Cirque de Troumouse

Destination : Occitanie » France » Europe » Espagne | Montagne : Pyrénées | Activité : Randonnée  | Agence : Natura 


Cirque de Troumouse - Cirques et Canyons du Mont Perdu
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Carnet : Cirques et Canyons du Mont Perdu

Qu’allions-nous encore parcourir comme immensité en ce jour ? Après les merveilles espagnoles découvertes les jours passés, il s’agissait dorénavant de sillonner deux joyaux français. Si Gavarnie demeure le site touristique le plus attractif et notre point d’orgue de ce séjour pyrénéen, Troumouse vaut également le détour.

Depuis Gabas, il nous fallut près de trois heures (arrêts compris) pour déboucher sur le cirque de Troumouse. Distant de quelques kilomètres de son confrère, le cirque de Gavarnie, son accès s’effectue par une traversée de Luz Saint-Sauveur, Gèdre et Héas. Au sortir de ce dernier village, la route conduit à un péage qui sollicite de quelques pièces les automobilistes, afin d’entretenir les lieux. La camionnette Natura fut garé dans le parking, face au cirque. Dépourvu d’arbres et de buissons, il nous offrait une vision entièrement rocheuse et herbeuse. Cette particularité impliquait aucun coin ombragé, seulement la possibilité de se faire dorer en permanence au soleil. Celui-ci rayonnait et fortifiait sa présence malgré quelques nuages isolés.

D’un diamètre de 4 kilomètres, de 100 mètres de dénivelé et d’une altitude de 2000 mètres, au coeur du pays Toy, Troumouse représente l’un des plus grands cirques des Pyrénées et d’Europe. Inclus dans le Parc National des Pyrénées, adossé au cirque de Barrosa en Espagne, ses hautes murailles revendiquent une configuration en U. Notre circuit de découverte s’échelonnait entre faible altitude et pâturages infinis.

Au pied d’une succession de sommets vigoureux, atteignant des hauteurs incroyables, la randonnée est accessible par tous, sans difficulté spécifique. L’immense étendue de verdure qui côtoie des rochers isolés, abrite une vie sauvage considérable : des marmottes, des isards, des insectes, criquets, sauterelles. Dans le ciel, virevoltent des familles de rapaces : aigle royal, vautour-fauve ou gypaète barbu.

Le lac d’Esbarris, camouflé dans un pli, est idéal pour déjeuner. A l’abri des regards indiscrets, allongé sur l’herbe grasse, il vous permet un repos agréable. Tremper les pieds dans l’eau vaseux encourage une fainéantise et une complaisance. Ecoutez et goûtez ce silence, nulle part ailleurs il vous est possible d’apprécier aussi longuement une pareille sérénité.

La piste se poursuit ensuite aux abords de la muraille rocheuse, dominé par le pic de la Munia (3133 mètres) qui est le point culminant du cirque. Depuis une certaine hauteur, la perspective sur la vallée de Héas balaie d’un regard un décor verdoyant. Celui-ci évoque une arène aux vastes proportions. En contrebas, un troupeau de vaches, dispersées à l’intérieur, se distingue près de petits ruisseaux ou du lac des Aires. Des gens sont également visibles, mais en miniature !

A partir de là, des blocs de rochers sont parsemés sur l’itinéraire. En se dirigeant vers le fond du cirque, la navigation s’effectue essentiellement entre les pierres, les dolmens et les menhirs. La prudence y est de rigueur. Bonne compensation : ce parterre est riche de fleurs endémiques, de tourbières. Dans les fissures de rochers se nichent des bouquets, dont des campanules fluettes.

Bien vite, la descente s’amorce vers le centre du cirque. Le lac des Aires se rapproche, dévoilant ses méandres bleutés ; il héberge quelques grenouilles. Le final de ce circuit s’exécuta dans l’ascension d’une colline, au sein de laquelle trône la Vierge de Troumouse. Cette statue est perchée à 1519 mètres d’altitude sur un piton rocheux. Elle est le point central et le meilleur belvédère pour une vue d’ensemble sur le cirque de Troumouse. En arrière-plan, se détache le pic de la Munia. Parfaite devanture pour une photo de groupe !

Extraordinaire amphithéâtre, Troumouse nous démontre ainsi notre petitesse face à une nature si gigantesque et puissante ! Au bruit des cloches des vaches, nous descendons de la colline pour rejoindre, à cinquante mètres, le parking. Il était déjà 16 heures passées. Conformément à nos habitudes, nous fîmes halte à la terrasse de l’auberge du Maillet, ouverte de mai à octobre. A 1837 mètres d’altitude, elle offre aux randonneurs qui traversent les Pyrénées une étape confortable. De magnifiques cairns, artistiques à souhait, se confondent avec l’ambiance montagneuse. Site web : http://aubergedumaillet.free.fr

Cette journée grandiose s’acheva dans la partie basse du village de Gavarnie, à trente minutes du célèbre cirque du même nom. En ce sens, le gîte-auberge Le Gypaète est optimal pour une escale méritoire. Proche de nombreux départs de randonnées, la capacité d’accueil de chaque chambre est de 4 à 6 personnes avec douche/WC. S’y trouve aussi une salle détente avec coin cheminée et bibliothèque. La terrasse extérieure vous convie à une paresse illimitée.

Le repas du soir est familial et chaleureux. Occasion de créer des comparaisons avec la gastronomie espagnole.

Fiche hébergement

manael
A propos de l'auteur

Je suis un passionné de montagne. J'aime prendre de l'altitude, à l'instar de ceux qui prennent du recul. Ma pratique du trek se compose en solitaire depuis de nombreuses années, en semi-autonomie sur plusieurs jours, souvent l'été, rarement l'hiver. Photographe passionné, j'apprécie de faire des reportage-photos pour exprimer la beaut...



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