Le Mont Blanc

Destination : Suisse » Slovénie » Provence Alpes Côte d'Azur » Italie » France » Europe » Auvergne-Rhône-Alpes » Allemagne | Montagne : Alpes | Activité : Randonnée  | 


Le Mont Blanc - Transalpine
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Le Mont-Blanc… (France)
Temps de marche : 2 jours
Dénivelé positif : 2500 m

Je passe deux jours dans la vallée de Chamonix afin d’attendre des amis qui doivent me rejoindre. J’en profite pour me reposer et me
détendre, sans oublier de faire des petites marches pour ne pas être sujet aux courbatures. Je scrute le Mont-Blanc à longueur de journée, je n’ai jamais été si proche de son sommet. Voila des années que je l’observe depuis les cimes des Alpes, que je le scrute sous toutes ses coutures.

Cette fois-ci, c’est pour de bon, demain je me lancerai à l’assaut de ses 4808 mètres.
Rejoint au petit matin par mes amis, nous prenons le téléphérique qui nous dépose à la gare de Bellevue où nous montons à bord du mythique tramway du Mont-Blanc. Notre ascension débute véritablement au terminus du Tramway, au Nid d’Aigle à 2370 mètres.
La marche d’approche jusqu’au refuge du Goûter se fait sans souci sous un grand ciel bleu. Nous passons par le glacier de Tête Rousse, puis le fameux "Grand Couloir", un passage que je trouve bien moins impressionnant que son nom et sa réputation. La suite est par contre plus délicate à mon goût, la pente est raide, équipée de câbles à certains endroits, le passage est étroit et nous croisons ceux qui redescendent. Il faut faire également attention aux nombreuses chutes de pierres, que l’on ne voit pas forcément arriver vu l’inclinaison de la pente. Tout cela sur les deux heures de montée qu’il reste. Je me ferai prendre pour cible par deux pierres, heureusement les impacts sont sans gravité.

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Arrivé au refuge du Goûter en fin de matinée, nous attrapons rapidement le "rythme refuge", c’est-à-dire que nous cassons la croûte, discutons un peu, puis allons faire la sieste de 14 à 17 heures, tout au moins, nous essayons… Puis recommence le cycle en soirée, jusqu’au coucher à 20 heures.

A

près une nuit à 3800 mètres, sans sommeil pour trois d’entre nous, nous quittons le dortoir vers deux heures du matin. Nous avalons
quelques calories, avant de former deux cordées. Les crampons chaussés, les frontales allumées, nous partons pour l’ascension du sommet. La météo n’est malheureusement pas des nôtres. Le brouillard, le vent, la neige et le froid nous accompagnent pour ces 1000 mètres de montée. Je n’ai jamais autant subi l’ivresse des montagnes que pendant cette ascension, pourtant habitué ces dernières années à prendre de l’altitude sans jamais en être victime. A 4400 mètres, je commence à avoir le souffle court, mon rythme de marche diminue, à 4500, je suis obligé de faire des pauses, à 4600, je suis sur les genoux et je crains de ne pas y arriver. Puis je comprends… Si je souffre autant, c’est que j’en bave pour deux. Dans mon sac, j’ai la photo de mon père, nous avions rêvé de ce sommet ensemble, il en est malheureusement autrement. Je me motive, je dois y arriver, je dois porter sa photo, je dois arriver au sommet pour lui.

A la lecture des 4700 mètres sur mon altimètre, je reprends confiance, le sommet est proche… Plus que 100 mètres. Je donne tout ce qui me reste… Et enfin 4808 mètres ! Nous y sommes tous les quatre en même temps, laissant éclater notre joie sur une arrête de quelques mètres plongée dans un brouillard si dense qu’il ne nous laisse aucune visibilité, au point que nous ne nous sommes pas reconnus sur le coup une fois arrivés au sommet à 5 minutes d’intervalle.

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Simon Dubuis
A propos de l'auteur

Voici quelques années, je me suis échappé d'une vie qu'il faut souvent suivre au pas... Aujourd'hui je déborde d'énergie que je dépense dans la marche afin de parcourir des milliers de kilomètres pour découvrir les merveilles de la nature. Mes terrains de jeux préférés étant les montagnes et les zones désertiques, là où poussent le...



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