Gorak Shep – Camp de Base – Gorak Shep – Lobuche – Dzonglha

Destination : Népal » Asie | Montagne : Everest ; Himalaya | Activité : Randonnée  | 


Gorak Shep – Camp de Base – Gorak Shep – Lobuche – Dzonglha - Camp de base de l'Everest
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9eme jour : jeudi 8 avril

Etape : Gorak Shep – Camp de Base – Gorak Shep – Lobuche – Dzonglha

Départ : 6h35
Arrivée : 13h55
Temps de marche : 7h00

Dénivelé positif : 240 m
Dénivelé négatif : 540 m
Dénivelé absolu : 780 m

A mon réveil, le ciel est tout bleu, magnifiquement bleu, à en faire regretter l’ascension du Kala Patthar d’hier matin. Mais je n’ai pas le courage d’y remonter aujourd’hui, la grimpette avait été trop éprouvante. Ce matin j’ai un coup de soleil sur le visage et le bout du nez tout cramé, c’est un comble quand même, j’ai chopé ça, le seul jour où le soleil ne s’est pas montré. Mais bon, d’un autre coté, je n’ai jamais été aussi prés du soleil qu’hier. Je prends la route du Camp de Base de bonne heure, il fait jour, mais le soleil ne s’est pas encore levé au-dessus des montagnes. La première heure, je la passe à l’ombre, il fait très froid, ma montre indique -7°C, j’ai les doigts gelés. Je marche vite pour ne pas me refroidir, la pente est douce. Je vois le soleil au loin, je me dépêche pour le rejoindre, car mes doigts sont de plus en plus frigorifiés, je n’arrive même plus à tenir mes bâtons de randonnée. Enfin, les premiers rayons de soleil me réchauffent, je sens mes mains renaître. La route est longue, je sais où se trouve le Camp de Base (je l’avais repéré depuis le Kala Patthar), mais je ne le vois toujours pas. A chaque virage, à chaque petite butte, j’espère tomber dessus, mais non, toujours pas… Quand, quelques minutes après que je sois passé à côté de la carcasse d’un hélicoptère qui s’est écrasé l’an dernier (pour le cinquantième anniversaire de la première ascension de l’Everest), je l’aperçois…

J’y suis après neuf jours de marche, près d’un an de préparation, moi qui l’ai tant rêvé. Aujourd’hui, le jeudi 8 avril 2004 à huit heures vingt cinq, je foule le sol du Camp de Base de l’Everest à 5380 mètres d’altitude. Je suis heureux d’y être enfin, et fière de moi d’avoir réussi cette victoire, j’ai atteint le but que je m’étais fixé. Le paysage ici est vraiment éblouissant, sur un gigantesque plateau de pierres, où campent plusieurs expéditions prêtes à se lancer à l’assaut de l’Everest. Tout autour se dressent des montagnes blanches s’élançant si haut dans le ciel bleu et pourtant j’ai l’impression qu’elles sont à portée de main. Je reste une demi-heure à contempler le paysage et à prendre des photos… Puis, il faut penser à poursuivre la route qui est encore longue. Désolé les amis, je vous avais dit que j’essaierais de vous envoyer un message depuis le Camp de Base, mais avec toutes ces tentes, expéditions et ce monde, je ne sais où me connecter à internet…

Maintenant, je prends la direction de Dzonglha, avec la demi-journée que j’ai gagnée hier, et celle que je compte gagner aujourd’hui, je me retrouverai avec un jour en rab. Le retour jusqu’à Gorak Shep est un peu plus dur que l’aller, la neige a fondu et les traces que j’avais suivies ont disparu. Mais bon, je ne suis pas perdu pour autant, je dois aller toujours plein Sud, je mettrai juste un peu plus de temps. Quelques heures plus tard, quand j’arrive à Lobuche, là où j’étais hier matin, j’ai du mal à reconnaître les lieux. J’avais quitté le village sous la neige et là, tout à fondu. J’y retrouve Thomas (l’alpiniste Français que j’avais rencontré à Namche), je suis content de le croiser, il va pouvoir me donner quelques infos sur le col Cho La. Mauvaise nouvelle (pour lui), il a passé le col le jour de la tempête de neige et sans l’aide de Népalais qui y passaient aussi à ce moment là, il n’aurait pas pu le passer. Ce qui veut dire qu’il y a encore des chances qu’il soit enneigé à l’heure actuelle. Mais il me dit qu’avec du beau temps, ça devrait être bon pour moi. Après m’avoir montré l’embranchement pour Dzonglha, nous nous donnons rendez-vous dans quatre à cinq jours à Namche. Je quitte les sentiers des trekkeurs pour un chemin moins fréquenté, je me retrouve à flanc de montagne, ce n’est pas le moment de tomber, on ne me retrouverait pas avant plusieurs jours. Je me dépêche car le vent monte et les nuages arrivent…

Sous quelques flocons de neige, j’arrive au lodge l’Arakam Tse View après une longue journée de marche. Ici, il n’y a pas de groupe organisé, que des personnes seules ou à deux, sans porteur. J’ai un peu mal à mon œil gauche, je ne sais pas si c’est dû au froid et qu’il commence à congeler ou au coup de soleil que j’ai juste sous l’œil. Le quel des deux, le froid ou le chaud ? Dans le lodge, il y a une douzaine de personnes, dont trois qui passeront le col Cho La demain comme moi. Dany un Américain, Werner et Ralf deux Allemands. Ils sont tous les trois de grands costauds, bien équipés et à écouter l’Américain répondre aux dizaines de questions que tout le monde lui pose, je me sens confiant et bien entouré pour demain. Le départ est fixé à sept heures, je trouve ça un peu tard vu la longue journée qui nous attend, mais bon, ce sont sûrement de bons marcheurs.

Simon
A propos de l'auteur

Voici quelques années, je me suis échappé d'une vie qu'il faut souvent suivre au pas... Aujourd'hui je déborde d'énergie que je dépense dans la marche afin de parcourir des milliers de kilomètres pour découvrir les merveilles de la nature. Mes terrains de jeux préférés étant les montagnes et les zones désertiques, là où poussent le...



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