Marrakech, aux portes du Haut-Atlas

Destination : Maroc » Afrique | Montagne : Haut-Atlas | Activité : Randonnée  | 


Marrakech, aux portes du Haut-Atlas - M’Goun, un colosse placide
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La marque des chaussettes imprimée sur nos mollets, les chevelures poussiéreuses et les pantalons tachetés de boue sont autant de signes qui, depuis plusieurs jours déjà, annoncent la fin de notre trek.

Un transfert en voiture nous mène du massif du M’Goun, via Kelaa M’Gouna, à Marrakech. Avec une halte instructive au cœur de la fameuse Casbah de Ouarzazate. Derrière les moucharabiehs stylisés, les femmes pouvaient voir sans être vues ; sur les gravures murales, inspirées des motifs des tatouages et tapis berbères, des pigments naturels ont été appliqués : menthe sauvage pour le vert, safran pour le jaune, indigo pour le bleu et henné pour le rouge… Bye bye « Ouarzawood »!, capitale marocaine du film où s’étendent d’immenses studios de cinéma. Retour à Marrakech, par le col de Tichka, pour prendre ma revanche sur le premier jour.

Car Marrakech fait partie de ces villes foisonnantes qui vous sautent à la figure. Charmeurs de serpents, pièges à touristes, brigades qui patrouillent, sollicitations en tous genres, étalages d’appliques, de babouches, de tapis, de sacs. Dédale de couleurs dans le quartier des teinturiers, odeurs de cuir, monticule de pâtisseries sucrées, des cornes de gazelles aux biscuits dégoulinant de miel. « Calèche ! Calèche ! », « Une visite des tanneurs la gazelle ? », « Tu as besoin d’un guide ? », « Haschich ? »… Stop, c’en est trop !

Pour retrouver le calme, il faut se perdre dans la palmeraie, au cœur du jardin Majorelle ou de l’oliveraie de la Ménara… Hum, le parfum des roses. Ah, les bruissements d’ailes des pigeons du minaret de la Koutoubia… Erigée sur les vestiges d’un vieux palais Almoravide (la puissante dynastie ayant, au 11ème siècle, fondé Marrakech), la célèbre mosquée est de facture Almohade (dynastie qui extermina les Almoravides et s’empara de la ville au 12ème siècle).

A la tombée de la nuit, sur la place Jemaa-el-Fna, centre névralgique de Marrakech, des roulottes alignées proposent des jus d’orange frais. Petit à petit, la place s’embrase : on vient en famille rompre le jeûne. Fumées et fumets s’échappent des échoppes. Le signal retentit ! On s’attable sans traîner, étanchant d’abord sa soif avec une grande bouteille d’eau, puis vient un premier repas frugal (dates, soupe, pain ou galette). Les plats plus consistants (tajine, couscous) suivront au cours de la soirée.

Je suis arrivée le premier jour du ramadan et me voilà repartie avant la fin. J’aurai aimé fêter l’Aïd el-Kébir avec vous. Cueillir l’aube de la dernière journée de jeûne, tenter d’appréhender votre foi intransigeante. Tuer le mouton, entendre la clameur de la ville. Résonne-t-elle jusqu’à ce géant de pierre que nous venons de gravir ?


Randonnée et ascension réalisée avec Sur les Hauteurs, spécialiste des voyages sportifs à travers les Pyrénées et sur les plus belles montagnes du monde.

A propos de l'auteur

Journaliste & photographe de voyage depuis 2001, j'aime partir à l'aventure "à pied, à cheval, en voiture" comme qui dirait... Mes zones de prédilection ? L'Amérique du sud, l'Asie Centrale et, en général, tous ces endroits de "wilderness" que je parcours avec un émerve...



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