Ascension du Huayna Potosi en Bolivie

Destination : Amérique » Bolivie | Montagne : Andes | Activité : Alpinisme  | 

Ascension de l'Huayna Potosi (6088 mètres) en Bolivie. Connu pour sa structure monolithique pyramidale, cette montagne fait partie de la cordillère Royale et reste un classique pour l’ascension d’un 6000 m sans difficultés techniques. Simon Dubuis a grimpé ce sommet en deux jours lors de sa traversée des Andes (Pérou / Bolivie) à pied et à vélo.


Carnet : Ascension du Huayna Potosi en Bolivie

Copyright http://www.andes-mesili.comEtape : CAMP DE BASE – CAMP D’ALTITUDE I
Jour d’ascension : 1er jour

Départ : 12h00
Arrivée : 13h40
Temps de marche : 1h40
Dénivelé positif : 419 mètres
Dénivelé négatif : 20 mètres

Après avoir quitté La Paz en quatre-quatre, Sébastien, un Français rencontré deux jours plus tôt et moi rejoignons le camp de base de l’Huayna Potosi à quatre mille sept cents mètres. Le point de départ pour faire l’ascension de ce sommet. Nous enfilons notre tenu d’alpiniste louée à l’agence qui nous emmènera au sommet, et nous faisons route vers le camp d’altitude I. Une petite mise en jambe d’un peu moins de deux heures avec un panorama déjà remarquable.

Une fois installés dans notre petite tente, nous y prenons notre repas. La journée se termine de bonne heure, même si c’est difficile, il faut se coucher très tôt. Le départ pour le sommet est fixé à deux heures du matin.

Au dessus des nuages

Etape : CAMP D’ALTITUDE I – CAMP DE BASE
Jour d’ascension : 2éme jour

Départ : 2h00
Arrivée : 13h30
Temps de marche : 8h40
Dénivelé positif : 955 mètres
Dénivelé négatif : 1 320 mètres

Réveil à une heure du matin, la nuit a été courte, une heure de sommeil peut être deux. Après s’être habillés dans la tente, ce qui n’est pas facile, et un maté de coca, nous nous encordons pour l’ascension. Il fait nuit totale, seule une ligne de petites lumières avance en file indienne. Ce sont les frontales des alpinistes qui tentent comme moi le six mille mètres. J’arrive a deviner le relief de la montagne qui nous entoure, là ou il n’y a pas d’étoiles, c’est qu’il y a une montagne. J’aperçois La Paz tout éclairée, un grand cercle lumineux dans le noir. La montée est difficile, marcher de nuit, dans le froid, avec la fatigue et sans avoir mangé. En plus nous avançons d’un bon pas, nous doublons plusieurs cordées. Certaines redescendent déjà, fatigue, mal des montagnes, difficultés… ? Nous passons plusieurs crevasses ,quelques passage plus techniques, des pentes raides… Je suis crevé, je souffle comme un boeuf avec l’altitude. Notre rythme de marche diminue, le pas est de plus en plus lourd. La dernière grimpette est une pente à quarante-cinq degrés sur un terrain délicat.

Et enfin après cinq heures de montée, le sommet à six mille quatre-vingt-huit mètres au lever du soleil. Je suis tellement fatigué et KO par l’altitude que je ne me rends même pas compte que je suis à plus de six mille mètres. Nous y restons seulement qu’un petit quart d’heure le temps de prendre quelques photos et un morceau de barre aux céréales. Le début de la descente est délicat dans cette pente raide aux passages verglacés. Je suis mort de fatigue, au point que, lors d’une courte pause, je m’endors. De retour au camp d’altitude pour dix heures, nous allons directement sous la tente pour une dormir jusqu’à midi. Puis après un petit encas, nous continuons la descente jusqu’au camp de base. C’est là, enfin, une fois mes esprits repris, que je prends conscience de ce que je viens de faire, j’ai gravi l’Huayna Potosi à six mille quatre-vingt-huit mètres d’altitude !

A propos de l'auteur

Voici quelques années, je me suis échappé d'une vie qu'il faut souvent suivre au pas... Aujourd'hui je déborde d'énergie que je dépense dans la marche afin de parcourir des milliers de kilomètres pour découvrir les merveilles de la nature. Mes terrains de jeux préférés étant les montagnes et les zones désertiques, là où poussent le...



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