Carrozzu – Ortu di u Piobbu

Destination : France » Corse | Activité : Randonnée  | 


Carrozzu - Ortu di u Piobbu - GR20 Nord
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Étape 8 – Mercredi 20 septembre : Carrozzu – Ortu di u Piobbu.

Mes craintes d’hier étaient fondées, les petits raclements de gorge ont fait place cette nuit à un mal de gorge fort dérangeant. Je me réveille donc après une nuit difficile, un petit peu malade mais avec dans le viseur, à court terme, la dernière grosse ascension de mon GR, la Punta Innominata. Celle ci vendra très chèrement sa peau, juste après un ptit-dèj (barres de céréales) et des adieux à la sympathique bande de pinzutti de la veille. La montée se fait dans un pierrier par endroit et le pied redescend de quelques centimètres à chaque pas, c’est donc dur physiquement mais aussi moralement, d’autant que la solitude (un peu plus pesante chaque jour) commence à peser aussi. Heureusement, je fini par arriver en haut et le parcours en crête permet d’admirer un paysage vraiment sympa, sur fond de grand ciel bleu, depuis deux jours, Calvi se rapproche , indiquant ainsi une fin qui se rapproche. La descente vers Ortu di u Piobbu est longue, très longue et pas évidente. D’énormes blocs de rocher forment un chaos et la descente se fait parfois en sautant de l’un à l’autre. Une petit source est renseignée sur le topo et même fléchée sur le parcours mais je ne la trouverai jamais, elle était peut être sèche. Les montagnes qui m’entourent commencent à s’abaisser, encore un signe que la fin approche alors qu’il reste encore une étape complète et que je ne suis pas à la fin de mes difficultés du jour. Néanmoins, et avec beaucoup de plaisir, je retrouve un sentier, ce que je n’avais plus vu depuis longtemps, et celui me mène aux bergeries de la Mandriccia où se prélasse un important troupeau de chèvres semi sauvages.

Un parcours sous les arbres relativement aisé me mènera enfin au refuge d’Ortu di u Piobbu, situé sur un replat complètement dégagé, il ne ressemble pas du tout aux autres refuges du GR. L’accueil est très chaleureux et le repas sera excellent. Robert est un gardien de refuge super sympa, nous avons en plus des connaissances communes et nous discutons un peu. Son repas est le meilleur du séjour et il m’offre même l’eau de vie. Avant ça j’ai préféré la chasse au serpent (armé de mon Canon) à la douche (trop froide). Une couleuvre qui a élu domicile dans un buisson jouxtant le refuge était ma cible mais je ne suis pas parvenu à prendre de cliché convenable. Le coucher de soleil fut aujourd’hui somptueux et la photo sera celle de fond d’écran de mon ordinateur pendant longtemps. Je rencontre également un saisonnier qui boucle son premier jour. Il vient de finir son boulot dans un camping et s’offre le GR20 comme décompression. Je lui file mes dernières victuailles, Fromage et saucisson du père Jeannot, lui m’offre le thé, me montrant encore à quel point la solidarité entre randonneur est de mise. Le dortoir est propre, aéré et peu peuplé, une bonne nuit se profile, même si mon mal de gorge perdure… J’entame ma dernière nuit en refuge avec fierté et soulagement ! J’ai l’énorme satisfaction d’avoir atteint mon objectif et de bientôt pouvoir goûter à toutes sortes de choses qui me manquent beaucoup (savon, vêtements propres, chiottes à la belge, douche chaude, journal,…).


Les gardiens de refuge, au delà de la réputation.
Le gardien de refuge n’est pas formaté. Ils ne sont pas tous les mêmes et sont des gens comme tout le monde avec leur humeur et leur caractère. Mais en lisant les comptes rendus de randonneurs avant le départ et les témoignages de certains sur la randonnée, je me dis que je n’ai pas du rencontrer les mêmes gardiens ! Même si tous n’étaient pas aussi sympa que Robert d’Ortu di u Piobbu ou le "gardien chéri et adoré" (c’est ainsi qu’il se faisait appeler) de Tighjettu, je suis pour ma part enchanté de l’accueil qui m’a été réservé. Forcément, avec les zygomares que l’on croise parfois sur le GR, il me semble compréhensible que la patience de ces gars qui passent toute une saison avec un confort rudimentaire arrive parfois à leur limite. Mais je m’en serais voulu de ne pas leur tirer mon chapeau pour leur courage, leur patience, la qualité de leur accueil et, parfois mais pas toujours, la qualité des repas préparés… Merci à tous !*

* Mention "TRÈS BIEN" pour Ortu di u Piobbu, Tighjettu, Ascu Stagnu et L’Onda !

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