Buis les Baronnies – Poët en Percip

Destination : Auvergne-Rhône-Alpes ; France | Montagne : Baronnies | Activité : Randonnée  | 


Buis les Baronnies – Poët en Percip - Tour des Baronnies
  • D+ : 1220 m
  • D- : 800 m
  • 22 km
  • Temps de marche : 7h00

Comment s’égarer bêtement ?

Au réveil, la tête en vrac, il faut le dire, à cause du boucan de la nuit, nous démontons une tente que nous séchons sur une haie et fourrons les sacs dans la deuxième tente, le temps d’aller prendre le petit-déjeuner en ville et de faire quelques courses. Il nous faut notamment acheter la carte IGN de la journée.

Lors de nos achats, nous passons par la place du marché et ses arcades du XVe siècle. La ville est aussi réputée pour ses deux anciens couvents : le couvent des Dominicains, construit en 1594, est aujourd’hui un centre de vacances, et le couvent des Ursulines édifié en 1679, récemment transformé en centre culturel.
Avant le départ, le thermomètre affiche déjà 24°C à l’ombre. Incrédule, nous échangeons un regard. Nous savons déjà que nous allons souffrir de la chaleur alors que nous avons encore nos tongues au pied.

Nous empruntons les premiers lacets d’une petite route, direction la montagne Saint-Julien. L’atmosphère est lourde. A chaque inspiration, nous tentons d’happer un peu plus d’air que ce que nous recevons. Nous passons plusieurs croupes et longeons les rochers de Sabouillon. Beau panorama sur le Mont Ventoux qui se dresse devant nous tel un mastodonte puissamment installé sur son territoire. Un peu d’air frais vient balayer nos visages ruisselant de sueurs. Le sentier grimpe jusqu’à 1152 m sur le flanc de la Nible puis descend au col de Font-Combran. Cette portion, sauvage, est un vrai régal pour les randonneurs à pied ou à VTT.

Au col, nous laissons le tracé du GRP du Tour des Baronnies pour s’engager sur le GR9. Un peu après le col, la carte indique une fontaine. Nous ne la trouverons pas. Avant le col de Guibert, nous nous installons dans une clairière pour pique-niquer. Petite sieste à l’orée de la pinède.
Au moment de repartir, un couple de randonneurs est à l’approche. Lorsque le spécimen mâle nous voit, il accélère le pas et envoie sa compagne au fin fond des oubliettes. D’un large rictus, il nous dépasse. Ses hormones mâles viennent de crier victoire.

Nous contournons le rocher des Tours et changeons à nouveau de balisage pour le GR91 qui conduit au col de Geine (999 m) puis au col de Jas (1099 m).
Autant le dire tout de suite. C’est à partir d’ici que nous nous sommes égarés malgré les nombreux signes qui s’imposaient. Après le baraquement, nous avons pris une sente sur la droite. Au bout de quelques minutes, j’entends mon frère me dire « je croyais que ça descendait après le col » et moi de lui rétorquer « ouais et y’a plus de traces du GR ». Le sentier est large, on ne s’inquiète pas outre mesure. Première erreur. Le chemin se rétrécit, on retrouve des traces de balades pédestres à la journée. Ça nous rassure. Deuxième erreur. Le soleil est encore haut dans le ciel. Difficile de savoir où est le nord du sud et l’est de l’ouest, de trouver un sommet plus haut que les autres qui nous permettraient de se positionner. Ici et là, on entrevoit des hameaux. Ça pourrait être la Gravouse et Poët en Percip. Troisième erreur. Les kilomètres parcourus, bien trop long par rapport à l’itinéraire initial, auraient dû nous alerter. Nada réaction. Quatrième erreur. Le chemin descend. On y croit dur comme fer jusqu’à tomber sur un panneau d’indication qui nous confirme qu’on s’est magistralement planté dans l’orientation. Je dis « nous » mais je devrais dire « je » . Au moins maintenant, on sait où on est. A 999 mètres d’altitude sous la montagne de la bohémienne. A me remémorer les « warnings » qui n’ont cessé de clignoter, je n’arrive pas à comprendre objectivement pourquoi j’ai continué dans cette voie. L’obstination prend ici un caractère grotesque. Ce qui m’ennuie dans cette histoire, c’est que nous n’avons plus d’eau depuis une bonne heure et que mon frère traine la patte ; la faute à sa hanche qui le fait horriblement souffrir. Il aura au moins une excuse pour m’en vouloir…

A pas de tortue, nous remontons donc le sentier sous la chênaie puis dans les marnes jusqu’au col de la Bohémienne. Nous aurions pu nous extasier du paysage lunaire de la combe mais l’ambiance n’y était pas. J’entends encore le fréro me demandait comme peuvent le faire les enfants « c’est encore loin » ? C’est donc sans broncher que nous remettons un pied devant l’autre.

Au ruisseau des Guiberts, nous laissons le tracé du GRP pour rejoindre la Gravouse et son aire naturelle de camping. 1,7 km à parcourir. Les plus longs pour le frangin.
Sur place, on commence par boire un coup avant d’installer la tente et de prendre une douche salvatrice. Dans ces actes quotidiens, on retrouve un peu de vie.

Informations pratiques :

A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer l...



https://www.gregoryrohart.com