L’ascension

Destination : France » Auvergne-Rhône-Alpes | Montagne : Alpes | Activité : Alpinisme  | 


L'ascension du Mont Blanc par le refuge du Goûter
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Deuxième jour – L’ascension – 8h05 de marche
Refuge du Goûter – Epaule du Dôme du Goûter – Col du Goûter – Abris Vallot – Mont-Blanc – Abris Vallot – Col du Goûter – Epaule du Dôme du Goûter – Refuge du Goûter – Refuge de Tête Rousse – Nid d’Aigle – Bellevue – Les Houches

Une heure quarante-cinq du matin, nous nous réveillons, la nuit a été très courte pour moi, et apparemment je ne suis pas le seul. Nous nous préparons, avalons quelques calories, crampons serres, frontales allumées, cordées formées, il est trois heure et nous partons.

Sylvie et Rémi forment la première cordée, Antonio et moi les suivons. Malgré les étoiles de cette nuit, le beau temps n’est pas au rendez vous. Le brouillard, la neige, le vent et le froid Cordée à la frontalenous accompagnent pour cette ascension. Avec Antonio, nous avançons bien, nous doublons plusieurs cordées, ce qui demande des accélérations à chaque fois et des efforts supplémentaires, mais d’un autre coté, rester derrière ces cordées, nous ferrait marcher trop lentement et nous refroidirait… Il fait suffisamment froid comme ça, j’ai le vent qui me glace le visage, la neige reste collée sur nous et nous commençons à nous transformer en bonhomme de neige. Avec le brouillard, nous n’avons aucune visibilité, à peine dix mètres, il nous est difficile de nous repérer et d’avoir une idée de notre avancement.

Puis je sens que le sentier descend légèrement, je cris alors à Antonio que nous devons être au col du Goûter (4255 mètres) car je me souvient qu’il est un peu plus bas que l’épaule du Dôme du Goûter (4260 mètres). Je regarde ma montre, une heure quinze que nous marchons, le topo indiquait quarante cinq minutes de plus. Mais cette ascension rapide, avec l’altitude, m’épuise. Vers les 4400 mètres, je commence à avoir le souffle court, mon rythme de marche diminue, à 4500, je suis obligé de faire des pauses, à 4600, je suis sur les genoux et je crains de ne pas y arriver. Puis je comprends… Si je souffre autant, c’est que j’en bave pour deux. Dans mon sac, j’ai la photo de mon père, nous avions rêvé de ce sommet ensemble, il en est malheureusement autrement. Je me motive, je dois y arriver, je dois porter sa photo, je dois arriver au sommet pour lui.

A la lecture des 4700 mètres sur mon altitude, je reprends confiance, le sommet est proche plus que cent mètres. Je donne tout ce qui me reste… Et enfin 4808 mètres ! Nous sautons de joie ! Nous y sommes ! Nous ne voyons pas à dix mètres mais peu importe, nous sommes au sommet du Mont-Blanc. Nous prenons une série de photos avant d’amorcer la descente, quand quelques mètres plus tard, nous croisons une cordée essoufflée Pour les encourager, je leur cris "courage vous y êtes", le gars lève alors la tête, et s’esclame, "Oh Simon, Antonio !" C’est Rémi et Sylvie… Un peu plus et nous nous croisions sans nous reconnaître avec ce brouillard et cette neige figée à nos visages. Nous faisons alors demi-tour pour être tous les quatre ensembles au sommet. Après avoir passé au total quinze minutes au sommet, nous reprenons pour de bon cette fois la descente.

Pendant la descente le soleil fait son apparition, nous laissant ainsi enfin admirer le panorama. Mais le Mont-Blanc gardera la tête dans les nuages. La marche est encore longue jusqu’au refuge, il nous faut deux heures pour redescendre. Nous arrivons au refuge du Goûter pour huit heure et demi, juste à temps pour le petit déjeuné. Au final, il nous aura fallu cinq heures pour faire cette ascension, pour un petit quart d’heure sur le sommet.

Après un petit repos bien mérité, nous continuons la descente jusqu’au Nid d’Aigle pour récupérer le tramway.

A propos de l'auteur

Voici quelques années, je me suis échappé d'une vie qu'il faut souvent suivre au pas... Aujourd'hui je déborde d'énergie que je dépense dans la marche afin de parcourir des milliers de kilomètres pour découvrir les merveilles de la nature. Mes terrains de jeux préférés étant les montagnes et les zones désertiques, là où poussent le...



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