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Erg Urgabi

Erg Urgabi - Dunes et Oasis du Drâa - Carnet de trekking dans le désert marocain

6h45, je sors la tête de la tente. Le ciel est gris monotone. Le vent souffle toujours. Mais contrairement à hier, c’est le chergui qui œuvre ce matin. C’est un vent d’est, sec, froid en cette saison et violent.

8h15, départ de la randonnée. Si le ciel est toujours chargé de sable, le chergui a chassé les nuages. C’est déjà ça !
Nous quittons les dunes de Nasserat, pénétrons dans un petit reg avant de traverser la palmeraie de sidi Salahoui où repose un zaouia. Autrefois, ce terme désignait un emplacement ou un local réservé à l'intérieur d'une structure plus vaste où les soufis pouvaient se retirer comme le laisse entendre le sens de la racine du mot arabe (angle ou recoin). Aujourd'hui, il désigne un édifice religieux musulman. Celui de la palmeraie est le mausolée d'un ancien marabout.

Dans les champs, les femmes s'affèrent à leurs tâches quotidiennes. Elles récoltent le blé. On y produit également des dattes, de l’orge et du blé. Durant la récolte des dattes, plusieurs centaines de personnes rejoignent les palmeraies pour travailler. Chaque travailleur est rémunéré avec des dattes, il en gardera une partie et vendra le reste. La production de légumes est en passe d’être abandonnée en raison de la sécheresse qui sévit depuis des années même si nous avons pu observé des champs de fèves par exemple. Le henné de la région est réputé comme le meilleur de tout le Maroc. C’est à la fois un produit de beauté et un soin naturel utilisé comme l’argile.

A la sortie du bourg, pause repas à l'ombre d'un palmier. L'après-midi, nous entrons dans l'erg Urgabi. Nous cheminons de crêtes en crêtes. Face à nous, d'autres dunes et des tamaris. A l'ouest et à l'est, des hamadas. L'Algérie n'est qu'à 25 kilomètres.
Installation du bivouac au creux des dunes. Le vent est tombé. Je décide de dormir à la belle étoile.

3h15. Le chergui surgit à nouveau de derrière les dunes. Je choppe rapidement mon sursac et l'enfile. Le vent, chargé en sable, vient fouetter le bivouac. Au petit matin, j'ai du sable plein le visage et la tête des mauvaises nuits. Du côté des tentes, je constate que l'une d'elle a perdu de son allure. Les arceaux se sont détachés des embouts et se plie à la moindre bourrasque.

Durant un jour et demi, nous explorerons l'erg Urgabi, entre crêtes et dépressions, s'arrêtant le temps d'une pause au pied d'un tamaris pour y trouver de l'ombre précieuse.

Nous découvrons dans les creux des dépressions de nombreux œufs éclos de vipères. Un peu plus loin, Marie et moi manquons de marcher sur un animal qui, à notre approche, bondit hors du sable et s’enfuit en sautant sur ses pattes arrières. Son corps est brun orangé sur la face supérieure et blanc sur la face inférieure. Sa longue queue traîne sur le sol. C’est une gerboise de grande taille.
Les rayons du coucher et du lever de soleil, oranges vifs puis roses, viennent effleurer les dunes ondulantes plantées de tamaris. Le temps de quelques minutes, le paysage se transforme. S'asseoir en guise de recueillement.

L'approche magnifique du village de Bouno marque la fin de l'erg Urgabi. La palmeraie est gagnée par le sable. Quel sort l'avenir lui réserve t-elle ? Repas au pied d'un palmier puis nous rejoignons Ouled Idriss qui signifie littéralement “fils de Driss”. D’après les anciens du village, la palmeraie fut créé par des habitants de Bouno il y a 400 ans. Ouled Driss compte aujourd’hui 1100 habitants (contre 2000 en 1970), soit 130 familles.

Installation à l'auberge des caravanes avant de relier Marrakech et de retourner en France par les airs.

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Grégory ROHART
Fondateur d’I-Trekkings ainsi que des blogs I-Voyages et My-Wildlife, je privilégie la lenteur de la marche et les activités outdoor non motorisées pour explorer des territoires maritimes, montagneux ou désertiques. J’y observe la faune sauvage et vais à la rencontre des populations locales. Je randonne aussi bien en solo qu’avec des amis, ou aux côtés d’agences françaises et locales. J’accompagne également des voyages photo animaliers, mêlant immersion en pleine nature et apprentissage ou perfectionnement de la photographie animalière.
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