Les hauts cols du Changtang indien

Destination : Inde » Asie | Montagne : Himalaya ; Ladakh | Activité : Randonnée  | Agence : Shanti Travel 


Les hauts cols du Changtang indien - Trekking au Changtang indien
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Carnet : Trekking au Changtang indien

27 juillet : Après le Tso Kar, nous reprenons de l’altitude et quittons les berges situées à seulement 4500 m. Le premier col à passer est le Nurruchan La à 4950 m mais avant d’entrer dans la cour des grands, nous entrons dans la vallée de Rajun Karu parsemée de tentes Changpa, la rebho.

Une pluie fine mais persistante s’abat sur nous alors que nous approchons des premières tentes qui, signe des temps modernes, ont troqué le poil de yack pour le coton made in China. Quelque soit le climat, les nomades bravent le temps qu’il fait. Une cinquantaine de chèvres sont attachées face à face par leur cou pendant que deux femmes tirent le meilleur de leur lait. Tout en travaillant, elles nous accueillent d’un « jullé » en guise de bienvenue. Quelques secondes plus tard, nous sommes assis dans la tente, au sec, un thé au beurre salé dans les mains.
Les tentes Changpa sont toutes organisées de la même façon : à gauche, la cuisine, à droite, ce qui tient à la fois de salon et de chambre et au fond l’hôtel bouddhiste où sont faites les offrandes.
Tout en discutant avec le chef de famille, nous prenons conscience de la vie extrêmement rigoureuse et difficile sur ces hauts plateaux d’altitude, à la limite des zones habitables. Malgré, les rudes conditions, les adultes Changpa revendiquent leur statut de nomadisme et ne font pas état d’envies à l’occidental.

28 juillet : A froid, nous montons au Kyamayuri la (5322 m) et entrons dans le royaume de la haute altitude. Mon corps éprouve des difficultés à progresser aussi haut. Au col, j’arrive physiquement éprouvé.

La descente sur les pâturages de Gyama Barma (5210 m) tombe à pic comme la pluie qui ruissèle sur nos goretex. Une famille Changpa nous invite à nous abriter. Cela deviendra une constante face au temps qui brave les habitudes climatiques. Car à cette période de l’année, il ne devrait pas pleuvoir, le Ladakh étant normalement exempt de mousson.
On nous offre le thé tibétain. En échange, nous offrons des amandes et une partie de nos pique-niques.

Un autre col à passer, le Kotse (5380 m) avant de surfer sur les chemins humides jusqu’à Gyama Chu (5180 m) pour y planter le campement. Ici aussi les nomades ont investi les pâturages d’altitude. Il faut dire que les pluies quotidiennes sont une aubaine pour leur troupeau. On ne peut pas en dire autant pour nous !

Si planter le camp au milieu des tentes nomades facilite les contacts, les nuits n’en sont que plus difficiles face aux aboiements incessants des chiens qui errent pour protéger les troupeaux des prédateurs éventuels, le loup en tête.

29 juillet : C’est le jour J, le passage du col le plus haut du trek, noté à 5850 m sur la carte. Mais pour moi, c’est le jour sans. Troisième nuit quasiment sans dormir. Au réveil, je suis déjà épuisé. J’ai la nausée, pas d’appétit et de légers vertiges. Mon corps exprime son rejet de l’altitude. Que faire ? Passer le col à pied : une utopie ! Rester au camp ? Descendre sur Korzok à une heure de marche à pied mais avec un col à passer aux alentours de 5400 mètres ?

Finalement, on m’attribue une jument pour enjamber le col. Au moindre signe alarmant de mal aigu des montagnes, je redescends illico presto. Sur le cheval, les signes s’estompent. 100 mètres, sous le col, je prends la décision de continuer à pied. Pas question de passer le col à cheval : trop fier pour ça ! Je finis dans la souffrance de mes camarades. Les visages sont cernés, fatigués mais heureux d’avoir passés le col finalement évalué au GPS à 5728 mètres.

Encore un peu plus de 800 mètres de dénivelé négatif pour rejoindre le campement. En bas, je me sens pousser des ailes loin du pays des nuages.


Trekkking au Ladakh réalisé avec Shanti Travel, spécialiste des randonnées et voyages d’aventures en Inde ainsi qu’avec le soutien de l’office de tourisme de l’Inde à Paris

Greg
A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer les populations locales. Je marche aussi bien seul, qu'entre amis ou avec des agences françaises ou locales.Ambassadeur Fujifilm...



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