Les hauts plateaux du Cézallier

Destination : France » Auvergne-Rhône-Alpes | Montagne : Massif Central | Activité : Randonnée  | 


Les hauts plateaux du Cézallier - Besse-et-Saint-Anastaise – La Godivelle - GR30 : Tour des lacs d'Auvergne
Posté le :


Carnet : GR30® : Tour des lacs d'Auvergne

Hôtel des Pins à Murol

L’hôtel des pins à caractère familial et artistique est situé à Murol à deux pas du gr 30 en bordure de la voie verte. Accueil des randonneurs. Séjour ou soirée étape tarif spécial.

Besse-et-Saint-Anastaise – La Godivelle

  • D+ : 628 m
  • D- : 478 m
  • Km : 21
  • Temps de marche : 6h00

Le départ est matinal aujourd’hui en raison de la longueur de l’étape. A 8h00 pétante, nous quittons l’hôtel de la Providence et de la Poste ; nous prenons quand même le temps de passer par le vieux centre-ville de la Besse-et-Saint-Anastaise. Les maisons bourgeoises du XVe et XVIe siècle, construites en trachy-andésite, la pierre locale, témoignent de la richesse architecturale de la cité.

L’itinéraire prend un peu de hauteur, souvent au milieu d’épicéas. Le ciel est blanc. Nous traçons assez vite jusqu’au bord du lac Pavin. C’est un des lacs d’Auvergne les plus impressionnants. D’origine volcanique et formé il y a environ 6000 ans, le lac a été l’objet de débats et d’interrogations quant à sa profondeur. Le commandant Cousteau et son équipe y sont allés de leur grain de sel avant de jeter l’éponge. La profondeur exacte est difficile à déterminer car son cœur est étroit, sombre et abrupt. De nos jours, malgré une incertitude toujours latente, la profondeur a été attestée à 92 mètres.
Le lac Pavin est aujourd’hui sous haute surveillance car Pierre Lavina, géologue volcanologue, et Thierry del Rosso, hydrologue et géotechnicien, ne sont pas les seuls à penser que l’activité volcanique du maar pourrait à nouveau faire parler d’elle.
Dommage que du GR30, la vue soit si peu intéressante.

Lac Pavin

Le chemin alterne paysages ouverts et passages forestiers jusqu’au lac de Montcineyre. D’origine volcanique lui aussi, il a été formé par l’éruption du mont des Cendres (Montcineyre) il y a 6000 ans. D’une superficie de 44 hectares, il est aujourd’hui une réserve d’eau potable pour la région d’Issoire et la banlieue sud-clermontoise.

A cette endroit, l’itinéraire a changé par rapport au topo-guide de la FFRandonnée de 2000. Le GR30 zappe le tour du lac et s’enfonce directement dans l’épaisse forêt qui jouxte le volcan. La pluie qui se met à tomber nous incite à aller au plus court.

Nous prenons le pique-nique sur un des bancs de l’église romane de Compains (XIIème siècle). Ce midi, on s’autorise même pour la première fois une courte sieste de quinze minutes puisque le soleil est réapparu.

A la sortie du village, le sentier grimpe sur les hauts plateaux d’estive du Cézallier. Le paysage change du tout au tout. Le relief modelé par la dernière glaciation qui s’est achevée il y a 12 000 ans est plus doux que ce que nous avons vu jusque là. A perte de vue, des pâturages séparés par des clôtures. Sous les hautes herbes, on trouve du basalte issu des éruptions volcaniques importantes qui ont touché la région.

Brion

Nous traversons Brion connue pour ses foires aux bestiaux qui s’y déroulent durant l’été. Tout le Cézallier est un pays de vaches et de fromages où l’on fabrique le Cantal et le Saint-Nectaire. Si vous avez du temps, allez faire un tour au bistrot l’Ecir et l’Angélique, vous ne serez pas déçu de l’ambiance qui y règne.

Pays de lacs et de tourbières, le Cézallier est aussi une région rude avec des températures moyennes annuelles de 5°C et une pluviométrie de 1400 mm par an. La Godivelle où nous terminons notre étape est sans doute un des villages qui a valu au Cézallier le petit nom de « Sibérie de la Haute Auvergne ». Coincée entre deux lacs, l’un d’origine volcanique et l’autre d’origine glaciaire, le village accueille aussi une énorme fontaine qui dans des temps plus anciens pouvaient permettre à 25 vaches en même temps de s’abreuver.

Lionel Pont, le conservateur de la réserve Naturelle des Sagnes de la Godivelle

La réserve naturelle des Sagnes de la Godivelle protège une zone tourbeuse en périphérie des lacs d’en bas et d’en haut. Si on peut y observer de nombreuses espèces d’oiseau, c’est surtout pour les insectes que la réserve est remarquable. Le site accueille trois espèces protégées de papillon : le Cuivré de la Bistorte (printemps), le Damier de la Succise (fin du printemps), et l’Azuré des Mouillères (fin juillet/début août) ainsi qu’une petite libellule rare sur le plan européen, l’Agrion à Lunules. Du côté des plantes, on retrouve les classiques des tourbières comme la drosera mais aussi des reliques glaciaires avec la ligulaire de Sibérie et le saule des Lapons, un arbrisseau tout velu.

Le gîte des Sagnes nous accueille pour la nuit. Catherine et Philippe sauront vous mettre à l’aise et vous faire partager le patrimoine autour de la Godivelle.

Grégory Rohart
A propos de l'auteur

Fondateur d'I-Trekkings et des blogs I-Voyages et My Wildlife, j'apprécie le rythme lent de la marche et des activités outdoor non motorisés pour découvrir des territoires montagneux et désertiques et rencontrer les populations locales. Je marche aussi bien seul, qu'entre amis ou avec des agences françaises ou locales.Ambassadeur Fujifilm...



https://www.gregoryrohart.com