Descente sur les Contamines-Monjoie par le glacier de Tré la Tête

Destination : Auvergne-Rhône-Alpes » France | Montagne : Alpes ; Mont-Blanc | Activité : Alpinisme  | 

Depuis le refuge des Conscrits, descente sur les Contamines-Montjoie par le glacier de Tré la Tête et le refuge de Nant-Borrant. Quelle belle façon de finir cette course !


Carnet : Traversée des Dômes de Miage
  • D+ : 250 m
  • D- : 1675 m
  • Temps de marche : 5h00

La nuit a été bien meilleure que la précédente. C’est à peine si j’ai entendu les cordées se levaient à 3h00 du matin. Il est 7h00 quand j’entre dans le réfectoire. Hervé et Jean sont déjà attablés. Le reste du groupe n’est pas encore là. Nous ne sommes pas si pressés.

Refuge des Conscrits

On décolle du refuge vers 8h00 avec le baudrier harnaché. Crampons, casque et piolet sont dans ou sur le sac à dos. Je profite avant le départ pour réaliser quelques photos du refuge illuminé par le soleil matinal. Ça fait plaisir de voir la vallée sous un ciel azur.

Nous reprenons grosso-modo le même chemin que la dernière portion prise pour venir au refuge des Conscrits il y a deux jours jusqu’à un point marqué à 2455 m sur la carte IGN. C’est ici que commence la descente sur le glacier de Tré la Tête par une succession d’échelles d’environ 70 mètres. Echelles qui devraient être démontées dans le courant de l’année 2013. On met les casques (chutes de pierres possibles sur le dessus) et on s’encorde. Je passe devant. Ayant le vertige quand je suis face à une paroi verticale, je préfère m’imposer un rythme plutôt que d’être traîné par quelqu’un qui avance trop vite pour moi. Je prends ma respiration et m’élance. Les premières échelles à passer ne sont pas si raides que ça. La descente est équipée de queue de cochon (points d’assurage). Je suis crispé sur les barreaux. Hervé me conseille de mettre mon corps plus en arrière pour me dégager de la paroi et libérer mes bras. Plus facile à dire qu’à faire. Je souffle souvent, j’ai l’impression d’accoucher. Stéphane détend pas mal l’atmosphère. A mi-chemin, il y a une petite traversée à réaliser. Je pose les mains sur une barre ; des marches étroites permettent de poser le bout des chaussures. Je traverse rapidement pour éviter le blocage psychologique. Je souffle deux secondes une fois ce passage réalisé. Les dernières échelles sont quasi à 90°. Une fois sur le glacier, mes forces m’ont quitté. Je suis naze. Je bois un peu, mange un morceau et on repart, plus détendu pour ma part.

Dans les échelles © Stéphane Lozac'hmeur

On est sur le glacier de Tré la Tête. C’est Asters, le Conservatoire des espaces naturels de Haute-Savoie, qui gère la réserve naturelle des Contamines et suit le glacier. « On a splitté un point fixe dans la roche. On retourne à ce point chaque année pour mesurer le recul du glacier. Sur les 10 dernières années, il a perdu 125 mètres. Le glacier de Tré la Tête est un glacier encaissé. Il perd donc aussi beaucoup de glace sur ses parties latérales comme peut le montrer le suivi par photos que nous avons engagé il y a 14 ans » m’avait dit deux jours plus tôt Carole Birk, Chargée de mission scientifique au sein de l’association.
Et c’est vrai qu’avec l’effondrement d’une partie du glacier, des crevasses se mettent à jour et il est probable qu’un lac se forme sur le bas et coupe le glacier en deux. C’est une hypothèse que suivent de près les naturalistes d’Asters. Les deux photos ci-dessous parlent mieux que des mots.

Effondrement du glacier de Tré la Tête - plan large

De plus près, l'effondrement est encore plus éloquent

Pour le passage du « mauvais pas », nous mettons les casques au cas où une chute de pierre surviendrait et on file vers le refuge de Tré la Tête. On y boit un coup, puis on repart direction sud-ouest vers le refuge de Nant-Borrant que l’on atteint en une heure. On y mange. La spécialité du restaurant est la Salade bougnettes (salade verte, jambon fumé, reblochon, beignets de pommes de terre). Succulent !

Refuge Nant-Borrant

Reste à longer le torrent pour rejoindre le parking du Cugnon. La boucle est bouclée.

Au moment de se quitter, les regards brillent, non pas de la sensation d’avoir fait un exploit, ni même de tristesse mais d’avoir réalisé une belle course de montagne, une des plus belles du massif du Mont-Blanc. Rendez-vous est pris pour revenir l’hiver et faire la course cette fois à ski !

A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer l...



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