Chomrong – Nayapul

Destination : Népal » Asie | Montagne : Annapurnas ; Himalaya | Activité : Randonnée  | 


Chomrong - Nayapul - Sanctuaire des Annapurnas
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Carnet : Sanctuaire des Annapurnas

ChaneDépart : 2100 m
Arrivée : 1070 m
D+ : 600 m
D- : 1950 m
Temps de marche : 8h00 (pauses comprises sans le temps en prison)

7h30, Chomrong. Sous la pluie. Je suis rêveur ce matin et je rate l’intersection pour le col de Konrong. Je continue. Je prendrais un autre chemin. Une heure plus tard, je passe la Kimong Kholagaon. Après les lodges de Newbridge, je prends un sentier secondaire qui part sur la droite.

Pas de vue particulière mais une grande quiétude. Le long de la Modi Khola, je ne croiserai aucun trekkeur et à peine quelques porteurs. Sous Ghandruk, le sentier rejoint le chemin qui relit cette grande cité Gurung à Landruk, village de la rive est de la rivière. Je m’infiltre entre deux groupes pour une montée tout en marche d’escaliers à travers les champs de millet et de blé.

Sous le gros bourg, un sentier en pavé descend ensuite en pente douce et passe Chane. A Kimche, où je déjeune, les villageois s’attèlent à la récolte du blé. Une fois fauchée, celui-ci est mis en paquet puis entassé méticuleusement sur un tas en formation. Je retrouve avec plaisir ces scènes de vie villageoises qu’il n’y a pas au dessus de Chomrong.

NamastéModi KholaPorteur d'oranges

Deux enfants viennent à ma rencontre. Ils n’ont rien à quémander, rien à vendre. Ils sont là par curiosité et partage volontiers sourires et grimages. Je leur rends bien parce qu’ils le valent bien !

Plus bas, je croise plusieurs convois de mules. De ce côté ci de la Modi Khola, la pente, moins raide, permet l’utilisation d’animaux de bâts pour le transport des marchandises. N’ayant pas d’indications précises sur le temps de marche, je demande aux villageois que je croise sur mon passage. A chaque fois, on m’apporte des estimations différentes. Si bien que je ne saurais jamais réellement.

15h00. Les fonctionnaires de Birethanti me demandent mon permis d’entrée dans l’Aire de Conservation de l’Annapurna. Je leur explique que je ne l’ai pas car le bureau de l’ACAP de Pokhara était fermé lors de mon passage vendredi dernier en fin d’après-midi. On me demande 2000 Rs de plus que les 2000 exigés à Pokhara. Je refuse de payer pour une situation qui n’est pas de mon fait. Je reste jusqu’à 17h00 à négocier en tentant toutes les techniques de négociations : le mec sympa, moins sympa, la séduction, etc. Mais, un des fonctionnaires ne veut pas lâcher l’affaire. « La loi, c’est la loi » me dit-il ! J’ai bien envie de l’embrocher sur le mur mais je m’abstiens.

DidiGrimace

18h00. La négociation n’a pas avancé. Le bureau de l’ACAP ferme ses portes et deux policiers m’emmènent au poste de Birethanti. On me fait asseoir dans une pièce sombre de 10m² comprenant un petit bureau et une armoire vide. Le responsable de la Police écoute les différentes versions et essaie de nous persuader l’un, puis l’autre de résoudre le conflit. Il ne semble pas comprendre pourquoi je ne pais pas : « Qu’est ce que 2000 Rs pour un européen ? » Une heure plus tard, des dizaines d’hommes et de femmes traînent devant le commissariat pour voir ce français pris dans les griffes de la Police. Un policier qui arrive demande :
« C’est un israélien ? »
« Non, même pas, il est français ! »
Une femme passe la tête à travers la fenêtre de la pièce et me demande si je suis bon à marier. Elle insiste. Je la regarde mais ne sourie pas. Elle paraît sincère. Je suis stupéfait !
On me passe au téléphone la responsable de l’ACAP à Pokhara. On me laisse deux alternatives :
– Payer 4000 Rs et continuer ma route
– Passer la nuit au poste avant d’être rapatrié à la prison de Pokhara
Info ou intox, je ne sais plus… J’ai failli être tenté d’aller plus loin dans ma démarche pour voir jusqu’où il pouvait aller. Mais, j’ai finalement cédé…
Le fonctionnaire de l’ACAP me conduit au bureau en trainant les pieds. Il n’a pas tort. Ce français qui l’a fait chier !

Lorsque je quitte Birethanti, la nuit est tombée. Je poursuis donc ma route à la frontale. Une petite demi-heure plus tard, je suis sur la route. Je hèle le premier véhicule. C’est un bus pour Pokhara. Une grosse heure plus tard, je m’installe à l’hôtel…
Une fin mouvementée… Un peu de repos à Pokhara me fera du bien avant d’attaquer le trek de Jomosom.

A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer l...



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