons pour déjeuner. Tartiflette lyo pour Johanne et haché d’agneau et ses légumes pour moi. Nous décapsulons une bouteille de kriek que nous a remis ce matin Samuel. C’et une bière à base de cerise pour ceux qui ne connaissent pas. La pluie s’invite pendant le repas. Autant dire que nous terminons de manger vite fait bien fait.

Nous marchons en roue libre jusque Tuarelli. La descente semble sans fin. Je regarde de plus près les fleurs que nous croisons. L’hellébore de Corse est partout. C’est une plante toxique qui était autrefois utilisée pour soigner les plaies de bêtes ; les feuilles étaient également utilisées pour envelopper les fromages et conserver leur fraîcheur. Les asphodèles porte-cerises sont aussi très présentes sur le bord du sentier. En Corse, on les appelle des luminellis car leur hampes florales sèches donnent une lumière vive quand elles sont brulées lors des processions.

A l’entrée du gîte (☎/fax 04 95 62 01 75), une Ferrari trône comme un trophée. A l’intérieur, Pierrot Mariani, le propriétaire du gîte, est assis derrière un bureau sur lequel se trouve pas moins de 10 paquets de cigarettes et autant de boîtes de médicaments. Ni pharmacie, ni débitant de tabac à l’horizon pour autant ! Pierrot ne laisse pas les clients indifférents. Certains l’aimeront pour son franc-parler, d’autres le détesteront pour les mêmes raisons. Une adresse qui a du caractère.

Sous le gîte, les piscines naturelles de la rivière Fango invitent à la baignade. Hélas en avril, l’eau est si froide qu’elle ferait fuir le moindre norvégien. C’est vous dire !

A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer l...



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