En cordée sur le glacier d’Aletsch

Destination : Suisse » Europe | Montagne : Alpes ; Alpes valaisannes | Activité : Randonnée  | 
Nombre de jours : 2 jours | Dificulté : 1 | Dénivelé : +600 m/-600 m | Type d'itinéraire : Boucle | 
Ecosystème : Montagne | Hébergement : Hôtel
Meilleures Périodes : Juin, Juillet, Août, Septembre, et Octobre
Avec ses 23,1 km, le glacier d’Aletsch, dans le canton du Valais en Suisse, est le plus long et le plus grand des Alpes. Sans doute aussi le plus beau. Se promener dessus durant quelques heures n’a rien d’une expédition mais reste une aventure peu commune. Retour sur ma randonnée en cordée sur le glacier d'Aletsch.
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Un large et majestueux fleuve blanc, serpentant entre de hautes montagnes aux cimes enneigées toute l’année. Le panorama est grandiose, l’un des plus splendides de toute la chaîne alpine : le glacier d’Aletsch avec en toile de fond les sommets de la Jungfrau, sur sa gauche, du Mönch et de l’Eiger de l’autre côté. Sa beauté exceptionnelle lui a valu l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le panorama est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2011.

Un dédale de montées et descentes

Vu d’ici, à l’arrivée de la télécabine de l’Eggishorn, à près de 2 900 m, le glacier paraît tout plat. Strié par deux moraines parallèles –ce qui lui donne son allure si caractéristique–, il semble sans relief. Arrivé sur son bord quelques centaines de mètres plus bas, après une bonne marche, le randonneur s’aperçoit que l’Aletsch n’est pas qu’un long fleuve tranquille. La déclivité est certes très faible mais, sur les côtés en tout cas, c’est le pays des creux et des bosses ! Sans parler des failles, ou des crevasses dont seules les ouvertures se laissent deviner.
Voilà qui justifie une sage précaution : marcher encordé. En revanche, ce jour-là, pas de crampons. « Tout dépend de l’état de la glace et de la température » affirme le guide, Richard Bortis. Si rien ni personne n’empêche de s’y aventurer seul, mieux vaut en effet être accompagné.

Bien visibles, les montagnes situées de part et d’autre du glacier permettent de s’orienter sans difficulté. Pour autant, trouver un chemin dans ce dédale de petites montées et descentes interrompues par des failles tient de la gageure. Même Richard est parfois obligé de faire rebrousser chemin à son groupe. « Les Suisses sont les champions du monde de la cartographie : nous avons évidemment relevé les principales crevasses, explique-t-il. Mais les plus petites évoluent en permanence ».

Les côtés du glacier sont particulièrement escarpés, et les premières crevasses trop facilement accessibles.

Des puces des glaces

Sous sa houlette, les randonneurs se dirigent vers « Konkordiaplatz ». Cette place de la Concorde, leur détaille Richard, est large d’un km et demi, mesure 16 km2. Elle voit converger les trois glaciers qui vont former celui d’Aletsch. Située à 2 750m, c’est aussi l’endroit où la glace est la plus épaisse : un peu plus de 900 m. Mais la couche diminue à un rythme alarmant –elle perd plus d’un mètre par an– et le glacier raccourcit toujours davantage.

Au passage, ils s’étonnent devant quelques curiosités. Ainsi, une colonie de puces des glaces dans un trou d’eau. Mesurant deux ou trois millimètres, ce sont les seuls animaux vivant ici même si, paraît-il, chamois ou bouquetins se laissent apercevoir de temps à autre. Les marcheurs, eux, ne croisent pas âme qui vive. Dans ce décor accidenté, il pourrait y avoir foule –mais ce n’est jamais le cas– à quelques mètres qu’ils ne la verraient ni l’entendraient ! C’est un monde à part, que l’on quitte à regret.

Une autre manière d’admirer le glacier fait randonner sur les crêtes le longeant. Le « sentier d’altitude Unesco » relie les deux sommets voisins de l’Eggishorn et du Bettmerhorn. Nettement sportive, cette balade réputée dure trois heures et offre une vue imprenable. Mais réservée aux cœurs bien accrochés : elle comporte pont de singe et passages délicats ! Plus loin, tout à fait à l’extrémité sud, mais dans le même registre, une passerelle longue de 124 m enjambe le torrent auquel l’Aletsch a donné naissance de manière spectaculaire.

Dans les trous d’eau, les puces, seuls animaux vivant sur le glacier en permanence.

700 parapentes dans les airs

Plus original, le survol en parapente. Sur l’autre versant de la montagne, Fischeralp, l’un des villages du plateau, à 2 200 m, est un spot très connu. Pilote chevronné et instructeur, Benjamin Zaugg n’hésite pas à le classer dans les meilleurs sites mondiaux. « Les conditions thermiques sont absolument parfaites, dit-il. Les infrastructures aussi. Ici, 50 pilotes peuvent décoller en même temps, c’est exceptionnel. On a vu jusqu’à 700 ailes dans le ciel en une seule journée.» C’est donc l’endroit rêvé pour s’offrir un baptême en tandem. La version courte fait survoler la langue d’un autre glacier avant d’atterrir dans la vallée, 1 200 m plus bas. Mais les plus chanceux pourront contempler l’Aletsch depuis les airs, une scène inoubliable.

Le survol en parapente. Les ailes décollent de Fiescheralp, de l’autre côté de la montagne, un spot très connu pour lequel les amateurs viennent de loin. (Photo Flug-taxi.ch)

Informations pratiques

Activités

Où dormir ? Où manger ?

  • Hôtel Christania à Fiesch
  • Restaurant d’altitude Gletscherstube à côté du lac Märjelensee
A propos de l'auteur

Journaliste professionnel venant de la presse régionale, j'ai toujours aimé bouger. Au fil de mes pérégrinations, j'ai découvert le voyage à pied et à vélo, que j'apprécie énormément. Et plus j'en fait, plus j'en redemande !...