Défis du Chott : j’ai couru mon premier trail dans le désert à Tozeur en Tunisie

Destination : Tunisie » Afrique | Activité : Trail  | 


Avec les Défis du Chott, j’ai couru mon 1er trail dans le désert près de Tozeur dans le Sahara tunisien. J’ai aussi découvert de magnifiques oasis ou ce village créé pour Star Wars.
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J’ai couru mon premier trail dans le désert, près de Tozeur, dans le superbe décor du Sahara tunisien. Pris dans l’euphorie ambiante, je me suis laissé entraîner dans les « Défis du Chott » alors que je ne devais être que simple spectateur. De manière modeste : un 10 km seulement. Mais quand même… J’ai aussi découvert de magnifiques oasis ou des endroits insolites comme ce village créé pour l’un des films Star Wars. Une belle aventure que ce premier trail dans le désert à Tozeur !

Le grand portique rouge où s’étale le mot « arrivée », à la fin de ce premier trail dans le désert à Tozeur, je m’en souviendrai longtemps. Ou plutôt de mon émotion lorsque je l’ai franchi en donnant la main à deux autres coureurs, un Tunisien et un Canadien. Les tout derniers kilomètres de ce trail dans le désert, nous les avons faits ensemble, en discutant de choses et d’autres, parfois pas du tout superficielles. Ça crée des liens. Merci Yahia Chakouki, merci Michel Dumay : grâce à vous j’ai vécu un grand moment ! Et dire qu’il y a peu, jamais je ne me serais imaginé participer à une épreuve organisée, encore moins courir un trail dans le désert avec ces “Défis du Chott”, …

Car le running, j’aime, mais les courses, non : le chrono, je m’en fiche. Alors, quand il s’est agi d’aller aux « Défis du Chott » pour moi il était évident que ce ne serait pas pour courir ce trail dans le désert, pour vivre la course de l’intérieur. D’ailleurs, je n’ai pas le niveau pour prétendre à plus. Mais je n’ai pas été long à réaliser que les « Défis du Chott » n’est pas un trail de plus, une épreuve comme il y en a déjà tant à travers le monde.

Ce trail dans le désert fait découvrir les belles oasis de Tamerza et Chebika

D’abord parce que les « Défis » existent depuis longtemps. Ce trail dans le désert a été lancé par l’association « Les Foulées du Monde » en 1994, avant même que le mot de trail soit inventé. Depuis, il a lieu chaque automne, quoi qu’il advienne. Et Allah sait s’il y a eu des vents contraires. « Nous avons tenu bon, raconte Philippe Genesio, le créateur des Défis du Chott. Même si nous nous sommes parfois posé la question s’il fallait continuer ou pas. Notamment après le Printemps arabe, en 2010, où la fréquentation a beaucoup chuté. Or il y a un passé qui donne envie de persévérer. Et aujourd’hui, je sens que la reprise se confirme. » Le directeur sportif de ce trail dans le désert pas comme les autres, Jean-Marie Rouault -vainqueur du mythique Paris-Colmar à la marche en 2013 et marathonien réputé- est tout aussi optimiste.

Il faudra sans doute encore du temps avant que les Foulées ne retrouvent l’engouement des années fastes, mais c’est reparti de l’avant. Ce qui joue en leur faveur est l’état d’esprit très particulier, loin de tout mercantilisme. Les maîtres mots de ce trail dans le désert sont amitié et partage. Ainsi les frais de dossard payés par chaque participant sont en bonne partie reversés à l’association Amal. Dans ses locaux de Tozeur, celle-ci assure à des dizaines d’enfants illégitimes -nés hors mariage- un important et indispensable soutien scolaire ainsi que des repas réguliers.

Les Défis sont bien sûr l’occasion de faire un peu de tourisme. Située dans le sud du pays, non loin de la frontière algérienne, Tozeur est une porte qui s’ouvre sur le désert, sur ces magnifiques oasis de montagne que sont Tamerza et Chebika, avec leurs grandes palmeraies. L’automne est la période où les dattes se récoltent et elles sont en vente partout. Mais attention : une fois qu’on y goûte, on ne peut plus s’arrêter ! Surtout si ce sont les meilleures, les fameuses « deglet nour », les doigts de lumière, la spécialité de Tozeur.

« Ici, je me fais des amis »

Tout en me baladant dans la région sous la houlette des bénévoles des « Foulées du Monde », je fais connaissance avec les autres participants des Défis. C’est ainsi que Michel, le Canadien originaire de Québec, m’explique qu’il revient pour la septième fois !

Pourquoi ? « Parce que c’est comme ça ». De la main, il dessine dans l’air un escalier pour me montrer qu’il apprécie de plus en plus. «Je fais beaucoup de triathlons et d’Ironman un peu partout, explique le Québecois. Ailleurs, les gens ont le nez vissé sur leur chrono, ignorent les autres. Ici, je me fais des amis qui m’invitent chez eux et que j’invite chez moi ».

En plein désert, j’ai encore découvert un village pour le moins étonnant. Il ne figure sur aucune carte et pourtant des millions de gens le connaissent : Mos Espa, l’endroit où a grandi Anakin Skywalker, l’un des héros de la saga culte Star Wars. C’est ici que le futur Dark Vador rencontre le maître jedi. Le réalisateur George Lucas a fait construire le décor au beau milieu des dunes pour les besoins de Star Wars II et le réutilisera plusieurs fois.

C’est fou ce qu’on peut se raconter dans ces moments 

Je le visite… le matin de la course, car c’est devant ce village de Star Wars qu’est donné le départ des Défis. De grandes tentes sont dressées à l’entrée. Je me change sous l’une d’elles avant de laisser mes affaires à la « consigne » -un camion garé là- gérée par l’organisation.

Pour ma première course, c’est le genre d’endroit qui marque ! Comme l’impression de vivre un film. Pour autant, ça ne donne pas des ailes : je ne fais pas d’étincelles, même si courir dans le désert est moins dur que je ne le croyais. Ce jour-là en tout cas, car la veille il a plu et le sable est plutôt dur.

Toujours est-il que les km défilent à mon rythme habituel. Vers le dernier quart du parcours, je rattrape Michel, le Canadien, et un autre coureur. On échange deux mots. Et puisque le chrono je n’en ai rien à fiche, je lève le pied et décide de finir la course avec mes nouveaux partenaires, tout en discutant. C’est fou ce qu’on peut se raconter dans ces moments : il a même été question de spiritualité ! Ensemble, la main dans la main, nous franchissons la ligne d’arrivée.

Quelques minutes après, pendant que je savoure quelques quartiers d’orange, des acclamations retentissent. Mikaël Pasero, le phénomène de cette 23e édition des Défis du Chott, boucle déjà le deuxième de ses trois tours. Aligné dans l’épreuve des 30 km, il survole littéralement la course. Originaire de Bourgoin-Jallieu, en Isère, l’athlète finit d’ailleurs avec plus de quarante minutes d’avance sur le second ! Faut dire que Mikaël a du répondant. Voici à peine quelques semaines, il a fini 15e, et 3e Français, de l’ultra trail du Mont-Blanc. Et, ce qui ne gâche rien, il est particulièrement sympa et ouvert.

De mon côté, je ne suis pas mécontent. Peut-être vais-je y prendre goût ?

Informations pratiques

L’édition 2018 des « Défis du Chott » se déroule du 22 ou du 25 au 29 octobre. L’association organisatrice propose en effet deux formules de séjour, longue ou courte, à des tarifs négociés fort avantageux. Les deux comprennent le voyage depuis la France, avec départs possibles de Paris, Lyon, Marseille ou Nice, avec l’hébergement et la pension complète. Les deux mêlent aventure sportive et découverte touristique, avec par exemple la visite de la pittoresque cité de Douz, de ksars et campement dans les dunes pour la version longue.

A noter qu’il existe aussi une option sans transfert 3j/2 nuits avec hébergement et pension complète.

Les courses des « Défis du Chott » proprement dites ont lieu samedi 28 octobre. Ce sont des trails de 10, 20 ou 30 km ainsi que des marches de 5 ou 10 km dans le désert.

wolff
A propos de l'auteur

Journaliste professionnel venant de la presse régionale, j'ai toujours aimé bouger. Au fil de mes pérégrinations, j'ai découvert le voyage à pied et à vélo, que j'apprécie énormément. Et plus j'en fait, plus j'en redemande !...



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