Ilet à Malheur – Cayenne – Sans Souci

Destination : Ile de la Réunion » France | Activité : Randonnée  | 



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Carnet : 7 jours de randonnée dans le cirque de Mafate

Jour 6 : Ilet à Malheur – Cayenne

 + 597 m / – : 891 m  8,9 km  6h00

Départ à 9 heures ce matin, bien après nos compagnons d’une nuit qui font des étapes deux fois plus longues que nous en moyenne. Avant d’arriver à Aurère, nous bifurquons à droite pour voir le bassin La Noix, que l’on nous a conseillé avant le départ. Le sentier est moins bien tracé que tout ce que nous avons emprunté jusqu’à présent, mais reste accessible jusqu’à la rivière. Celle-ci est très jolie, bien ombragée et fraîche, ce doit être un régal pendant les heures chaudes de l’été. Mais aujourd’hui, nous sommes absolument seuls.

 rivière au bassin la Noix
bassin la Noix

La rivière est assez difficile à traverser, et comme le chemin vers Aurère est bien caché, nous devons donc la traverser trois fois : la trace que nous avions cru voir en face n’en est pas une, et il faut descendre un peu le cours d’eau avant de traverser.

Le sentier est de plus en plus étriqué, il faut avancer parmi les herbes de plus en plus hautes, je passe devant car les araignées (imposantes mais tout à fait pacifiques) sont de plus en plus proches. Nous nous demandons même s’il faudra faire demi-tour. Mais nous sommes finalement récompensés de nos efforts, en découvrant quelques nèfles, et surtout beaucoup de goyaviers, ce petit fruit rouge emblématique de l’île, légèrement acidulé, que l’on peut manger avec la peau qui apporte une touche poivrée.

goyavier

Tout à coup, ce sentier étroit et très touffu s’ouvre devant nous, et nous arrivons directement en plein milieu d’Aurère. Étonnant contraste, car nous sommes tout à coup dans un nouvel ilet verdoyant avec un bar, une boîte aux lettres, un dispensaire, un hélico, …

hélico Aurère

A la sortie d’Aurère, Bord Bazar nous offre de belles vues sur le cirque, puis le chemin descend de façon assez abrupte jusqu’à la rivière des galets, nous croisons plusieurs groupes venant de Deux Bras, certains ont l’air au bout du rouleau…

vue depuis Bord Bazar

  Nous passons la Caverne du Moine, puis plusieurs ponts en métal bien pratiques car ils nous évitent de descendre jusqu’à la rivière. Dans cette zone très escarpée, nous nous demandons si nous trouverons un bivouac, et sommes tentés de prendre l’un des nombreux sentiers qui filent vers Deux Bras et la sortie du cirque.

zone escarpée

Nous croisons deux jeunes filles qui souhaitent rejoindre Ilet à Bourse. Ce n’est pas vraiment le chemin le plus court, mais elles ont l’air décidé alors nous n’insistons pas. Elles nous rejoignent une demi heure plus tard après avoir fait demi-tour, elles dormiront à Grand Place. Nous leur demandons si elles ont vu des emplacements de bivouac et elles nous suggèrent une zone en direction Cayenne. Ce n’est pas vraiment notre route, mais nous les suivons car nous préférons assurer.

Grâce à elles, nous seront encore très bien installés cette nuit, avec une belle vue en direction des Orangers, un petit ruisseau pour nous laver, et un bon feu pour nous réchauffer.

feu de camp

Jour 7 : Cayenne – Sans souci

 + 645 m / – : 754 m  16,8 km  8h50

Ce dernier jour dans le cirque s’annonce aussi comme le plus long. Il nous faut tout d’abord quitter les flancs du piton Tortue et rejoindre le versant ouest du cirque. Pour cela, nous descendons et traversons une nouvelle passerelle, celle des Lataniers !

passerelle des lataniers

Il nous faut maintenant remonter jusqu’à la hauteur du sentier de la canalisation, que nous voyons se découper dans la falaise depuis hier. Nous passons à proximité de l’îlet des Lataniers, d’où s’échappe une musique joyeuse qui nous donne de l’entrain pour continuer à monter et admirer les vues telles que celles-ci, avec ses nombreux pitons aux noms évocateurs : piton Calumet, piton Tortue, piton Cabris, ….

ilet des Lataniers

Une demi heure de plus et nous rejoignons le sentier de la canalisation des Orangers, où nous nous installons pour préparer notre dernier repas chaud. Nous avons un peu de nostalgie car nous allons bientôt quitter ce havre de paix, mais aussi beaucoup de joie avec tous ces souvenirs, et nous sommes heureux d’avoir réussi notre course sans anicroche et en pleine forme.

repas

finisher

Le retour vers Sans Souci est long mais facile car entièrement plat, finis les escaliers ! Nous croisons d’ailleurs trois vététistes, à déconseiller tout de même étant donné que le sentier est parfois assez étroit et vertigineux.
La canalisation qui suit le sentier est toujours utilisée et sous pression. Quelques petites fuites ici et là nous offrent des points d’eau facile. Le trajet propose de superbes vues sur Deux Bras et la rivière des Galets qui serpente à nos pieds.

rivière des galets

Nous arrivons ensuite à la cascade Flamant, étonnant site qui offre une douche naturelle, et où nous sommes étonnés d’observer des oiseaux qui s’amusent, tout comme nous, à passer sous les gouttes, s’échapper, revenir encore et encore.cascade Flamant

Un dernier passage de végétation luxuriante nous est offert, comme un rappel de tout ce que nous avons pu découvrir pendant cette semaine si particulière.

sentier canalisation

Nous retrouvons tout à coup une vue sur la mer, sous un temps un peu étrange, mélange d’orage et de brouillard, signe que notre randonnée se termine cette fois pour de bon !

sans souci
blupin
A propos de l'auteur

Chaque année, une nouvelle randonnée sur plusieurs jours, et chaque année de nouvelles surprises. Mais avec toujours le même concept : autonomie totale, liberté, bivouac, découverte....



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