La première ascension du Mont-Blanc

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La première ascension du Mont-Blanc le 8 août 1786 par Jacques Balmat et le Docteur Chamoniard Michel Paccard.
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La première ascension du Mont-Blanc

Le glacier des Bossons, appelé jusqu’au 19e siècle glacier des Buissons, occupe une place bien définie et importante dans l’histoire de la conquête du Mont Blanc puisqu’il a servi de voie d’approche pour les premières tentatives d’ascension.

Deux célèbres visiteurs fréquentent la vallée en cette seconde moitié du 18e siècle. Leur vie sera longuement liée à celle d’une génération de montagnards de la vallée comme à la première ascension du Mont-Blanc.

BalmatLe premier, Bourrit, chantre de la cathédrale de Genève, est un passionné de la montagne; ses nombreux écrits font la renommée de la vallée. Bourrit ne cache pas son admiration pour ses guides qui portent tous les vivres et l’aident à franchir les passages difficiles. Il n’y a pas encore de tarif officiel, mais les guides perçoivent habituellement quatre livres par jour, et autant par mulet. Bourrit mentionne que les voyageurs, s’ils sont contents, donnent volontiers du pourboire. Toujours perspicace, il observe les touristes qui parfois se fâchent contre les guides parce qu’ils ne peuvent aplanir la route devant eux, ou ceux qui, enveloppés de nuages exigent des leurs qu’ils les en débarrassassent !

Bourrit essaiera en vain d’atteindre la cime du Mont-Blanc. Trop bouillant personnage, poursuivi aussi par la malchance, il ne mènera à bien aucune tentative. C’est lui qui, au retour des vainqueurs du Mont-Blanc, fera reporter tout l’honneur sur le guide Jacques Balmat, au détriment du Docteur Paccard, bourgeois Chamoniard dont il jalouse le succès.

Horace Benedict de Saussure Le deuxième, Horace Bénédict de Saussure, est un naturaliste Genevois, qui effectue son premier voyage à Chamonix à pied en 1760, et qui va revenir chaque année. Notre homme est ce que Montaigne qualifiera de "tête bien faite". Savant éminent, poète qui a le mieux fait sentir et comprendre les Alpes, mais aussi grand sportif qui, lors de son ascension du Mont-Blanc en 1787, la première avec client, dira : "j’étais décidé d’aller de l’avant tant que mes forces me le permettraient je ne m’occupais absolument pas du danger".
Jacques Balmat

De Saussure est attiré par la cime du Mont-Blanc; il publie l’offre d’une forte récompense à qui trouvera un itinéraire pour atteindre le sommet. Son but est de gravir la haute cime et d’y faire des expériences. Il connaît bien ses amis guides, leur courage, leur dextérité, leur âpreté au gain; et il sait que l’argent sera la motivation déterminante pour des tentatives nombreuses d’ascensions.

Plusieurs guides ont déjà essayé mais les expéditions vont alors se lancer de tous côtés, et la lutte pour le sommet va prendre un caractère de compétition entre les montagnards de la vallée. Des essais ont lieu par la Mer de Glace, par Saint-Gervais avec Bourrit qui veut atteindre la cime avant de Saussure, par les Bossons et la Montagne de la Côte qui parait être le chemin le plus direct. En 1785, Balmat parvient seul au Grand Plateau; son avance audacieuse est arrêtée par la grande crevasse qui en barre l’entrée certaines années. C’est un grand exploit car il est le premier à "passer" jusqu’à cette ultime marche avant le sommet.

Une volonté inébranlable anime cet homme, habitué à vivre "à la dure", couchant à la belle étoile et que sa femme, Marie Simond, voit entrer à l’improviste après plusieurs jours d’absence, la figure décharnée, la barbe hirsute. En juin 1786, il parvient seul à l’épaule droite du Mont-Blanc (dira-t-il) et voit Courmayeur. Le mauvais temps, la crainte de n’être pas vu de Chamonix, le contraignent au retour. Après avoir couché sur le glacier du Grand Plateau, il rejoint Chamonix à contrecœur, à demi gelé.

Peu de temps après il repart avec le Docteur Chamoniard Michel Paccard, en qui il a confiance. Jacques va pouvoir, assuré de ce camarade de cordée sportif, mettre en valeur toutes ses qualités. Le 8 août 1786, à 18h23, à force de volonté, ils parviennent ensemble au sommet. Au retour Paccard est atteint d’ophtalmie; c’est en se tenant par la main, que les deux hommes rentrent au village.

Le succès rejaillit sur tous les guides de la vallée. Jacques Balmat touche la prime offerte, et reçoit du Roi de Sardaigne une autre gratification, plus le surnom de "Balmat dit Mont-Blanc". Ils étaient équipés, pour cette ascension qui devait-marquer les débuts de l’âge de l’alpinisme, d’alpenstocks, de crampons, de chaussures cloutées et de guêtres. Les alpenstocks leur sauvèrent la vie lorsqu’au cours de la descente ils tombèrent à plusieurs reprises dans les crevasses enchevêtrées de la Jonction. Leur itinéraire de montée les avait conduits par la Montagne de la Côte, le glacier supérieur des Bossons, les Grands Mulets, le Grand Plateau et les Rochers Rouges.

Une ascension au Mont-Blanc reste toujours, en cette moitié du 19e siècle, une entreprise périlleuse, pleine d’imprévus, et coûteuse. Les ascensionnistes sont considérés comme marchant au-devant de la mort. La population, au seul bruit d’une expédition, se rassemble sur la petite place et discute des chances de l’entreprise."On nous montre du doigt, on vient des hôtels voir notre tournure".
La caravane est suivie pas à pas depuis Chamonix; le canon est tiré en cas de victoire. Même les hôtels tirent une salve, laquelle est soigneusement inscrite sur la note …

Au retour il est de tradition de remettre des bouquets aux vainqueurs et sabler le champagne. A partir de 1853, le prestige d’une ascension au Mont-Blanc va diminuer assez rapidement avec la construction de la première cabane des Grands Mulets, et le nombre croissant des caravanes.

Simon
A propos de l'auteur

Voici quelques années, je me suis échappé d'une vie qu'il faut souvent suivre au pas... Aujourd'hui je déborde d'énergie que je dépense dans la marche afin de parcourir des milliers de kilomètres pour découvrir les merveilles de la nature. Mes terrains de jeux préférés étant les montagnes et les zones désertiques, là où poussent le...



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