Le temps des récoltes

Destination : Népal » Asie | Montagne : Annapurnas ; Himalaya | Activité : Randonnée  | Agence : Pedibus 


12 novembre. Nous poursuivons la descente le long de la Kali Gandaki. Les gorges se resserrent, la rivière se densifie, les cultures sont de plus en plus nombreuses. Nous passons en quelques kilomètres d’une zone alpine à une végétation subtropicale. Arbres à tomates, bananiers, orangers, citronniers et fleurs tropicales deviennent de plus en plus faciles à observer au fur et à mesure que nous descendons.
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Carnet : Trek de Jomosom

Récolte du milletPortage du fourrage

Les villages aussi changent d’aspect. Les habitations ont laissé les toits plats pour des toits en V inversé. De plus, nous apercevons des toits tissés en bambou caractéristiques de l’ethnie Gurung. Les Gurungs sont la principale ethnie du massif des Annapurna. On les trouve sur cet itinéraire dans le sud de la Kali Gandaki. Essentiellement agriculteurs et éleveurs de moutons, ils ont longtemps formé les rangs des Gurkhas, employés par l’Inde et la Grande Bretagne.

Au détour du chemin, nous croisons de nombreuses caravanes transportant des marchandises qui iront grandir les stocks des magasins des villages de la vallée. Les pittoresques caravanes de mules, aux cloches mélodieuses et aux plumets et parures de tissu qui ornent les bêtes de tête, sont conduites par des tibétains qui hurlent des messages à leurs bêtes. Il faut dire que la route, actuellement en construction, ne passe pas encore ici. Pour combien de temps encore ? En effet, une piste carrossable ayant pour objectif de relier le Mustang est actuellement en cours d’aménagement. Si les trekkeurs voient d’un mauvais œil la disparition d’une partie de leur terrain de prédilection, les locaux semblent attendre l’évènement avec impatience. Les uns imaginent déjà leur commerce en pleine extension, les autres ont envie de s’ouvrir sur le monde.

Orange

Plus au sud, au village de Dana, on trouve des maisons à deux étages aux fenêtres et balcons finement sculptés. La plupart des habitants sont des Magars mais de plus en plus les ethnies se mélangent et il est parfois difficile, même pour un népalais, de se retrouver dans ce melting-pot. Aujourd’hui, le monde est aussi à l’uniformisation y compris au Népal.

La montagne est étagée en terrasses par les paysans, qui ont trouvé ainsi, une façon de s’adapter à leur environnement. Gens de castes, Newars, Magars et Gurungs y tirent leur subsistance en cultivant avec acharnement, le riz, l’orge, le blé, une grande variété de légumes et les arbres fruitiers. Ces agriculteurs pratiquent aussi l’élevage du mouton et de la chèvre afin d’arrondir les revenus qu’ils tirent de leurs cultures.

TatopaniDernier pont qui enjambe la Kali Gandaki

Dans les champs, les villageois s’affairent à ramasser le millet mais aussi des lentilles. Bien que le millet joue un rôle peu important dans les pays développés, il constitue une des denrées céréalières principales du massif des Annapurna. Les agriculteurs utilisent le millet pour leur alimentation, la confection du tchang (bière locale) et le fourrage.

Pour finir la journée en beauté, Tatopani nous accueille pour la nuit. Ce village est apprécié des trekkeurs pour ses sources d’eau chaude légèrement soufrées. Délassement assuré !

13 novembre. Grosse journée de marche pour rejoindre Ghorepani. Le sentier traverse la Kali Gandaki et la quitte pour la Ghare Khola. Rapidement, le chemin s’élève et la vallée se resserre. On atteint Ghara, très joli village d’agriculteurs. D’ailleurs, enfants et adultes sont dans les champs pour la récolte du millet et du riz. Dans l’après-midi, la pluie s’invite, les villageois se terrent chez eux. Nous sommes seuls sous nos équipements Goretex pour atteindre Ghorepani un peu avant la nuit. Littéralement Ghorepani signifie « l’eau des chevaux ». C’est en effet dans le bourg que s’abreuvent les caravanes de chevaux, poneys et mules qui font la route entre Pokhara et Jomosom. Les plus cyniques disent que Ghorepani s’appelle ainsi en référence à l’urine rencontrée sur le sentier. Une affaire de goût !

Cultures en terrasse

14 novembre. 5h00. Montée à Poon Hill (3200 m) à la lampe frontale pour assister au lever du soleil sur le massif des Annapurna et la chaîne du Dhaulagiri. Il paraît que c’est un des plus beaux points de vue de la région. Le soleil n’est pas encore là à notre arrivée. Des centaines d’autres touristes attendent dans le froid comme nous jusqu’au moment où les premiers rayons éclairent le Machhapuchhare puis le reste des montagnes. La réputation de la vue n’est pas usurpée. C’est fantastique !
Deux jours durant, nous continuerons à descendre la vallée pour rejoindre Nayapul. Au gré des rencontres, nous nous arrêterons pour échanger des paroles, des sourires, des poignées de mains ou tout simplement pour regarder le paysage et apprécier les lieux.

Namasté !


Trekking réalisé avec Pedibus, spécialiste des randonnées à pied et en raquettes

Grégory Rohart
A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer les populations locales. Je marche aussi bien seul, qu'entre amis ou avec des agences françaises ou locales.Ambassadeur Fujifilm...



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