Entre les montagnes, la steppe

Destination : Kirghizstan » Asie | Montagne : Tian Shan | Activité : Randonnée  | 


Entre les montagnes, la steppe - Trek dans la vallée d’Ak Say (Kirghizie)
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Puis, à nouveau, c’est la steppe. Cette fois sous la pluie. Mais cette steppe est enivrante. J’y retrouve le parfum de liberté des regs sahariens ou de la toundra. Pas de chemin ni de barrière, ici la route se trace partout où ça passe. Je veux dire que notre route n’est plus dictée par des consignes humaines mais par les contraintes du terrain. Sur l’immense pelouse, comme en haute mer, nous prenons un cap. La navigation nous mène à la prochaine source, contournant soigneusement les marécages, choisissant stratégiquement le gué le plus propice. L’eau impose sa règle : soit elle abonde et coupe la route, soit elle manque cruellement. Et il n’en finit pas de pleuvoir. Le ciel est bas, noir et somptueusement déchiré de lumière blanche. De loin en loin, une éclaircie nous laisse entrevoir le massif vers lequel nous marchons en aveugles. Nous remontons lentement un vaste plateau dans lequel les rivières ont taillé d’invisibles canyons. Au hasard, dans une de ces micro-vallées, cachée aux vents, nous surprenons une famille de bergers qui occupent trois maisonnettes. Qui est le plus surpris des deux ?

Un petit col et miracle ! La pluie crachote ses dernières gouttes. Et quittant une haute vallée, nous en trouvons une nouvelle, encore plus haute, juste un peu moins large, la dernière qui soit habitée. Derrière, c’est presque la Chine, et les reliefs trop escarpés ont arrêté les nomades. Ici, la rivière est large d’une vingtaine de bras, chacun un peu trop profond pour le piéton. En aval, elle disparaît dans un bruyant canyon. Sur la rive où nous établissons le camp de base, un massif calcaire dresse ses parois. Il n’a pas de nom particulier, ce n’est qu’une virgule du massif de Kakshaal, longue barrière de plus de 600 km qui culmine à 7439 m au Pobieda.

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