Mise en route

Destination : Algérie » Afrique | Montagne : Sahara | Activité : Méharée  | 


Mise en route - Méharée de Tamanrasset au Tassili du Hoggar
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Mise en route

Au soir du deuxième bivouac, les choses ont déjà bien changées. Tel un navire, notre caravane, son équipage et ses passagers ont trouvés leur rythme de croisière. Réveil à l’aube, petit déjeuner au levant, puis les chameliers s’activent à achever le chargement. Certains ne manqueraient cela pour rien au monde, donnent la main à hisser les sacs, sellent les montures. Nous partons à pieds, avant la caravane et, profitant de la fraîcheur nous serpentons dans un dédale de petits oueds. Les gorges sont verdoyantes, l’eau n’est pas loin sous nos pieds, à certains endroits elle affleure. Parfois nous croisons un berger et son troupeau. 11 heures, la chaleur monte. A l’ombre d’un gros acacia, nous laissons la caravane nous rejoindre et finissons la matinée en selle. Après le repas et la séance de thé, la sieste est de rigueur, laissant filer les heures chaudes dans une langueur africaine.

Cinquième jour

Depuis une centaine de kilomètres nous avancions avec pour objectif la massive montagne d’Ayeloum. Elle domine le plateau de plus de 800 m et constitue un phare pour les caravanes. Par temps clair, elle est visible à plus de 100 km à la ronde .A son pied, le puissant oued Ighalghar descend du cœur de l’Atakor, loin de là vers le Nord. Un de ses affluents a taillé une gorge et une guelta –mare temporaire- dans les granits rose. Les caravanes y ont toujours fait relâche avant d’affronter les zones arides, nous ne faillirons pas à la tradition. A midi, bien campés en selle, nous débouchons dans la gorge de Tanaout et établissons le camp à 100 m du point d’eau. Mauvaise nouvelle, une crue récente a comblé la guelta. L’eau est là, emprisonnée dans la poche rocheuse, mais il va falloir creuser un abankor –puits temporaire- dans le gravier. Mustapha, le chef-chamelier se charge de la corvée et, une heure durant il fore un trou d’homme avec sa tannemast, l’écuelle métallique qui sert à tout. L’eau est à 1m 50, et les premières gamellées extraites sont plus solides que liquide. Les chameaux, entravés et assoiffés se bousculent autour de l’abreuvoir de fortune. Dans un nuage de poussière, pendant une nouvelle heure, les chameliers vont abreuver les bêtes et gérer la cohue avec force cris et menace de la badine. Quand enfin le calme revient, l’eau –trésor inestimable- est claire et douce. Nous en emplissons les jerrycans, soit 600 litres à puiser à la main. L’opération aura pris l’après-midi.

Ce soir, une page est tournée. La caravane est désormais rodée, le plein d’eau est fait, nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses. A savoir la traversée des « grands oueds », une succession de plaines de graviers et de courts plateaux bosselés, 100 km en ligne droite avant d’atteindre le tassili du Hoggar.


Méharée organisée par Hommes et Montagnes, spécialiste du Tourisme d’Aventure et des Explorations dans les déserts et les montagnes du monde.

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