Le long du Tso Moriri

Destination : Inde » Asie | Montagne : Himalaya | Activité : Randonnée  | 


Aujourd'hui, nous longeons les berges du lac Tso Moriri et croisons de nombreuses caravanes de nomades avec leurs yacks.
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Nous quittons ce matin le camp en même temps que les chevaux, sous un ciel très couvert. C’est une longue marche monotone qui s’annonce le long du lac Tsomoriri. Nous suivons la berge, tantôt au pied de l’eau, tantôt en prenant de la hauteur. Au cours des deux premières heures, nous croisons de nombreuses caravanes de dzos chargés. Des familles entières de nomades reviennent des pâturages.

C’est la période chaude, où ces familles établissent leur camp de pâture en pâture, cherchant la nourriture abondante pour leurs troupeaux. Pendant la saison, ils utiliseront la laine des bêtes pour confectionner leurs tissages, et réaliseront l’ensemble de leur artisanat. Hommes et femmes sont revêtues des tenues traditionnelles. En particulier, on peut observer les péraks, coiffure originale en forme de cobra qui tendent aujourd’hui à disparaître, et dont le nombre de rangées de turquoise permet d’apprécier la richesse d’une femme. Souvent les enfants sont portés à dos d’animaux.

Des troupeaux de chèvres abondent également. La lumière est faible et les montagnes peinent à se refléter dans les eaux légèrement ridées du lac. Le Tsomoriri révèle son bleu turquoise, et la limpidité de ses eaux, lorsque le soleil parvient à percer le plafond nuageux. La traversée est longue, et alterne entre sable et terre. Il faut cinq heures pour parvenir à l’autre bout du lac, et longer ainsi ses vingt ou vingt cinq kilomètres de berge. Quelques gouttes de pluie nous obligent par moment à nous couvrir. C’est à quelques centaines de mètres du lac, dans une immense plaine, que nous établissons le campement du jour.

Je ressens un sentiment mitigé dans l’horizon qui s’éloigne, au cœur de ces vastes étendues sauvages. Vers le sud pointent plusieurs arêtes acérés et enneigées qui laissent entrevoir les jours futurs. Le chaos et l’austérité qu’ils représentent pour Vincent et Stéphane m’appellent bien davantage que la monotonie et la platitude de ces grands espaces. Après l’eau d’hier, c’est le vent qui se mêle à notre quotidien. La violence des rafales fait plier les arceaux de la tente d’une courbure inquiétante. Nos sacs serviront de renfort pour consolider notre abri de fortune.

tieri24
A propos de l'auteur

Enseignant en sciences physiques, je profite de mon temps libre pour m'envoler vers de nouvelles destinations...Amoureux de voyages, passionnés par les rencontres, mon sac à dos n'est jamais bien loin...  ...



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