Les sacs de couchage baignent dans l’eau

Destination : Inde » Asie | Montagne : Himalaya | Activité : Randonnée  | 


Au réveil, les sacs couchage baignent dans l'eau. Au programme de la journée, remontée d'une vallée glaciaire et traversée à guet de rivières.
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Quelques gouttes de pluie tapent sur la toile à mon réveil. Stéphane est levé depuis longtemps. La pluie tombée la veille a formé des filets d’eau grandissant. Sa tente est placée sur le trajet qu’emprunte un de ces filets, qui s’écoule et grandit. A six heures du matin, il a été réveillé par une sensation de froid. Son sac de couchage baigne dans l’eau. Le soleil finit par percer, et dissiper les nuages sombres. Voilà ce qu’il nous fallait pour faire sécher nos vêtements trempés de la veille. Ce matin le petit déjeuner est plus frugal qu’à l’accoutumer.

Céréales, œufs brouillés à l’ail et aux oignons, puis ragoût de pommes de terre emplissent avec délice nos estomacs, et nous apportent l’énergie nécessaire pour bien aborder la journée. Le tout est accompagné d’un pain rond que nous découvrons ainsi que de thé et café.

Nous levons le camp lorsque tout est rangé et que nous sommes prêts à entrer pleinement dans cette nouvelle journée. Nous longeons toujours la longue et immense vallée glaciaire, mais par un plateau égaillé de ronds d’herbes grasses comme autant de taches vertes sur un fond bruni par le minéral. Nous rejoignons la rivière, et il faut traverser quelques petits bras avant d’atteindre le lit. Le guet doit être franchi suffisamment tôt et l’heure est déjà bien avancée lorsque nous l’atteignons. L’eau monte à mi-cuisses et le débit nous contraint de lutter fermement, debout sur nos jambes, prenant garde de ne pas perdre l’équilibre.

Sans ces efforts nous finirions emportés par les flots, incertains de s’extraire du courant avec une grande facilité. Les jambes meurtries par le froid, Stéphane sort du torrent bouillonnant en poussant un cri de rage. Désormais nous apercevons ce qui représente depuis quelques jours notre but. Le col du Parang La pointe depuis un petit moment, et dans son prolongement le glacier dont la langue semble si proche. Avec l’échelle du paysage, avoir un point de mire n’est pas synonyme d’aboutissement. Nous nous élevons lentement au dessus de la rivière qui grossit au fur et à mesure de notre progression. Enfin nous atteignons le camp, qui pour la première fois depuis le début de la traversée ne présente pas le moindre carré d’herbe. C’est autant de nourriture en moins pour les animaux. A la même heure qu’hier, le ciel s’obscurcit et se couvre de nuages noirs.

L’orage rode dans les parages. Heureusement pour ce soir, nous sommes déjà sous les tentes lorsque la pluie commence à tomber. Avant d’être bloqués sous les toiles, Vincent et moi réalisons un petit film présentant une expérience physique. En effet, la température d’ébullition de l’eau varie en fonction de l’altitude. Profitant de la préparation du thé, nous mettons en avant le phénomène en mesurant une température d’ébullition de seulement 83°C, pour une altitude de 5100 mètres environ. Cette preuve irréfutable servira de témoin pour nos prochains cours de lycée.

Une heure plus tôt que d’ordinaire, on nous convie à dîner. Demain le réveil est prévu très tôt dans la nuit pour passer le col dans de bonnes conditions. 

A propos de l'auteur

Enseignant en sciences physiques, je profite de mon temps libre pour m'envoler vers de nouvelles destinations...Amoureux de voyages, passionnés par les rencontres, mon sac à dos n'est jamais bien loin...  ...



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