En marche vers Kiber

Destination : Inde » Asie | Montagne : Himalaya | Activité : Randonnée  | 


Pour cette dernière journée de trek, nous plongeons tranquillement vers Kiber dans le Spiti. Nous achevons l'aventure au whisky.
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Après la grosse journée d’hier, la matinée est très tranquille, et se déroule à un rythme lent. L’équipe n’est pas pressée de quitter l’emplacement. Tout le monde a besoin de récupérer des forces laissées dans les difficultés de la veille. Depuis longtemps pourtant, le meneur de chevaux a conduit les bêtes un peu plus loin pour trouver de la bonne herbe. C’est donc sans nous brusquer que nous prenons le petit déjeuner et rangeons pour la dernière fois nos affaires dans nos sacs puis plions les tentes. Il ne faut pas plus de vingt minutes pour atteindre le sommet des gorges. A partir de là, c’est la lente plongée vers Kiber qui s’amorce.

Le sentier de pierres descend en premier lieu jusqu’à apercevoir une vallée verdoyante et riante. Dans les champs, les femmes sont au travail, pour la récolte des cultures. Il s’agit du retour progressif à la civilisation. Nous visualisons la route pour Kazaa. Depuis la vallée, le village pointe en ligne de mire. Il faut encore descendre vers de nouvelles gorges. Nous pensions en avoir terminé avec les dénivelés. Il restera cette ultime étape pour parachever la traversée. La rivière est un endroit idéal pour se poser quelques instants et manger quelques bouchées. Nous avons devancé l’équipe de plusieurs minutes. C’est ensemble que nous abordons la remontée finale. Au sortir des gorges, le sentier rejoint une petite route, bordée de parapets parallélépipédiques que les habitants sont en train de coffrer. Voilà un signe que dans cet endroit reculé, le touriste est en train également d’être de plus en plus présent. Force est de constater que où que nous allons, l’étranger trouvera toujours une raison honorable d’imposer sa présente.

Le trek est dans la région une des causes du développement, qui s’il présente des risques pour les populations autochtones, apporte en contre partie les devises nécessaires à son évolution. Il est étonnant, pour nous, occidentaux, de voir uniquement des femmes au labeur. Il en est ainsi culturellement. Certaines tâches comme le travail aux champs est réservé à la femme. Kiber est un petit village, planté sur un versant de colline. Nous y pénétrons dans une atmosphère de sérénité. Village paisible, où la vie s’écoule calmement, isolé du monde, Kiber représente pour nous la fin du trek convoité depuis maintenant dix jours. Parkash retrouve la tenancière de l’hôtel, une amie chère. Dès qu’ils ont rempli leurs estomacs, les deux meneurs de chevaux reprennent déjà la route en direction de Manali. Quant à nous, nous prenons possession d’une petite chambre sans confort. Il n’y a pas de salle de bain, encore moins d’eau chaude. Juste une petite douche est installée dans les toilettes communes.

Aujourd’hui encore nous resterons dans notre crasse, mais nous pouvons à présent nous reposer. En fin d’après-midi, Parkash nous rejoint dans la chambre, une bouteille de whisky à la main. Nous discutons longuement de choses et d’autres, nous esclaffons, trinquons abondamment dans la joie et la bonne humeur. La bouteille terminée, nous ajoutons la notre, comme pour mieux fêter l’aventure qui s’achève. Nous poursuivons la soirée sur la terrasse. Vishram est à présent avec nous, ainsi qu’un chauffeur de jeep. Je commence à tituber. L’alcool est en train de faire ses effets. Les gestes deviennent moins précis, la vision se trouble.

Vient l’heure de manger. Sous la tente cuisine, mon assiette de poulet à la main, je ressens le besoin de sortir rapidement. Si le mal des montagnes n’a pas eu raison de moi, le whisky ce soir m’aura vaincu. Plus tard, je m’endormirai tout habillé…

A propos de l'auteur

Enseignant en sciences physiques, je profite de mon temps libre pour m'envoler vers de nouvelles destinations...Amoureux de voyages, passionnés par les rencontres, mon sac à dos n'est jamais bien loin...  ...



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