En Ubaye, sur la ligne Maginot

Destination : Provence Alpes Côte d'Azur » France | Montagne : Alpes ; Queyras ; Ubaye | Activité : Raquettes à neige  | Agence : Visages Trekking 


C’est par le col de Larche que nous entamons notre découverte à raquettes de l’Ubaye. vallons et cols sont appréciés de la faune sauvage que nous observons silencieusement. Les vestiges de la ligne Maginot sont tout autant muets mais c’est Roland, accompagnateur en montagne, qui en dévoile les secrets.
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Carnet : Traversée Ubaye Queyras à raquettes

Larche – Saint Ours

  • D+ : 483 m
  • D- : 401 m
  • Temps de marche : 4h00

-12°C au thermomètre au moment de quitter le gîte d’étape de Larche. Le froid pince légèrement le visage mais sans vent, la température s’avère largement supportable. Nous quittons le village à travers les prairies qui surplombent les maisons. Très rapidement, la chaudière se met en route. Je quitte une épaisseur de vêtement, puis une deuxième un peu plus haut.

Nous récupérons le GR5 et poursuivons en balcon direction nord-nord ouest. A plusieurs reprises, nous observons des groupes de chamois au dessus du plateau de Mallemort, des cerfs et des biches et même un gypaète barbu survolant la vallée de l’Ubaye.

Pique-nique au fort de Mallemort devenu privé. La fortification nous rappelle que nous sommes sur la ligne Maginot construite à partir de 1930 pour défendre les éventuelles attaques venant d’Italie. En Ubaye, le plan de défense comporte une position de résistance en ouvrages modernes très protégées, précédées d’avant-postes plus légers.

Nous chaussons les raquettes et reprenons notre progression sur le GR5 jusqu’à passer le fort de Saint-Ours, une autre fortification de la ligne Maginot. Avec l’ouvrage de Roche la Croix de l’autre côté de la vallée de l’Ubaye, la fortification empêchait tout passage de blindés et de soldats italiens.
Roche la Croix est sans doute l’ouvrage défensif le plus abouti de la région. Comme tous les bâtiments Maginot, seuls les blocs de combat sont visibles. Construit sur un éperon rocheux à une altitude de 1900 mètres, l’ouvrage entièrement souterrain, est long de 150 mètres, large de 90 et profond 15 mètres. 166 hommes pouvaient y vivre pendant trois mois.

Encore quelques encablures pour rejoindre le village de Saint Ours où nous nous installons au gîte auberge de l’Ours.

Saint Ours – Fouillouse par le col du Vallonnet

  • D+ : 787 m
  • D- : 654 m
  • Temps de marche : 5h30

8h45. Nous quittons le gite. S’il ne fait que -9°C, nous restons à l’ombre un bon moment. Nous reprenons le même chemin que la veille, passons le fort de Saint Ours et prenons le sentier qui monte au nord le long du Riou Pinet complètement enfoui sous la neige. Roland fait désormais la trace. Personne n’est passé ici depuis la dernière chute de neige il y a une semaine.

La pente est raide mais impossible de s’arrêter trop longtemps sous peine de givrer sur place. Dans les éboulis et sur la crête de la Tête des Bréquets, nous apercevons bouquetins et cerfs. Au jeu de savoir qui regarde qui, nous finissons exaequo.

Nous poursuivons notre progression avec en toile de fond la Rocca Blanca (3193 m) en Italie. Au delà du rocher Piroulire, nous arrivons enfin au soleil. En tournant la tête vers l’est, nous pouvons apercevoir à contre-jour la batterie de Viraysse qui protège la frontière.

Nous passons la cabane du Vallonnet. Le cirque est de toute beauté. Masour, Rocca Blanca, arête de la Portiolette, tête de Sautron forment un paysage alpin époustouflant. C’est exactement le genre de paysage qui amène le montagnard à plus d’humilité. Petit, nous sommes face à ces mastodontes de pierre.

Nous passons non loin du lac du Vallonnet inférieur sans même nous rendre compte de sa présence. Un dernier tas de cul à passer pour atteindre le col du Vallonnet à 2524 mètres. Nous contournons la Tête de Plate Lombarde (2609 m) et pique niquons face à la vallée de Fouillouse. Je pense à tous mes amis qui bossent en ce moment dans leur bureau parisien. Franchement, il y a pire comme lieu de déjeuner !

L’après-midi, nous descendons en direction de Fouillouse. En chemin, nous croisons les ruines du fort de Plate Lombarde dominé par le majestueux Brec de champeyron (« 3389 m). Des skieurs sont d’ailleurs entrain de le descendre. Avant d’entrer dans la forêt de mélèzes, nous rendons hommage à tous les amoureux de France, de Navarre et d’ailleurs.

Nous déroulons jusqu’à Fouillouse (1907 m). Installation au gîte auberge des Granges.

Grégory Rohart
A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer les populations locales. Je marche aussi bien seul, qu'entre amis ou avec des agences françaises ou locales.Ambassadeur Fujifilm...



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