Découverte du Fezzan

Destination : Libye » Afrique | Montagne : Akakus ; Sahara | Activité : Randonnée  | 


Récit d'une randonnée de huit jours dans le massif de l'Akakus en Libye suivi par une découverte de l'erg Ubari et de ses exceptionnels lacs et oasis. Le vol passant par Tripoli, visite des vestiges archéologiques de Leptis Magna en prime.
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Carnet : Découverte du Fezzan

Je rédige ces pages en ce mois de décembre 2007 où la Libye est sous les deux de l’actualité : c’est en ce moment même que le colonel Kadhafi est en visite à Paris. Mon voyage dans la Grande Jamahiriya populaire libyenne arabe et socialiste (الجماهيريةالعربية الليبية الشعبية الإشتراكية العظمى) remonte à février 2002 : six mois à peine après le coup d’Oussama, les déplacements en terre musulmane restaient déconseillés, mais cette fois-ci Kadhafi n’y était pour rien. D’ailleurs l’embargo sur la Libye avait été levé depuis deux ou trois ans, je n’ai donc pas dû aborder le pays par Djerba comme il fallait le faire auparavant. Mais les formalités pour entrer dans le pays (avec la spécialité locale, la traduction du passeport en arabe) restaient quand même assez pesantes. Et l’ambiance en arrivant à Tripoli est assez bizarre : pour commencer toute inscription en caractères latins est bannie du pays, les publicités sont rarissimes, les seules affiches étant des portraits de Kadhafi, généralement pris en contre-plongée dans des mises en scène variées : tantôt en militaire, tantôt en djellabah, etc. À Tripoli si l’on s’avise de sortir de son hôtel pour aller se balader, on est aussitôt pris en charge par un policier en civil qui assure notre « protection » durant toute l’excursion. Et sur les sites touristiques, l’un des seuls souvenirs proposés à la vente aux touristes est… le Petit livre vert de Moammar el Kadhafi en personne. Il est disponible dans toutes les langues : on peut même le lire en suédois si on en a envie ! Bref, de tous mes voyages je n’ai rencontré tel culte de la personnalité qu’à un seul autre endroit : la Syrie d’Haffez-el-Assad (en 1986).

Mais je ne suis pas venu en Libye pour voir Kadhafi… mais pour randonner dans le désert. En l’occurrence dans le massif de l’Akakus, très proche du Tassili n’Ajjer algérien (quoique moins beau à mon avis, maintenant que je connais ce dernier). Le voyage comprenait aussi la visite en 4 × 4 de l’erg d’Ubari et de ses exceptionnels lacs et oasis. Par ailleurs, et dans la mesure où les charter n’atterrissaient alors ni à Sebha, ni à Ghat, le voyage se faisait sur vol régulier via Tripoli. Nous était donc offert en complément la visite de l’un des quatre grands sites antiques de la côte libyenne, en l’occurrence Leptis Magna. Pour ce qui est de la partie trek dans l’Akakus (huit jours de marche seulement), il s’agissait non pas d’une randonnée chamelière mais d’une randonnée avec assistance de véhicules : il n’y a en effet plus aucun chamelier en Libye après que Kadhafi eut sédentariés de force tous les nomades. Néanmoins, et bien que ce ne soit pas très politiquement correct, je trouve un avantage indéniable à ce type de randonnée : la possibilité de camper dans les plus beaux endroits, n’étant pas contraints par la nécessité de trouver des paturages pour les chameaux. Bien souvent dans les autres voyages les emplacements de camp m’ont déçu pour cette raison.

Certaines des photos de ce voyage sont un peu décevantes : j’ai eu en effet de gros problèmes de sable, et ce, dès le troisième jour de marche. J’ai donc dû basculer sur un petit appareil compact (argentique) et sur des jetables, avec une évidente perte de qualité. Certaines photos sont manifestement plus claires au centre que sur les bords, et je ne suis pas suffisamment expert en Photoshop pour corriger cela. Autre problème de ce voyage, la grande difficulté que j’aie eue à situer les emplacements. Je j’avais pas de GPS (le guide non plus), on ne trouve pas de carte de la région qui soit suffisamment documentée, et Google Earth six ans après ne m’est pas non plus d’un très grand secours. J’ai pu localiser à peu près trois camps (les trois derniers), pour le reste c’est au petit bonheur la chance.

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